Recensement de la population canadienne: déplacement d'est en ouest

Du côté de Trois-Rivières, la population a augmenté... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Du côté de Trois-Rivières, la population a augmenté de 2,3 % en 2016, passant de 131 338 à 134 413.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

La population du Québec a franchi pour la première fois le cap des huit millions d'habitants, mais le poids démographique de la province au sein du Canada continue de reculer au fur et à mesure que la population se déplace vers l'ouest, selon les chiffres de Statistique Canada.

Au jour du recensement, le 10 mai 2016, le Québec comptait 8 164 361 habitants parmi les 35 151 728 du Canada. La population de la province a augmenté au cours de la période couverte par l'enquête, mais à un taux de croissance moindre que celui du reste du pays.

Entre 2011 et 2016, la population du Québec a ainsi enregistré une croissance de 3,3 pour cent, ce qui est inférieur à la moyenne nationale de 5 pour cent - et surtout, nettement en deçà de celui que revendiquent les trois provinces des Prairies.

Portrait régional

Le portrait régional a également évolué depuis 2011. Du côté de Trois-Rivières, la population a augmenté de 2,3 % en 2016, passant de 131 338 à 134 413.

La ville de Shawinigan a quant à elle connu une baisse démographique. Sa population est passée de 50 060 à 49 349, ce qui représente une diminution de 1,4 %.

Tout comme à Trois-Rivières, la population de Bécancour a augmenté entre 2011 et 2016. De 12 428 en 2011, le nombre de citoyens de cette localité du Centre-du-Québec est passé à 13 031, ce qui représente une hausse de 4,8 %.

La population a aussi suivi en tendance positive à Nicolet (de 7828 à 8169, + 4,4 %). Elle a cependant diminué à Louiseville (de 7517 à 7152, - 4,9 %) ainsi qu'à La Tuque (de 11 227 à 11 001, - 2 %).

L'Ouest en hausse

Pour la première fois depuis qu'elles ont joint la Confédération, l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba ont affiché les croissances les plus élevées parmi les provinces canadiennes (11,6, 6,3 et 5,8 pour cent, respectivement), suivies de près par la Colombie-Britannique (5,6 pour cent).

«On remarque une forte croissance des trois provinces des Prairies. Il y a maintenant environ un Canadien sur trois qui vit dans l'Ouest», souligne en entrevue Johanne Denis, porte-parole de Statistique Canada.

En Alberta, où la bulle pétrolière des dernières années s'est brusquement dégonflée, «les causes de cette grande croissance ont été une immigration forte et une forte migration interne des gens qui partent d'autres provinces et qui vont s'établir là», précise-t-elle.

Il est difficile de dire si la ruée vers l'ouest se poursuivra si le prix du baril ne remonte pas.

Mais chose certaine, entre 2011 et 2016, ce nouveau paradigme a accentué le déclin du poids démographique du Québec. En 1966, plus du quart de la population (28,9 pour cent) résidait au Québec. Quarante ans plus tard, cette proportion est passée à 23,2 pour cent.

«La croissance du Québec est plus basse que la croissance nationale, et ce qu'on voit, c'est que la migration interne est plus faible, note Mme Denis. Il y a moins de personnes qui viennent s'établir au Québec que dans les provinces de l'Ouest.»

La population québécoise continue malgré tout de croître, ce qui n'est pas le cas de celle du Nouveau-Brunswick, seule province à afficher un déficit démographique. Entre 2011 et 2016, la population y a fléchi de 0,5 pour cent.

«Le changement observé dans le taux de croissance est lié à des pertes plus importantes au chapitre des migrations interprovinciales; des gens qui partent du Nouveau-Brunswick et vont s'établir ailleurs au Canada», explique la porte-parole de l'agence fédérale.

C'est le Nunavut qui remporte la palme de la plus forte croissance. Grâce à un taux de fécondité largement supérieur à la moyenne (2,9 enfants par femme comparativement à 1,6 à l'échelle nationale), le territoire créé en 1999 peut se targuer de compter (légèrement) plus d'habitants que le Yukon en 2016.

Montréal, pour la première fois au recensement, dépasse la barre des quatre millions d'habitants.

La moitié de la population du Québec (4 098 927) s'agglutine dans la métropole et ses banlieues. Le taux de croissance de la population dans cette région, qui atteint 4,2 pour cent, est supérieur de 0,9 pour cent à la moyenne québécoise.

Mais dans la région montréalaise comme ailleurs au pays, l'immigration joue aussi dans la balance.

«Les deux tiers de la croissance de la population sont dûs à l'immigration, et on sait que les immigrants vont plus s'établir dans les grands centres», fait remarquer Johanne Denis. L'immigration «contribue beaucoup» à l'urbanisation grandissante du Canada, signale-t-elle.

Au cours des prochains mois, Statistique Canada révélera une série d'autres trouvailles concernant l'âge, la scolarité, l'immigration ou encore la langue, entre autres indicateurs, qui permettront de brosser un portrait de la société canadienne.

Avec Mathieu Lamothe

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