Au coeur des présidentielles françaises

Carl Charest dirigera le marketing, les communications et...

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Carl Charest dirigera le marketing, les communications et les aspects numériques de la campagne d'Alexandre Jardin.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Deux Québécois, le Trifluvien Carl Charest et son collègue Mathieu Gaudreau, de Charlevoix, sont plongés au coeur des élections présidentielles de la France. Ils sont en effet derrière les stratégies numériques de la campagne de l'écrivain Alexandre Jardin qui a été lancée officiellement mercredi, dans une librairie de Paris.

Basé en France pour toute la durée de cet exercice politique, Carl Charest dirigera le marketing, les communications et les aspects numériques tandis que Mathieu Gaudreau dirigera la campagne du célèbre auteur.

Pour leur entreprise, Letube.tv, «c'est une des plus belles cartes de visite qu'on puisse avoir» que de participer à la présidentielle française, confie M. Charest.

«Ce sont deux Québécois qui viennent prêter main-forte au plus québécois des Français», résume-t-il. «Alexandre Jardin est en effet au Québec presque toutes les années», explique-t-il. «C'est un amoureux fou du Québec.»

Carl Charest et Mathieu Gaudreau ne sont pas descendus dans l'arène des présidentielles françaises par hasard.

Les deux passionnés collectionnent en effet les campagnes électorales majeures, celle de Philippe Couillard d'abord, en 2014, «où nous étions les responsables du numérique», raconte M. Charest, puis celle de Justin Trudeau, en 2015, où ils ont été responsables de tout ce qui était du contenu numérique francophone.

«Nous aidions à la production de tout le volet francophone, des contenus et de la stratégie. On aime faire de la politique. Ça nous passionne», raconte le Trifluvien qui est tombé dans la marmite lors de sa participation au Parlement Jeunesse.

«On est venu nous chercher à chaque fois», dit-il. Le contact s'est fait par l'entremise d'amis communs qui connaissaient mon travail», raconte-t-il. «J'ai toujours aimé la politique», d'où ces affinités.

Pour la campagne de Justin Trudeau, «ils sont allés chercher ceux qui avaient eu du succès pour les autres campagnes libérales provinciales», raconte-t-il. Cette décision ne pouvait mieux tomber pour la petite boîte de stratégies numériques que possède Carl Charest depuis 2013.

Ce dernier est devenu accro du numérique il y a 20 ans, avec l'avènement d'Internet. Dès que la chance s'est pointée, il s'est aussi glissé dans le milieu du journalisme, sur les traces de son père, Paul Charest. C'est dans les médias numériques qu'il fera toutefois sa marque.

On pourrait croire qu'il y a tout un pas à franchir entre travailler pour les élections québécoises, puis canadiennes et travailler pour un candidat aux présidentielles de la France. Carl Charest, lui, assure que non.

C'est que les liens entre Alexandre Jardin et Carl Charest remontent à quelques lunes. Alors qu'il n'avait que 16 ans et dévorait tous les écrits du célèbre auteur, le Trifluvien a eu l'occasion de rencontrer Alexandre Jardin en personne, au Québec, au moment où ce dernier donnait une conférence. Évidemment, il avait des questions on ne peut plus judicieuses à lui poser, questions qui lui ont alors valu le commentaire suivant de son idole: «Vous devriez être journaliste.»

Ce commentaire «m'a marqué», confie-t-il. «J'y pense encore aujourd'hui.»

Carl Charest n'est pas seulement attiré par le côté politique du travail qu'il fera tout au long de la campagne. «Alexandre Jardin, j'y crois. C'est un homme excessivement bon et vrai», dit-il.

«Quand on a appris qu'Alexandre se lançait, on était à Paris pour un autre projet. On venait rencontrer des investisseurs et des clients potentiels en Europe. De fil en aiguille, on s'est trouvé à souper avec Alexandre et il commencé à nous présenter son projet», raconte M. Charest. C'est alors que le candidat aux présidentielles françaises a fait part de ses besoins en communication.

«Après de longues heures, on s'est rendu compte qu'il avait besoin de plus que de la communication, mais aussi d'une équipe. Donc, il a besoin qu'on amène notre expertise et notre expérience nord-américaine», résume M. Charest.

En janvier, une entente est intervenue. Le lancement d'un nouveau livre de l'auteur, Révoltons-nous, mercredi, a marqué le lancement de sa campagne qui sera faite à la sauce nord-américaine, indique M. Charest.

«La communication et l'apport des citoyens sont excessivement importants. Notre campagne est sur un Wiki et les citoyens peuvent venir donner leur appui et leurs idées», illustre-t-il. Il s'agit en fait d'un site élaboré sur le modèle de Wikipédia et baptisé Wikicitoyen.

Déjà, M. Charest sent que «ça séduit les Français».

«C'est la méthode Justin Trudeau et la méthode Barack Obama qu'on est en train d'importer en France», résume-t-il.

Pour les entrevues, pas question de s'installer dans un parc huppé. «On va se promener dans Pigalle», dit-il, histoire de se rapprocher des gens et de leurs préoccupations.

Les élections se dérouleront en trois étapes, la première consistant à recueillir la signature de 500 maires qui vont appuyer la campagne de M. Jardin.

Carl Charest s'attend à de nombreuses nuits blanches, au cours des prochaines semaines, mais l'expérience sera de toute évidence inestimable pour lui et son entreprise, tant sur le plan des affaires que sur le plan humain.

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