Vers un choc entre députés dans Laviolette - Saint-Maurice

Avec la disparition d'une circonscription en Mauricie, Pierre...

Agrandir

Avec la disparition d'une circonscription en Mauricie, Pierre Giguère et Julie Boulet, pourraient s'affronter dans Laviolette - Saint-Maurice.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Plutôt vague sur son avenir depuis qu'il sait que la Mauricie perdra un comté, le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, ne fait maintenant plus de cachette sur ses intentions. Il veut solliciter un deuxième mandat l'an prochain et si sa collègue Julie Boulet souhaite aussi poursuivre sa carrière, il la défiera lors d'une assemblée d'investiture.

L'actuel député de Saint-Maurice refuse l'étiquette d'orphelin, puisque selon ses calculs, le nouveau comté de Laviolette - Saint-Maurice contiendra une majorité d'électeurs provenant de sa circonscription actuelle. Il se considère donc en droit de continuer à servir la région chez lui, sous la bannière libérale.

La Commission de la représentation électorale a stimulé sa réflexion depuis deux ans. À l'origine, il rappelle que non seulement la Mauricie perdait un comté, mais le secteur Shawinigan-Sud se retrouvait du côté de Maskinongé et Notre-Dame-du-Mont-Carmel, dans Champlain.

Finalement, ces deux scénarios n'ont pas résisté à l'analyse, ce qui conforte M. Giguère dans ses ambitions. Sa base électorale a subi moins de dégâts que prévu, outre le transfert de Saint-Boniface et de Saint-Mathieu-du-Parc dans le comté de Maskinongé.

«Beaucoup de citoyens m'interpellent pour que je continue», indique M. Giguère. «Il y a plus de 30 000 électeurs de mon comté qui vont se retrouver dans le nouveau. Moi, j'aimerais ça continuer. Je ne veux pas laisser tomber mes citoyens. C'est très important.»

En 2012, Pierre Giguère s'était présenté aux élections provinciales dans le comté de Saint-Maurice pour la Coalition avenir Québec. Il s'était classé au deuxième rang avec 28 % des votes, derrière le péquiste Luc Trudel, mais devant le libéral Robert Pilotte. Le député assure fermement qu'il veut poursuivre sa carrière politique avec le PLQ.

«Depuis deux semaines, ça me dépasse, tous les appuis que je reçois», confie-t-il. «On me demande de rester. Depuis deux ans, j'ai fait le travail sur le terrain, nous avons apporté énormément à la communauté. Les gens sont reconnaissants.»

Pierre Giguère a été élu en 2014 avec une majorité de 653 voix sur M. Trudel. Il s'agissait d'une première victoire libérale dans ce comté depuis celle d'Yvon Lemire, en 1989.

L'agriculteur se sentirait visiblement moins à l'aise de se présenter dans une autre circonscription.

«J'ai trop à coeur mes citoyens», laisse-t-il tomber. «Aller ailleurs, ce serait envoyer un mauvais message aux quelque 30 000 électeurs de mon comté. J'adore la politique, mais je ne laisserai pas tomber mes citoyens.»

M. Giguère se braque lorsqu'il entend dire que son comté disparaît. Pour lui, il s'agit d'une fusion provoquée par des enjeux démographiques. Il répète que la majorité des électeurs du nouveau comté viennent de Saint-Maurice.

«S'il y a abolition d'un comté, ce serait celui de Laviolette», suggère-t-il.

Une ministre se dresse

Jusqu'ici, Julie Boulet n'a donné aucun indice selon lequel elle écoulait ses derniers mois comme députée à l'Assemblée nationale. Elle a traversé la tempête de la Commission Charbonneau et sa mise à l'écart du conseil des ministres, avant d'être nommée au tourisme en janvier 2016.

Elle jouit d'un très fort ascendant dans la région, ce que M. Giguère n'ignore évidemment pas. Mais par respect pour ses électeurs, il ne veut pas lui céder le nouveau comté sans se battre.

«Le chemin peut être très raboteux, j'en suis conscient», laisse-t-il tomber. «Je fonce! La question est de savoir si j'ai le goût de continuer et la réponse, c'est oui.»

«Des embûches, j'en ai vu», ajoute M. Giguère.

«Quand le parti est venu me chercher en janvier 2014, Pauline Marois est débarquée ici avec une trentaine de millions de dollars en subventions. Personne ne voulait se présenter comme candidat libéral dans Saint-Maurice. J'ai gagné un comté qui n'avait pas été libéral depuis une vingtaine d'années. Je suis habitué aux chemins raboteux, mais aujourd'hui, j'ai des citoyens derrière moi et je ne suis pas capable de les laisser tomber. En plus, j'adore le travail que je fais.»

De son côté, Mme Boulet n'a pas voulu se lancer dans les spéculations pour le moment. La constitution du Parti libéral du Québec prévoit que le choix d'un candidat se fait lors d'une assemblée générale. «Pour des motifs importants ou en cas d'urgence, le chef du parti peut lui-même désigner le candidat», prévoit l'article 73.

En février, Mme Boulet avait assuré qu'elle ne souhaitait pas se présenter dans Champlain au prochain scrutin, même si une grande partie de l'actuel comté de Laviolette basculera au sud avec la nouvelle carte électorale. 

Son collègue Pierre Michel Auger réitère qu'il demandera un nouveau mandat l'an prochain. Même s'il possède une maison à Québec, il sollicitera à nouveau les électeurs de Champlain, qu'il côtoie depuis une quarantaine d'années.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer