Wôlinak exclut 186 membres

Le chef du conseil de bande, Michel R.... (Olivier Croteau)

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Le chef du conseil de bande, Michel R. Bernard.

Olivier Croteau

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(Wôlinak) Les Abénakis de Wôlinak ont un nouveau code d'appartenance qui a pour conséquence de radier 186 membres de la liste de la communauté autochtone. Le conseil de bande souhaite ainsi préserver les origines génétiques des Abénakis.

Réunis lors d'une assemblée spéciale samedi après-midi, près de 80 membres ont approuvé à forte majorité la résolution du conseil de bande qui enlève certains droits, comme celui de vote, à ces personnes qui ne sont plus reconnues. Le résultat du vote est sans équivoque, alors que 66 personnes ont appuyé la modification du code d'appartenance et 13 s'y sont opposées.

Le chef du conseil de bande a affirmé après le vote qu'il était sûr d'obtenir l'approbation de la population. «Je n'avais aucun doute sur le résultat», a lancé le chef du conseil de bande, Michel R. Bernard, après le dépouillement du vote. 

Le chef estime de plus que les modifications n'ont pas soulevé la controverse dans la petite communauté. Pourtant, le nouveau code d'appartenance avait été adopté par un conseil de bande divisé. Deux des quatre conseillers avaient voté contre, forçant le chef à trancher. Lors de l'assemblée de samedi, un homme en désaccord avec ce changement a rapidement monté le ton envers le chef. Après que celui-ci lui ait demandé de s'exprimer dans le calme, l'homme a été invité à quitter l'assemblée. Il a finalement été escorté à l'extérieur par un policier déjà présent sur les lieux.

Datant de juin 1987, le précédent code d'appartenance était désuet, selon l'administration du conseil de bande. Dave Bernard, le directeur général de la communauté, soutient que cette modification a pour effet de radier 186 membres de la liste de la communauté. Il note que les membres qui habitent hors réserve n'avaient déjà pas accès aux services. M. Bernard ajoute que cette modification du code d'appartenance, qui consiste à retirer certaines catégories de membres, n'a pas beaucoup d'impact chez les membres non inscrits. 

«Au quotidien, il n'aura pas de grands changements. Nous allons mettre le code d'appartenance à jour», a-t-il dit. «Les membres sur réserve pourront continuer de bénéficier des services. Et pour les membres non statués [qui n'ont pas leur statut d'Indien] qui ont des maisons, soyez assuré que personne ne sera expulsé de la communauté.»

Le conseil de bande a également adopté dernièrement un nouveau code foncier qui permet notamment aux descendants non statués nés de parent statué pourront recevoir la maison familiale en héritage, ce qui est rarement le cas dans les communautés autochtones, car la Loi sur les Indiens rend la propriété d'une maison sur une réserve très difficile. 

Une volonté de conserver une certaine pureté du sang est à l'origine de cette modification du code d'appartenance, avoue le directeur général de la communauté. «On regardait la liste de membres et on voyait qu'il en avait un trop grand nombre. On regardait la généalogie de ceux-ci et on voyait qu'on commençait à diluer beaucoup la race. On était rendu un peu loin. Il y avait des conjoints qui figuraient sur la liste de bande et qui avaient droit de vote, ce qui était aberrant pour les membres de la communauté», a expliqué Dave Bernard. 

Par ailleurs, l'administration du conseil de bande soutient que le financement accordé par le fédéral était dilué en raison du trop grand nombre de membres non statués. «C'était illogique, car c'était les membres statués qui doivent bénéficier des services», a ajouté le directeur général de Wôlinak.  

Cette communauté comprenait avant la modification du code d'appartenance 535 membres, dont la majorité vit hors réserve. Seulement 168 personnes habitent sur la communauté. 

Dave Bernard soutient qu'en aucun cas cette modification du code d'appartenance, qui enlève le droit de vote à 186 membres, ne s'inscrit dans un conflit entre clans familiaux. Sur les personnes radiées, 92 sont des Landry, le clan opposé aux Bernard, celui actuellement au pouvoir. «Il y a plusieurs familles de réunies pour l'assemblée. Ce n'est pas que le clan Landry contre le clan Bernard. Je sais qu'à l'époque on disait souvent ça, mais ce n'est pas le cas», a conclu Dave Bernard.




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