Les musées doivent-ils être repensés?

Jason Luckerhoff, co-organisateur du colloque....

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Jason Luckerhoff, co-organisateur du colloque.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Nuirait-on aux musées si l'on mettait leur contenu en ligne? Pourquoi l'État se désengage-t-il face à ses institutions muséales? Et pourquoi le fait-il maintenant? Ces dernières sont-elles assez dynamiques pour intéresser la jeune génération? Le public des musées semble vieillissant. Les musées devraient-ils donc se transformer pour attirer une nouvelle clientèle?

Autant de questions de ce genre et beaucoup plus encore seront débattues à l'occasion du colloque international Musées et mutation qui sera présenté en visioconférence simultanément à la Sorbonne et à l'UQTR, les 29 et 30 mars et auquel 11 des chercheurs les plus en vue dans le domaine participeront.

Ce colloque à coût zéro pour les chercheurs, et auquel le public est aussi invité, est organisé par le professeur Jason Luckerhoff de l'UQTR, Bernard Schiele de l'UQAM et Joëlle Le Marec du CELSA Sorbonne, à Paris.

«Si nous avions organisé ce colloque à un seul endroit, nous n'aurions probablement pas réussi à réunir tout ce monde», raconte le professeur Luckerhoff, et ce, non seulement à cause de l'agenda chargé de plusieurs participants, mais aussi pour des questions de coûts. À la place, «nous allons investir sur un livre en français et sur un livre en anglais», dit-il.

Les chercheurs du Québec se déplaceront donc à peu de frais à l'UQTR pour assister à la visioconférence et ceux de la Belgique et du Sud de la France se rendront à Paris.

Le Québec compte quelque 400 institutions muséales. Lorsque le gouvernement se désengage, des collections entières sont laissées à l'abandon, d'autres sont vendues, d'autres dépérissent «et une expertise se perd aussi», fait valoir le professeur Luckerhoff. Ce phénomène n'arrive pas qu'ici.

Les spécialistes invités au colloque tenteront d'établir «quelles transformations vivent les musées, quelles pressions ils subissent et qu'est-ce qui explique leurs difficultés financières», résume l'organisateur qui veut aussi mettre en lumière les pressions sociales que vivent également les musées. «On a des attentes à l'égard des musées et la population trouve toujours qu'ils ne les rencontrent pas suffisamment, qu'ils ne sont pas assez accessibles. Malgré leurs efforts de démocratisation, ils n'auraient pas réussi à en faire assez», résume-t-il.

«On n'a pas financé davantage les musées, mais on a toujours demandé plus de leur part. La charge augmente sans arrêt mais le nombre de visiteurs n'augmente pas et en plus, les subventions diminuent», ajoute-t-il.

Développer un nouveau public, ça coûte aussi des sous que les musées n'ont pas, fait-il valoir.

Et il a aussi le fait que les sociétés et les mentalités changent.

«On va l'aborder dans le colloque», dit-il. «Les jeunes générations trouvent que c'est contraignant de visiter à heures fixes, à l'intérieur d'heures d'ouverture. Ils vont trouver aussi que ce n'est pas assez dynamique, pas assez divertissant, à moins d'une exposition où il y aurait beaucoup de multimédia intégré, ils vont trouver ça un peu statique, un peu scolaire. Donc, il y a un gros enjeu de renouvellement de public dans le domaine des musées comme dans le domaine des orchestres symphoniques et du théâtre, où les publics sont vieillissants. Les statistiques le montrent», dit-il.

Cela amène une question importante, indique le chercheur. «Les musées doivent-ils répondre à des critères culturels ou à des critères de marché pour déterminer le succès ou des succès? Faire des choix en fonction des règles de la création ou de celles de la business?»




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