Une amende pour des mégots jetés par terre?

Marc Hamel, propriétaire du Complexe hôtelier le 55,... (Sylvain Mayer)

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Marc Hamel, propriétaire du Complexe hôtelier le 55, en présence d'un fumeur placé à neuf mètres de l'une des nombreuses portes de l'établissement.

Sylvain Mayer

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Bécancour) «Être responsable des mégots laissés par terre par les fumeurs, ça n'a pas de bon sens. Si j'ai une amende pour ça, jamais je ne vais payer.»

La température de Marc Hamel a grimpé solidement cette semaine à la suite de la visite d'un inspecteur du ministère de la Santé chargé de faire appliquer la loi sur le tabac. Le propriétaire du Complexe hôtelier le 55 à Bécancour affirme qu'il s'expose à une amende de 500 $ en raison de la présence de mégots de cigarettes près de portes se trouvant à l'intérieur du périmètre de neuf mètres fixé par le gouvernement du Québec pour interdire la consommation de produits du tabac dans les lieux publics.

«Avec les nouvelles règles, on n'a plus le droit d'avoir des cendriers près des portes. Mais l'inspecteur a vu des mégots par terre à moins de neuf mètres (d'une porte). Il a dit que lorsqu'il va revenir, s'il revoit des mégots à moins de neuf mètres, j'ai un ticket de 500 $», lance, découragé, M. Hamel.

Ce dernier ne comprend pas comment un restaurateur et hôtelier comme lui a le devoir de surveiller le comportement de ses clients.

«Si un client arrive en auto en fumant et qu'il jette sa cigarette au sol, j'ai un ticket! Je suis comme responsable de toutes les personnes qui jettent leurs cigarettes, mais je n'ai pas le droit de mettre des cendriers près des portes. J'ai une trentaine de portes en tout. J'ai 29 chambres, dont 15 ont une porte qui donne sur l'extérieur. Si des clients sortent la nuit pour fumer près de la porte, je ne mettrai pas un gardien 24 h sur 24 pour surveiller, car on est ouvert 24 h. Je n'ai pas de gardien qui va les avertir et je n'en engagerai pas non plus. Ça n'a pas de sens d'être responsable des mégots jetés par terre par mes clients. J'ai enlevé les cendriers qui étaient à moins de neuf mètres des portes et des fenêtres ouvrables. J'en ai installé à plus de neuf mètres. Mais je n'ai pas le contrôle sur ce que les gens font. Je trouve ça ridicule comme règle.»

Marc Hamel croit que le gouvernement devrait revoir quelques règlements de sa loi sur le tabac imposés depuis novembre, question d'avoir une certaine logique dans son application.

«Chez nous, un client qui fume dans une chambre a une amende de 100 $ prélevés sur sa carte de crédit. Je suis d'accord pour empêcher les gens de fumer à moins de neuf mètres des portes. Ça prendrait des cendriers près des portes pour que les gens puissent mettre leurs mégots dedans.»

Si une amende venait qu'à lui être remise en raison de la présence de mégots de cigarettes dans la zone interdite, Marc Hamel affirme qu'il va la contester, car rien selon lui ne prouve qu'une personne a fumé dans ladite zone.

Le Nouvelliste a contacté vendredi après-midi le service des communications du ministère de la Santé. Personne n'était en mesure de répondre à nos questions avant lundi.

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