Marijuana: des élus divisés

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Les maires de la région ont des opinions divergentes concernant le projet de loi relativement à la légalisation de la marijuana qui sera déposé prochainement par le gouvernement de Justin Trudeau.

Le Droit

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Les élus sont divisés sur le projet de loi concernant la légalisation de la marijuana qui sera déposé prochainement par le gouvernement fédéral et qui mènera à une loi qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2018.

En allant de l'avant avec une de ses promesses électorales, le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau ne se fera pas que des amis chez les premiers magistrats des principales villes de la région. Alors que certains soutiennent que la société est rendue là, d'autres ne voient pas d'un bon oeil que cette substance devienne légale.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, considère que le projet de loi que présenteront les libéraux dans les prochaines semaines est une bonne nouvelle et il applaudit la démarche. 

«Je suis pour depuis longtemps. Je crois que ça réglerait bien des problèmes, notamment en ce qui concerne la criminalité. On est rendu là, mais ça prendra des règles rigides, un peu comme ce qui existe pour l'alcool», mentionne-t-il.

Se disant ouvertement en faveur de la légalisation de la marijuana depuis plusieurs années, le maire Deshaies a fait l'objet d'une polémique il y a quelques semaines alors qu'on le voyait dans une vidéo en train d'expliquer à des jeunes son opinion sur le sujet et affirmer qu'il avait bien hâte que le projet de loi soit adopté afin qu'il puisse finalement consommer cette drogue sans devoir se cacher.

Interrogé par Le Nouvelliste sur les propos qu'il tenait sur cette vidéo, il avait reconnu qu'il s'agissait d'une mauvaise blague, mais avait nié être un consommateur de cannabis. La sortie de cette vidéo dans les médias ne l'a cependant pas refroidi à exprimer son opinion sur cet enjeu.

«Je ne peux pas revirer de bord. Je me suis toujours présenté en disant que j'étais pour», martèle-t-il.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, n'est de son côté pas très chaud à l'idée de voir l'usage récréatif et la vente de cette drogue être légalisés.

«Je comprends qu'il faut combattre le crime, mais je ne crois pas que c'est de cette façon que l'on peut réussir à le faire. [...] Ça entraînera également des problèmes sur les routes et on en a déjà assez avec l'alcool», indique-t-il.

Dans l'éventualité où le projet de loi est adopté, le maire de Shawinigan précise qu'il utilisera tous les moyens qui seront mis à la disposition des administrations municipales afin d'encadrer le plus possible la consommation et la vente de produits de la marijuana sur le territoire de la ville qu'il dirige.

M. Angers rappelle qu'il préside la Commission de la sécurité publique de l'Union des municipalités du Québec et que cette dernière s'est déjà prononcée, de façon informelle, contre un tel projet de loi.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, tient un discours similaire à celui de son homologue shawiniganais. Pour lui, légaliser la marijuana constitue un non-sens étant donné tous les efforts qui sont faits depuis plusieurs années afin de convaincre les citoyens d'arrêter de consommer des produits du tabac.

«On réglemente de tous les bords et tous les côtés la cigarette et on va introduire la marijuana là-dedans. Je ne comprends pas. C'est une autre façon d'aller chercher des taxes. Mais il y aura de la contrebande quand même», lance-t-il.

Du côté de Nicolet, la mairesse Geneviève Dubois confie que ce projet de loi n'est pas accueilli avec grand enthousiasme par les membres du conseil municipal. Néanmoins, les élus se pencheront sur le sujet prochainement et étudieront attentivement le contenu du projet de loi lorsqu'il sera déposé pour en connaître les implications.

D'un point de vue personnel, la mairesse entretient des craintes en ce qui concerne les impacts que pourrait avoir la légalisation de cette drogue en matière de santé publique.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, considère quant à lui qu'il ne connaît pas assez le dossier afin de se prononcer pour ou contre les intentions du gouvernement Trudeau.

Couillard ouvert à l'idée

Même s'il n'est pas contre la légalisation de la marijuana, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard veut lire le détail du projet de loi annoncé par le fédéral avant de se prononcer plus fermement, histoire de voir s'il ne créera pas de fardeau indu pour les provinces.

Il n'a pas d'opposition au principe et croit que cette légalisation peut même être un élément positif pour la société, a-t-il réitéré lundi lorsqu'interrogé à ce sujet.

Le premier ministre québécois souhaite évaluer la future législation - ainsi que l'environnement réglementaire qui va l'entourer - avant de tirer des conclusions définitives sur sa valeur.

Car il est possible que ce projet de loi transfère encore plus de pression sur les gouvernements des provinces, et les services qu'elles offrent, notamment par rapport à la lutte contre le tabagisme, avertit-il.

M. Couillard reconnaît aussi que cette légalisation peut être un enjeu pour la santé publique, mais il rappelle que des craintes ont déjà été exprimées dans le passé sur la légalisation d'autres produits, comme l'alcool.

Abondant dans le même sens que le premier ministre Couillard, le maire de Montréal, Denis Coderre, laisse entendre de son côté qu'il attendra de voir le projet de loi avant de déterminer si Montréal limitera la consommation à certains endroits, comme dans les parcs.

Avec la collaboration de La Presse canadienne

 




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