Assurance-emploi: «Quatre mois que je me fais niaiser»

La patience de Sylvie Rouleau avec le gouvernement... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La patience de Sylvie Rouleau avec le gouvernement fédéral est arrivée à échéance.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «Phénix, ça ne vaut pas cher comme système. Mais il y a une gang d'incompétents quelque part. Ça fait quatre mois, le tiers d'une année, que je me fais niaiser.»

La patience de Sylvie Rouleau avec le gouvernement fédéral est arrivée à échéance. La résidente de Shawinigan attend depuis la fin du mois d'octobre que sa demande pour obtenir des prestations d'assurance-emploi soit réglée, une situation qui pourrait bien avoir un lien avec Phénix, le nouveau système de paie des employés de la fonction publique.

Mme Rouleau travaille depuis 2009 comme contractuelle à titre de commis générale au Centre fiscal de Shawinigan à raison de huit à 12 semaines par année. Elle déclare avoir travaillé 337,5 heures pour ce service gouvernemental en 2016, alors que le gouvernement dit qu'elle a travaillé 142 heures. Selon les relevés de paie obtenus, les chiffres concordent avec ses prétentions. 

«Quand j'ai reçu mon relevé d'emploi, le 12 juillet, je n'avais pas besoin d'assurance-emploi, car j'ai un autre emploi à ce moment. En septembre, je me suis blessée. J'avais besoin d'une assurance-emploi pour maladie. Je n'avais pas assez d'heures pour me qualifier.

Ils ont fouillé et ils ont trouvé une semaine en mars et une autre période en juin, ce qui me donne 248 heures pour Revenu Canada. Et j'avais 377 heures avec un autre employeur (ce qui totalise 625 heures). Ça me donnait mes heures pour me qualifier pour l'assurance-emploi maladie, car ça prend 600 heures.»

Toutefois, le nombre d'heures requis pour ce volet du programme gouvernemental est inférieur à celui relié à l'assurance-emploi (665 heures en septembre dernier). Mme Rouleau doit faire une demande de révision auprès de l'assurance-emploi, ce qu'elle a fait le 28 octobre. En novembre, elle contacte une employée de Services Canada. Elle affirme lui avoir parlé à six reprises entre novembre et le 23 janvier. 

Le dossier a ensuite été transféré à l'Agence du revenu du Canada. Encore là, le manège reprend: Mme Rouleau dit avoir parlé à une employée à huit reprises depuis un mois. Sans résultat.

«J'ai envoyé les talons de paie. J'ai expliqué la situation. Le problème est que le gouvernement est incapable de justifier mes heures. Le département de la rémunération de l'Agence du revenu doit prouver mes heures. Mais avec les talons de paie, le cumul est bon: si tu prends la paie brute et que tu divises par le salaire horaire, ça donne le nombre d'heures. C'est simple, mais faut croire que ça ne l'est pas pour le gouvernement!»

Depuis, Sylvie Rouleau assiste à une partie de ping-pong entre Services Canada et l'Agence du revenu du Canada, car son dossier devrait maintenant être traité par Services Canada.

«J'ai parlé à l'employée de l'Agence du revenu du Canada le 28 février et elle me dit qu'elle n'est pas sûre que c'est Services Canada qui s'occupe de ça! Elle doit faire une demande de procédure pour savoir si c'est Services Canada qui doit renvoyer le dossier au gouvernement. On essaie juste de trouver qui est le responsable de mon dossier. Mais entre-temps, mon dossier n'avance pas.»

Mme Rouleau a reçu des prestations d'assurance-emploi pour maladie durant 15 semaines. Ces prestations ont pris fin le 7 janvier. Elle est apte à retourner au travail en date du 16 janvier. Elle devrait donc recevoir des prestations à compter de cette date. Elle est sans revenu depuis ce temps.

«J'avais un coussin, mais je n'en ai plus», raconte, désespérée, Mme Rouleau.

Cette dernière a envoyé une lettre à Services Canada pour se plaindre de la situation. Elle devrait avoir des nouvelles d'un agent d'ici une semaine.

Le Nouvelliste a contacté l'Agence du revenu du Canada. Personne n'était disponible jeudi pour commenter la situation.




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