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Décès à la Villa du jardin fleuri: plus qu'une question de système de sécurité

Hélène et Ginette Lapointe, respectivement responsable au développement... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Hélène et Ginette Lapointe, respectivement responsable au développement des services et directrice générale de la FADOQ-Mauricie, plaident pour une meilleure prise en charge des services offerts aux personnes aînées en résidence.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Les événements qui sont survenus à la résidence Villa du jardin fleuri, où deux personnes ont perdu la vie en moins d'un an en quittant leur chambre par une porte extérieure, sont le reflet d'un problème beaucoup plus large qu'une simple question de système de sécurité. C'est du moins l'avis de la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) Mauricie.

«Parler simplement d'un système de sécurité adéquat, c'est de biaiser le débat. Oui, évidemment, on veut qu'il n'y ait jamais d'accident. Ça n'aurait pas dû arriver. Mais à quel point, dans le mécanisme réel d'évaluation des besoins des personnes aînées, on aurait pu éviter ces drames? C'est un débat large et complexe», indique Hélène Lapointe, responsable au développement des services à la FADOQ-Mauricie.

L'organisme insiste pour ne pas critiquer les résidences pour personnes âgées qui, plaide-t-il, essaient toutes de faire du bon travail. Toutefois, la directrice de la FADOQ-Mauricie, Ginette Lapointe, remet en question le soutien réel qui est donné aux familles et aux résidences lorsque vient le moment d'évaluer la condition réelle du parent, et donc de pouvoir objectivement reconnaître les types de services nécessités. 

«La majorité des gens n'habitent pas avec leur parent et ne peuvent voir, dans le quotidien, l'état précis de la personne. Dans le cas des proches aidants, ils n'ont bien souvent pas la compétence réelle pour évaluer objectivement», explique Mme Lapointe, qui rappelle qu'une considération émotive, mais aussi financière, vient forcément biaiser l'évaluation de la personne.

Car si l'aîné a des besoins qui requièrent de se retrouver dans une résidence offrant plus de services, la considération des moyens financiers entrera forcément en ligne de compte.

C'est pourquoi la FADOQ-Mauricie estime qu'il faudrait collectivement se pencher sur trois réflexions incontournables. La première serait de songer à un système de tarification pour les résidences privées qui serait universel et qui tiendrait compte de la capacité de payer de chaque famille, un peu comme le principe de tarification dans les HLM. Pour ce faire, indéniablement, une aide gouvernementale sera nécessaire.

Par ailleurs, il faudrait offrir aux familles un suivi plus adéquat sur la situation réelle de la personne et sur ses besoins.

Une simple grille d'évaluation offrant une estimation de la situation à un parent, comme il se fait actuellement, ne serait pas suffisante, alors que les familles sont par la suite référées à certaines ressources d'hébergement sans pour autant avoir toute la compétence d'évaluer si cette ressource est adéquate.

Qui plus est, cette considération devrait également passer par une codification beaucoup plus précise des ressources d'hébergement en fonction des services et du niveau de sécurité offerts, croit la FADOQ.

Finalement, le vieillissement de la population et les nombreux cas de pertes cognitives entraîneront forcément un embouteillage à la porte des CHSLD si l'on ne parvient pas à aider certaines résidences privées à offrir des services supplémentaires, comme de la surveillance de nuit par exemple, sans que la facture ne soit automatiquement refilée aux résidents. 

Mme Lapointe prend l'exemple de sa propre mère qui vit actuellement en CHSLD en raison de la maladie d'Alzheimer, mais qui n'a aucun autre problème de santé.

«La seule chose dont ma mère a besoin, c'est d'une surveillance de nuit, puisqu'elle se lève et erre. Or, les résidences privées qui offrent ces services coûtent forcément plus cher. Mais combien de personnes sont dans notre situation? La place de ma mère n'est pas dans un CHSLD, mais nous n'avons pas d'autre choix», constate-t-elle, ajoutant qu'à travers une bonification du programme de maintien à domicile, le gouvernement serait en mesure d'aider certaines résidences à offrir des services supplémentaires et ainsi enlever une certaine pression sur les familles et sur le système public de santé.

«En ce moment, on a toujours l'impression de travailler dans l'urgence plutôt que dans la prévention. Mais il va falloir que l'on prenne davantage en charge les services aux personnes aînées. Il faut se mettre les yeux en face des trous, parce que là, il y a eu des morts», constate Hélène Lapointe.




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