De l'argent réel pour de la neige artificielle

Julie Boulet, ministre du tourisme annonce un investissement... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Julie Boulet, ministre du tourisme annonce un investissement

Le Soleil, Yan Doublet

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Après plusieurs années en dents de scie et une saison 2015-2016 particulièrement néfaste pour les stations de ski, le ministère du Tourisme annonce de l'argent frais pour moderniser les équipements d'enneigement artificiel.

Des discussions sont aussi en cours afin d'obtenir un tarif d'électricité préférentiel pour fabriquer le précieux or blanc. Cette nouvelle fait des heureux à Vallée du parc, où des projets de quatre millions $ sont sur la table.  

«Le défi de début de saison est de produire de la neige rapidement», a indiqué la ministre Julie Boulet dimanche pour l'annonce d'un plan d'investissement en tourisme, incluant les quelque 75 stations de ski de la province. Elles veulent initier la saison rapidement en décembre. Ouvrir plus tôt, c'est déterminant pour la rentabilité», ajoute la ministre.

Le directeur général de la station Vallée du parc, Alain Beauparlant, était très heureux de l'annonce de la ministre du Tourisme. Il a d'ailleurs assisté en personne à la conférence de presse de Julie Boulet. La montagne située à Shawinigan a dans ses cartons trois projets totalisant des investissements de 4 millions $. 

«C'est une très belle nouvelle pour l'industrie du ski», a souligné M. Beauparlant. «Nous avons plusieurs projets qu'on aimerait réaliser d'ici l'année 2017-18 et le programme que la ministre a présenté cadre parfaitement avec nos attentes.» 

La direction de Vallée du parc aimerait améliorer son système d'enneigement ainsi que l'amélioration de l'éclairage de même que remplacer une remontée mécanique. «Tout dépendant de l'enveloppe budgétaire de la ministre, nous allons pouvoir étaler ces projets sur deux ou trois ans», a ajouté le directeur général de Vallée du parc. «Il y a aussi une demande de notre clientèle de diversifier nos produits.»  

De son côté, le président-directeur général de l'Association des stations de ski du Québec (ASSQ), accueille la nouvelle avec enthousiasme. «On a vécu des hivers avec des fluctuations importantes, soutient Yves Juneau. Ça a ralenti les investissements. L'annonce va permettre de moderniser nos infrastructures.»

«En 2015-2016, le démarrage du temps des Fêtes a été très difficile à cause de problèmes liés à la fabrication de neige, poursuit-il. On produit chaque année une étude et le bilan de l'an passé a été très négatif et très néfaste. Ça a fragilisé beaucoup de bilans financiers. La moitié des stations, c'est des organismes à but non lucratif incapables de rentabiliser à cause des coûts d'infrastructures.»

Les projets admissibles touchent les infrastructures d'accueil, à l'exception des remontées mécaniques, trop coûteuses pour ce programme, a précisé la ministre. M. Juneau estime que les stations prioriseront «des projets de modernisation et d'accroissement de la capacité d'enneigement pour un produit plus fort en début de saison».

«Quand les gens prennent des décisions de destination de ski, ils veulent s'assurer des conditions. Un démarrage tôt garantit le produit. Il faut penser que la compétition se fait aider. Le Vermont a un programme d'efficacité énergétique et de remplacement des systèmes de fabrication de neige. Pour rester compétitif, on a besoin de se moderniser», insiste le PDG.

Selon lui, la compétitivité passe aussi par une réduction du coût de l'électricité pour la fabrication de la neige. Les stations de ski ont déjà bénéficié de tarifs préférentiels, aujourd'hui disparus. L'ASSQ a d'ailleurs demandé des assouplissements tarifaires à la Régie de l'énergie.

M. Juneau explique que l'enneigement représente 44 % de la facture d'électricité et les remontées mécaniques, 38 %. L'électricité grève 17 % du budget des stations. C'est le second poste budgétaire en importance après la main-d'oeuvre.

«Les coûts d'électricité sont très élevés, admet la ministre Boulet. Est-ce qu'on pourrait leur offrir des tarifs préférentiels dans des mois où nous ne sommes pas dans des périodes de pointe? On travaille ça avec le ministre des Ressources naturelles», a-t-elle confirmé.

Attirer des touristes étrangers

L'annonce de la ministre du Tourisme a également été saluée par la direction du Grand Prix de Trois-Rivières. Son directeur général, Dominic Fugère, est confiant que le travail de son équipe qui permet d'attirer des touristes au Québec et dans la région sera reconnu. L'ajout ces dernières années du Rallycross ou de la série AMA Supermoto a permis justement d'attirer des amateurs de courses des États-Unis et de l'Europe. 

«Avec des ressources accrues, ça peut davantage fonctionner», a noté Dominic Fugère. 

«Nous n'avons pas encore d'idée sur la façon dont ces enveloppes seront allouées, mais s'il y a quelque chose pour faire la promotion à l'extérieur du Québec, nous aimerions faire la vente d'un forfait où les gens viendraient voir du NASCAR et du Rallycross. Entre ces deux événements, ils pourraient faire des activités touristiques ailleurs au Québec.»

70 millions $ sur quatre ans

La ministre était présente au Village Vacances Valcartier pour annoncer un plan d'investissement de 70 millions $ sur quatre ans qui pourrait, selon elle, générer pour plus de 300 millions $ en projets avec la participation du secteur privé.

Cette annonce survient au moment où le tourisme a connu une année 2016 exceptionnelle. «Tous les indicateurs sont en hausse qu'on parle d'hébergement, d'achalandage, de recettes touristiques», précise la ministre. La faiblesse du dollar, le prix modéré du carburant et la réputation du Québec comme destination sécuritaire sont des facteurs d'attraction.

Le 375e anniversaire de Montréal et le 150e de la Confédération en 2017 devraient maintenir l'industrie sur sa lancée. D'ailleurs, le ministère projette une hausse d'achalandage de 5 % par année d'ici 2020. «Il y a actuellement un milliard de touristes à travers le monde. Ça devrait augmenter à 1,8 milliard au cours des prochaines années. Le Québec doit aller chercher sa part», insiste Mme Boulet.

La ministre estime que le plan pourrait créer jusqu'à 50 000 emplois supplémentaires d'ici 2020.




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