Carte électorale: débat de la dernière chance

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La députée de Laviolette et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, entourée de ses collègues Marc H. Plante (Maskinongé), Jean-Denis Girard (Trois-Rivières) et Pierre Giguère (Saint-Maurice).

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) En cette journée marquant la célébration de l'amour, les députés de la Mauricie rappelleront à la Commission de la représentation électorale toute l'importance de respecter les affinités dans l'établissement des limites d'une circonscription.

Reste à savoir si cette dernière charge parviendra à séduire les commissaires, qui dévoileront la carte définitive pour le scrutin de l'an prochain d'ici une dizaine de jours.

Une semaine après le dépôt du second rapport de la CRÉ, les députés touchés racontent avoir reçu beaucoup de commentaires des électeurs. Rappelons que selon la dernière proposition déposée à l'Assemblée nationale, la Mauricie passerait de cinq à quatre comtés. La plus grande partie de la MRC de Mékinac quitterait Laviolette pour se retrouver dans Champlain, alors que Notre-Dame-du-Mont-Carmel et le secteur Saint-Louis-de-France seraient déplacés dans la circonscription de Trois-Rivières.

En marge d'une annonce de soutien financier pour des arénas en Mauricie lundi matin, les députés se sont avancés sur les arguments qu'ils mettront en évidence mardi, lors du dernier débat de cinq heures prévu dans le cadre des consultations sur la réforme de la carte électorale, à Québec.

Visiblement, l'équipe libérale régionale ne s'acharnera pas sur la nécessité de maintenir cinq comtés en Mauricie. Depuis près de deux ans, les élus comprennent que les froides données démographiques défavorables leur donnent peu de marge de manoeuvre pour empêcher l'abolition de l'actuel comté de Saint-Maurice. Par contre, les aberrations du dernier découpage doivent être corrigées, martèlent-ils.

«Il y a des incohérences, des choses qui n'ont pas de bon sens dans cette nouvelle redéfinition», rage la députée de Laviolette, Julie Boulet, également ministre responsable de la région.

«On n'a qu'à penser au secteur de Mékinac qui est scindé en deux, ou à Notre-Dame-du-Mont-Carmel qui se retrouve dans le comté de Trois-Rivières. On n'a pas respecté les dessertes naturelles de territoire en Mauricie et c'est là-dessus qu'on va aller plaider.»

Le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, réaffirme qu'il est bien prêt à servir les citoyens de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, mais la logique devrait dicter autre chose.

«Pour le bénéfice de ces gens, je pense que ça n'a aucun bon sens d'être rattaché au centre-ville de Trois-Rivières», illustre-t-il. «La ville de Trois-Rivières est suffisamment grande pour avoir un comté inclus (entièrement) dans la ville. Outre le travail mathématique, il faut respecter les communautés naturelles.»

Le député de Maskinongé et président du caucus libéral de la Mauricie, Marc H. Plante, sera délégué pour transmettre l'état d'esprit des élus et des préfets de la région au cours de la dernière semaine. Toutefois, d'autres députés de la région devraient également intervenir, dont Pierre Giguère, car son comté de Saint-Maurice est menacé d'être rayé de la carte.

«Le DGE fait la même erreur que lorsqu'il mettait Shawinigan-Sud dans le comté de Maskinongé», fait remarquer M. Plante. «Aucun lien naturel et aucun lien direct! L'important est de garder les communautés locales ensemble. Ce qu'ils font pour (la MRC de) Maskinongé, ils doivent le faire pour Mékinac et pour des Chenaux.»

«Avec une circonscription de moins, on n'est pas contents parce que c'est un poids politique pour notre région», ajoute M. Plante. «Par contre, ce qui est le mieux pour notre population aujourd'hui, c'est de défendre nos communautés naturelles. Si on fait le débat des chiffres, nous ne serons pas gagnants.» 

Mme Boulet avance qu'en dernier recours, le premier ministre pourrait intervenir dans ce dossier délicat.

«Pour l'instant, tous les scénarios sont sur la table», résume-t-elle. «Le premier ministre aura la prérogative de décider. Est-ce qu'il y aura un veto, une suspension? Toutes les avenues vont être envisagées par le gouvernement.»

Pas impressionné

Pendant ce temps, les membres du Parti québécois de la Mauricie déplorent vivement la passivité de Mme Boulet dans ce dossier.

«La résignation apparente dans sa réaction, ainsi que son absence lors des audiences régionales du 21 mai 2015, nous permettent de croire qu'en vérité, elle s'est désintéressée complètement de la situation», dénonce Martin Beaudry, président régional.

Une fois de plus, le PQ de la Mauricie réclame un statut d'exception pour le comté de Laviolette, afin de le soustraire du processus de révision. Il souhaite également préserver la circonscription de Saint-Maurice.

M. Beaudry ne comprend pas que la ministre régionale n'ait pas exigé de mesures législatives particulières pour protéger la représentativité de la région, elle qui siège à l'Assemblée nationale depuis plus de quinze ans.

Plus de 1400 commentaires

En une petite semaine, le Directeur général des élections a reçu 1400 courriels ou lettres en réaction au dépôt du deuxième rapport de la Commission de la représentation électorale.

De plus, il faut tenir compte d'une pétition de quelque 500 signatures de personnes qui s'objectent à la disparition de la circonscription de Sainte-Marie - Saint-Jacques, précise Alexandra Reny, porte-parole du DGÉ. Cette dernière confirme que cette proposition alimente la majorité des réactions reçues jusqu'à maintenant.

Impossible de connaître précisément combien de personnes de la région ont dénoncé les changements qui touchent la Mauricie, mais tel que prévu, les élus ont manifesté leur mécontentement. 

Dans la MRC de Mékinac, le préfet, Bernard Thompson, a envoyé une lettre au directeur général des élections, Pierre Reid, avec copie aux députés de la Mauricie, au premier ministre, aux maires de sa MRC ainsi qu'à ceux de Trois-Rivières, Shawinigan et La Tuque, de même qu'aux préfets des MRC des Chenaux et de Maskinongé. 

Il y dénonce la division de la MRC de Mékinac dans deux comtés différents. «L'appartenance électorale ne devrait jamais se dissocier de l'appartenance territoriale», nuance M. Thompson.

Du côté de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, les élus se réunissaient en séance privée lundi soir et une lettre doit être rédigée rapidement pour demander que la municipalité joigne la circonscription de Champlain, où se trouve le reste de la MRC des Chenaux.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, reconnaît que l'intégration de la ville de Shawinigan dans un même comté lui plaît. Par contre, une résolution sera adoptée en séance publique, mardi soir, pour demander la même cohérence sur l'ensemble du territoire.

«Nous souhaitons que les contours des MRC de la région soient respectés», commente M. Angers. «Mais en termes de représentativité, nous sommes toujours désolés de perdre un député.»

Après l'exercice de mardi, la Commission de la représentation électorale disposera d'un délai de dix jours pour rendre son rapport final. Les électeurs peuvent continuer à émettre leurs commentaires par courriel jusqu'à ce que la nouvelle carte soit dévoilée.

Mme Reny précise que lors de la refonte précédente en 2011, le DGÉ avait reçu 1200 commentaires durant tout le processus. Cette fois-ci, il en a compilé un millier de plus jusqu'à maintenant.

Outre l'avenir du comté de Sainte-Marie - Saint-Jacques et les enjeux soulevés en Mauricie, la suggestion de changer l'appellation de la circonscription de Crémazie pour celle de «Maurice Richard» provoque aussi beaucoup de réactions, observe Mme Reny. La CRÉ n'avait pas retenu cette proposition dans son second rapport.

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