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Campagnes contre les violences sexuelles au collégial: l'intérêt y est, mais pas l'argent

Au Cégep de Trois-Rivières, on ne pourra prendre... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Au Cégep de Trois-Rivières, on ne pourra prendre part aux campagnes faute de ressources à la fois financières et humaines.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Alors que la moitié des cégeps seulement emboîtent le pas, au Québec, dans les campagnes contre les violences sexuelles (Sans oui, c'est non et Ni viande, ni objet), les collèges de la Mauricie sont fort intéressés à s'impliquer... à condition d'avoir de l'argent pour le faire. Ils font chacun leur possible, avec peu de ressources, pour répondre aux besoins.

Au Collège Laflèche, l'intérêt pour ce sujet ne part d'aucune des deux campagnes, l'une appartenant au réseau public des cégeps et l'autre ayant été démarrée au Cégep de Sherbrooke.

«Le ministère de l'Éducation nous a interpellés en janvier. Il veut tenir des journées de réflexion en mars», rappelle la porte-parole du Laflèche, Anne-Laurence Jacob.

«Nous avons donc créé un comité pour tenir une réflexion. Ce comité comprend la responsable des communications, le président de l'Association générale des étudiants, la directrice des affaires étudiantes, notre travailleur du milieu et le responsable des résidences», dit-elle.

Ce comité a déposé au ministère la liste des actions que le Collège Laflèche entend tenir dans ce dossier.

Tout comme la Fédération des cégeps, l'établissement demande toutefois de l'argent pour pouvoir concrétiser ses intentions et se mettre en action, indique Mme Jacob.

C'est que faire de la sensibilisation, de l'information et de la prévention et mettre en place des mesures de sécurité impliquent en effet des dépenses.

En attendant, le Collège mise sur son travailleur de milieu qui oeuvre chaque jour auprès des étudiants. Le Laflèche peut aussi compter sur une femme médecin qui est présente une journée et demie par semaine dans l'établissement.

Le Collège Shawinigan, quant à lui, «a bien l'intention de participer à une campagne de sensibilisation et de prévention contre la violence sexuelle», indique Karine Lord du service des communications. Le Collège n'a toutefois pas arrêté son choix entre les campagnes actuelles. «Les deux campagnes sont intéressantes», dit-elle. Encore là, l'argent fait défaut pour passer à l'action.

«Notre fédération a signifié cet intérêt à la ministre, mais aussi son inquiétude par rapport au peu de ressources disponibles dans les cégeps pour ce genre de dossier», explique Mme Lord.

Le Collège Shawinigan analyse présentement la possibilité d'embaucher une ressource professionnelle «de façon ponctuelle» pour s'impliquer dans le programme Zénétudes (pour prévenir la dépression et l'anxiété chez les collégiens) ainsi que dans les cas d'inconduite sexuelle et violence.

«La récente consultation a confirmé l'intérêt de créer un comité local»», indique Mme Lord. «Nous attendons les balises gouvernementales.» Le Collège dispense déjà de l'aide psychosociale à ses étudiants en matière de harcèlement et de violence.

Au Cégep de Trois-Rivières, on ne pourra prendre part à ces campagnes faute de ressources à la fois financières et humaines, indique la responsable des communications, Isabelle Bourque.

Pour répondre aux besoins de ses 4047 étudiants, le Cégep ne dispose actuellement que d'un travailleur social, un travailleur de milieu et un psychologue. «Ils sont très occupés», dit-elle. «Quand ça déborde, il faut référer au CLSC.»

«On manque de personnel à la suite des coupes que nous avons subies il y a deux ans», rappelle-t-elle. «Un poste de sexologue ainsi qu'un poste de psychologue ont été abolis.»

Le Cégep de Trois-Rivières a malgré tout participé lui aussi par écrit à la consultation de la ministre Hélène David, en janvier et sera présent aux journées de réflexion qui se tiendront en mars sur ce thème avec les autres directions de cégeps et les directions d'universités.




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