Michel Morin poursuit la Commission scolaire pour 1,1 M$

L'ancien directeur général de la Commission scolaire du... (Sylvain Mayer)

Agrandir

L'ancien directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Michel Morin, contre-attaque avec une poursuite de 1,1 M$.

Sylvain Mayer

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Trois-Rivières) Après avoir lui-même été visé par une poursuite de près de 5,6 M$ entamée par la Commission scolaire Chemin-du-Roy envers d'anciens gestionnaires du Complexe sportif Alphonse-Desjardins, voilà que l'ex-directeur général de la Commission scolaire, Michel Morin, contre-attaque et poursuit à son tour la Commission scolaire, le Complexe multidisciplinaire Les Estacades ainsi que l'actuelle directrice générale de la Commission scolaire, Hélène Corneau, pour la somme de 1,1 M$.

Dans une requête introductive d'instance déposée le 27 février devant la Cour supérieure, Michel Morin allègue que les parties défenderesses ont tenu des propos faux et diffamatoires à son égard relativement à ses fonctions de directeur général de la Commission scolaire et à son implication dans le projet de construction du CSAD.

Rappelons qu'en juin 2014, le dépôt d'un rapport du Vérificateur général du Québec sur la gestion du CSAD relevait d'importantes lacunes. La Commission scolaire a depuis déposé une poursuite contre l'ancien directeur de la Commission scolaire, Michel Morin ainsi que de sa société de gestion, l'ancien directeur général du CSAD Jean-François Picard, l'ancien directeur adjoint Michel Montambeault et l'ancien comptable du CSAD, Steven Bélanger, les tenant responsables des lacunes soulevées. La firme Morin Cadieux SENC est également visée.

La Commission scolaire exige des dommages et intérêts de plus de 5,6 M$. Cette poursuite vise également à récupérer les sommes versées sur la base d'informations erronées transmises sur le projet du CSAD «notamment quant à l'autofinancement du projet et son coût nul pour la CS», indique la poursuite.

Or, Michel Morin soutient pour sa part qu'il ignorait les lacunes qui ont été soulevées dans le rapport du Vérificateur général, puis dans deux autres rapports produits par la suite. Ces rapports faisaient état de problèmes de gestion financière au niveau de la direction de la Commission, et cette gestion financière relevait de Marie-Claude Paillé, l'actuelle directrice du service des ressources financières. Il indique que son ignorance des lacunes était d'ailleurs connue d'Hélène Corneau, qui était son bras droit au moment des faits. Il soulève aussi que Mme Corneau était pleinement au courant que les prétendus dépassements de coûts ne relevaient aucunement de Michel Morin.

M. Morin indique avoir de sérieux motifs pour questionner les rapports comptables obtenus en 2013 et 2015. Il soutient également que les défenderesses ont commis une faute civile en tentant de lui faire porter le blâme, et ce, «très probablement dans le but de se distancer des conclusions des vérifications comptables et ainsi se déculpabiliser en conséquence», peut-on lire dans la requête, qui souligne que Mme Corneau et Mme Paillé faisaient pourtant partie intégrante de la direction pendant les phases de développement du CSAD, et donc étaient tout aussi visée par les conclusions des rapports de vérification financière de 2013 et 2015.

Michel Morin soutient que le dépôt de la poursuite de 5,6 M$ a complètement détruit sa réputation. Les propos qu'il estime diffamatoires véhiculés dans cette poursuite, et qui ont été largement repris par de nombreux médias, l'ont forcé à cesser ses contrats de chargé de cours à l'UQTR et ses activités de consultant pour la Fédération des commissions scolaires du Québec. Il a aussi cessé ses activités de représentation et, faute de contrats, a fermé sa compagnie. M. Morin indique avoir souffert, ainsi que sa famille, de cette histoire. Il ajoute avoir décidé pendant un certain temps de rester chez lui pour éviter les regards et jugements des gens de la région, «puisqu'il était maintenant considéré comme un escroc sur la base des allégations non fondées», ajoute la requête.

Toujours selon le document, «toute personne raisonnable ne pourrait que conclure que ces actes ont été commis avec une intention de nuire à la réputation de M. Morin, à ses droits et à sa vie privée».

Plus récemment, Michel Morin ainsi que l'ancien directeur adjoint du CSAD Michel Montambeault avaient déposé une requête afin que le cabinet d'avocats Morency, qui représentait la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, ne puisse plus la représenter, invoquant un conflit d'intérêts. 

De son côté, l'ex-directeur général du CSAD, Jean-François Picard, n'a toujours pas répliqué à la poursuite intentée par la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Toutefois, selon Radio-Canada Mauricie, il pourrait le faire d'ici la fin du mois de mars en déposant à son tour une poursuite semblable à celle déposée par Michel Morin.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer