Les paramédics haussent le ton

Michel Beaumier est le président du Syndicat régional... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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Michel Beaumier est le président du Syndicat régional des paramédics du Coeur du Québec (CSN).

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Saint-Paulin) Les ambulanciers du secteur de Saint-Paulin et de Saint-Alexis-des-Monts passent de la parole aux actes. Détenant un mandat de grève illimitée accordé à 100 % par ses membres, le Syndicat régional des paramédics du Coeur du Québec (CSN) a déclenché une grève depuis jeudi à minuit afin de dénoncer la stagnation des négociations pour le renouvellement de la convention collective.

Ce syndicat regroupe 13 ambulanciers affectés aux territoires de Saint-Paulin, de Saint-Alexis, de Charette, de Sainte-Angèle-de-Prémont et de Saint-Élie-de-Caxton. Leur convention collective est échue depuis le 31 mars 2015. Fatigués de voir que les négos n'avancent pas, ils lancent ce mouvement de grève à l'instar des autres paramédics membres de la CSN.

«Le gouvernement s'est retiré des tables nationales. Il a aussi décidé dernièrement de se retirer des tables de négos pour le fonds de retraite. Les entreprises ambulancières ont le mandat de négocier pour le normatif, mais n'ont pas de mandat pour le monétaire. Tout est au point mort», dénonce Michel Beaumier, président du syndicat, présent jeudi midi à une bruyante manifestation tenue à Saint-Paulin.

Les ambulanciers sont tenus par la loi des services essentiels de maintenir les services à la population. Ils répondront aux appels d'intervention, effectueront les transferts entre les centres hospitaliers et assureront le retour des patients à domicile. Leurs moyens de pression vont s'attarder au volet administratif de leur travail. Depuis jeudi, ils ne remplissent plus les formulaires de facturation qu'ils doivent remettre à leur employeur pour que celui-ci envoie le tout aux clients.

«Le formulaire sera rempli par les employeurs. Ils devront trouver les informations dans les centres hospitaliers et faire eux-mêmes leur facturation. Ce sera assez laborieux», estime M. Beaumier.

Une autre mesure est mise en place durant ce moyen de pression. Lorsque les ambulanciers transportent, par exemple, un patient de la région vers un hôpital spécialisé de Montréal, ils peuvent être accompagnés d'une infirmière. Habituellement, les paramédics ramènent l'infirmière avec eux. Ce n'est plus le cas depuis la grève.

«L'infirmière devra revenir par ses propres moyens, habituellement par taxi. Ça va coûter des sous au ministère de la Santé», ajoute le président syndical.

Les ambulanciers portent un pantalon de camouflage, imitant du même coup les constables spéciaux des palais de justice. Les paramédics stagiaires ne seront plus acceptés dans les ambulances.

Toutes ces mesures servent à presser le gouvernement pour qu'il revienne à la table des négociations et pour faire accepter les demandes syndicales. Le syndicat veut entre autres l'abandon des horaires de faction qui font en sorte que les paramédics sont de garde durant sept jours de 24 heures à partir de leur domicile et sont payés pour 11,43 heures par jour, peu importe le nombre d'heures travaillées.

Seule Saint-Alexis a des paramédics sur un système de rémunération à l'heure, de 8 h à 16 h sur sept jours. Pour le reste des plages horaires et les autres municipalités, c'est l'horaire de faction qui est de mise.

«Pour nous, c'est un gros cheval de bataille, avance Michel Beaumier. Avec l'horaire de faction, les paramédics doivent déneiger leur voiture et arriver à la caserne pour ensuite partir avec l'ambulance. Il y a donc 10 minutes de délai à la suite de l'appel initial. Notre territoire est de 1200 km carrés. Il y a environ 10 minutes de déplacement entre chaque municipalité. Donc, on arrive après un retard de 20 minutes d'attente. 

Quand on parle de réanimation cardiorespiratoire, les chances de survie d'une personne sont diminuées de 90 % après un délai de 10 minutes. Le ministre Barrette dit qu'il ne faut pas toucher à la santé et à la sécurité des gens. Mais il coordonne lui-même une situation problématique.»




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