Chauffeurs d'autobus scolaires: moyens de pression dans l'air

À gauche, Paul Lavergne, président du Conseil central... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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À gauche, Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec CSN et Stephen P. Gauley, président du STS.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Il faut s'attendre à ce que les chauffeurs d'autobus fassent des moyens de pression, d'ici quelques semaines. Le comment n'est pas encore déterminé, mais ça pourrait être dès le mois d'avril.

En pleine tempête, mercredi, le président du secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics CSN, Stephen P. Gauley, s'est arrêté à Trois-Rivières dans le cadre d'une tournée de sensibilisation. Après 20 ans de tentatives pour faire reconnaître leur emploi par le gouvernement et obtenir un salaire décent, ils en sont rendus là.

Rien ne va plus, explique-t-il. Les salaires sont inégaux et les heures travaillées se sont effeuillées au fils du temps.

Certaines personnes qui conduisent un autobus scolaire ne reçoivent que 10,75 $ l'heure, d'autres beaucoup plus. En moyenne, la plupart des chauffeurs scolaires ne gagnent toutefois que 20 000 $ par année et «dans la plupart des régions, ils n'ont pas de régime de retraite ni d'assurance collective», raconte M. Gauley.

Il fut un temps où le transport des élèves permettait aux chauffeurs de gagner leur vie raisonnablement, mais plus maintenant. 

«Comme dans tous les domaines, il y a eu des réductions. Ça paraît anodin, mais dans les régions, sur l'heure du midi, à peu près tout le monde allait dîner chez lui. Aujourd'hui, il n'y a plus un enfant qui est voyagé en autobus pour aller dîner. Ils restent à l'école. Les voyages ont été coupés. On se souvient des pressions que les enseignants ont faites pour les sorties scolaires. Les budgets ont été coupés», résume-t-il.

«Ça fait une vingtaine d'années qu'on travaille pour faire reconnaître notre métier», dit-il. Le taux horaire dont auraient besoin les chauffeurs d'autobus scolaires devraient être au moins de 19,74 $, estime la FEESP en se basant sur une étude réalisée en 2015 conjointement par le gouvernement et les associations de transporteurs.

«On aimerait avoir un décret pour établir les normes minimales au niveau du transport scolaire basé sur les salaires issus du rapport», indique M. Gauley et «rencontrer le ministre pour voir ce qui va arriver».

M. Gauley rappelle que les chauffeurs d'autobus scolaires travaillent à heures coupées.

En avril, les exécutifs des 62 syndicats affiliés à la FEESP-CSN établiront quelles seront les prochaines phases de la démarche.

«La grande majorité de nos syndicats vont avoir à renouveler leur convention collective et les commissions scolaires vont négocier avec les transporteurs. On pense que c'est un moment opportun», indique M. Gauley.

«C'est un dossier qui traîne en longueur», déplore Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec CSN, «parce que le gouvernement, même s'il a reconnu un certain nombre de choses, est lent à agir».

M. Gauley indique que cette situation occasionne des problèmes de recrutement et tient à préciser que les chauffeurs d'autobus scolaires ne sont pas tous des retraités. «Et puis tout le monde n'est pas prêt à entendre 48 jeunes en arrière, qui crient. Il faut garder une certaine discipline dans l'autobus, tout ça en étant sur la route», fait-il valoir.




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