Manifestation au sujet des poissons appâts: l'économie régionale fragilisée

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Les interdits sur la pêche blanche ne sont pas les mêmes au Québec qu'en Ontario et aux États-Unis même si les plans d'eau sont connectés.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Contrecoeur) Les usagers des plans d'eau du Québec, qui sont désormais confrontés à l'interdiction d'utiliser des menés vivants pour la pêche blanche, demandent une rencontre avec le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard.

C'est que la décision de son ministère, annoncée la semaine dernière, aura de nombreuses conséquences négatives et pourrait même créer une crise majeure dans le secteur de la pêche blanche au Québec, estiment les intervenants réunis en point de presse, mercredi matin, à Contrecoeur.

Ces derniers craignent que l'éducation au respect de l'environnement qui vient avec l'apprentissage de la pêche se perde chez les jeunes générations. Selon eux, l'utilisation d'appâts morts ne donne pas de résultats comparables à la pêche aux menés vivants.

La manifestation regroupait quelques députés de l'opposition, de même que des pêcheurs commerciaux et des représentants de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, de la Fédération des pourvoiries du Québec de l'Aire faunique communautaire du lac Saint-Pierre et des propriétaires de centres de pêche.

Rappelons qu'une pétition a été mise en ligne jusqu'au 24 mars sur le site de l'Assemblée nationale.

Renée Rouleau, mairesse de Saint-Georges-de-Clarenceville, estime que ce dossier «est extrêmement important pour nos régions».

Rappelons que la pêche sportive au lac Saint-Pierre, à elle seule, est une industrie de 10 millions $.

Dans son secteur, quelque 150 000 usagers profitent chaque année du lac Champlain, de la baie Missisquoi et de la pêche sur glace dans le Richelieu.

«Il y a des hôtels qui sont là, il y a des restaurants qui vivent de ça», souligne-t-elle, sans compter les pourvoiries.

«C'est ça qui fait marcher notre économie l'hiver», rappelle-t-elle.

«Qui sont les meilleurs ambassadeurs pour la protection de la faune et de la flore? Les chasseurs et les pêcheurs parce que ce sont leurs ressources», plaide-t-elle.

«La pêche sur glace est une activité ancestrale», fait-elle valoir. «Ça fait partie de nos racines.»

Mme Rouleau estime que la décision du gouvernement «affecte nos villages».

La mairesse représente le Haut-Richelieu sur le Lake Champlain Steering Commitee qui regroupe le Vermont, New York et le Québec.

«J'ai discuté avec des biologistes, là-bas, pour voir comment ils fonctionnent. Dans le lac Champlain, ils ont droit de prendre des appâts vivants. Pourquoi on ne serait pas capable de faire ça? Et on m'a dit qu'en Ontario, il y a des solutions. Je ne comprends pas qu'on ne soit pas capable de regarder plus loin que notre nez», déplore la mairesse.

«Il y a des incohérences avec la rivière des Outaouais, le lac Saint-François et le lac Champlain, indique pour sa part Sylvain Roy, député de Bonaventure. «D'un côté, on a droit de pêcher avec des menés et de l'autre bord, on n'a pas le droit. Il est où le bon sens? Il me semble que ça aurait été plus simple de parler à l'industrie», plaide-t-il, «de normaliser ou de certifier les poissons appâts», suggère-t-il.

Les intervenants ont réitéré qu'aucune étude ne prouve que ce sont les poissons appâts qui favorisent la multiplication des espèces envahissantes. Certains ont plutôt souligné le rôle des ballasts des navires marchands provenant des quatre coins du monde.

«J'ai discuté avec des biologistes, là-bas, pour voir comment ils fonctionnent. Dans le lac Champlain, ils ont droit de prendre des appâts vivants. Pourquoi on ne serait pas capable de faire ça?»

Renée Rouleau, mairesse de Saint-Georges-de-Clarenceville

Les manifestants estiment que le gouvernement a pris la «manière facile» pour tenter de contraindre la progression de la carpe asiatique.

La décision du ministère est d'autant plus frustrante, pour les centaines de milliers de pêcheurs du Québec, que les efforts pour contrer la carpe asiatique ne sont pas concertés et encore moins internationaux.

Aux États-Unis, en effet, le président Donald Trump a récemment suspendu indéfiniment un projet visant à empêcher la carpe asiatique d'envahir les Grands Lacs parce que le projet, selon lui, pourrait nuire aux navires marchands.




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