Sauvetage au menu au Poivre Noir

Le chef du Poivre Noir, José Pierre Durand,... (Olivier Croteau)

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Le chef du Poivre Noir, José Pierre Durand, est accompagné de ses collègues, Alpha Diallo, Jean-François Jetté et Carl Villeneuve, qui ont prêté main-forte à un homme en détresse dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Ils sont juste devant l'endroit où les événements se sont produits.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) L'action ne manque pas un samedi soir dans les cuisines du Poivre Noir de Trois-Rivières. Le 4 mars dernier, alors que le restaurant était bondé, le chef José Pierre Durand et quelques-uns de ses employés n'ont pas hésité à laisser les casseroles et se mouiller pour secourir un homme des eaux glaciales du fleuve Saint-Laurent.

Vers 21 h 40, deux promeneurs sont entrés dans le restaurant situé au parc portuaire pour dire qu'ils entendaient des cris au loin qui semblaient provenir de l'eau. N'hésitant pas une seconde, le chef José Pierre Durand est parti avec son collègue Alpha Diallo à la course en direction des cris. Cette soirée était particulièrement froide, alors que le mercure indiquait -25 degrés Celsius. 

«Près de l'endroit qu'on nous avait indiqué, j'ai demandé si quelqu'un avait besoin d'aide. Nous avons alors entendu un homme crier ''À l'aide, à l'aide, aidez-moi. Je vais mourir''», se souvient José Pierre Durand.  

Le son de cette voix a permis aux artisans du Poivre Noir de repérer l'homme dans les eaux du fleuve. Il se trouvait non loin du navire de la Garde côtière canadienne, à l'extrémité est du parc portuaire. «Je ne me suis pas posé de question. J'ai lancé mon cellulaire à mon collègue Alpha Diallo pour qu'il appelle le 911», soutient le chef. «D'après moi, il était là depuis un petit bout. Il avait un bras accroché à l'échelle et son corps n'était plus capable de monter tellement il était congelé complètement et son manteau était imbibé d'eau. S'il lâchait prise, il était emporté par le courant.»

José Pierre Durand a alors descendu l'échelle pour secourir l'homme en détresse. Les deux pieds dans l'eau, il a tenté de l'aider à le remonter. «C'était vraiment impossible. J'ai pris sa main et elle était vraiment gelée. Une personne m'a lancé des gants pour nous aider», ajoute-t-il. 

À ce moment, du renfort venant du restaurant est arrivé. Les collègues du chef sont venus lui prêter main-forte. «Ils ont laissé le service. Ils se sont dit que j'étais parti depuis cinq minutes et qu'il y avait quelque chose de louche», précise le chef. 

Certains ont alors cassé la vitre de la bouée de sauvetage pour faciliter la manoeuvre. L'homme en détresse perdait toutefois énormément d'énergie. Le froid commençait à avoir le dessus sur lui. «Je savais que s'il s'endormait, son corps pouvait très mal réagir. J'ai donc continué à lui parler en même temps que j'essayais de lui passer la bouée autour de la tête. Mais c'était impossible, le trou était trop petit. J'ai essayé trois tentatives pour le remonter», affirme José Pierre Durand. 

Les sirènes ont alors commencé à se faire entendre au loin. Les pompiers, les ambulanciers et les policiers étaient en route. «J'ai continué à lui parler. Et l'homme me disait de dire à ses enfants qu'il les aimait. Mais ça faisait un bout qu'il était dans l'eau et je voyais que sa respiration était difficile», note-t-il. «Je lui parlais constamment et le secouait pour le tenir éveillé. [...] Il a perdu connaissance quand même six fois pendant que je lui parlais.»

Finalement arrivés sur les lieux, les secours ont pu intervenir et aider José Pierre Durand à sortir l'homme de l'eau. «Une personne est alors sautée dans le fleuve avec une combinaison étanche pour attacher une corde autour de l'homme. Nous avons alors tiré pour le sortir de là. C'était vraiment difficile et nous étions cinq», se souvient le chef du Poivre Noir.

L'homme qui s'est retrouvé dans le fleuve a ensuite été transporté à l'hôpital par ambulance. La police de Trois-Rivières ne voulait pas la semaine dernière donner des nouvelles sur son état de santé, se contentant de dire qu'il était en vie. 

«Si les passants ne nous avaient pas avertis si rapidement, si nous n'avions pas couru jusque-là et que je n'avais pas eu l'aide de mes collègues Alpha Diallo, Jean-François Jetté et Carl Villeneuve, cet homme serait mort, c'est assuré», n'hésite pas à mentionner José Pierre Durand. «Ç'a été un gros travail d'équipe.»

Le froid était si mordant cette journée-là, que le chef a dû être aidé pour retourner au restaurant. De retour aux cuisines, la pression est retombée. «Nous nous sommes assis les quatre et nous étions en état de choc», note le chef qui était alors tout mouillé. «Nous étions blêmes et nous réalisions ce qui venait de se passer en dix minutes.» 

Les nombreux clients présents au restaurant cette soirée ont facilement accepté les délais dans la préparation des commandes. Après tout, on ne peut en vouloir au personnel du Poivre Noir d'avoir porté secours à un homme dont la vie était en péril.




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