«Nous sommes tous frères et soeurs»

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Le porte-parole du Centre culturel islamique de la Mauricie, Malik Hammadouche, a participé au rassemblement qui a eu lieu à la chapelle historique du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

François Gervais, Le Nouvelliste

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«Qui a choisi la couleur de sa peau, son lieu de naissance? Sinon, vous n'avez pas le droit d'être racistes. Vous auriez pu naître en Éthiopie, en Russie. Nous sommes tous frères et soeurs. Des semeurs de peur, basés sur la haine, il y en aura encore. Ne permettez pas cela!»

Alona Lenkyna a tenu à écrire un mot... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Alona Lenkyna a tenu à écrire un mot d'encouragement durant l'activité «Café de la solidarité».

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

L'allocution de Malik Hammadouche, représentant de la communauté musulmane, a été accueillie par des applaudissements nourris de la part de quelque 200 étudiants du Cégep de Trois-Rivières à l'occasion du «Café de la solidarité» tenu jeudi midi à la cafétéria de l'établissement.

Cette activité organisée par la direction avait l'objectif de transmettre une bonne dose de solidarité à la communauté musulmane, durement touchée depuis dimanche alors qu'une fusillade dans une mosquée de Québec a fait six morts.

La direction du Cégep a invité ses étudiants à écrire des messages de paix et à offrir leurs condoléances aux familles éprouvées par l'attentat de dimanche. Six lampions avaient été allumés en souvenir des personnes ayant péri sous les balles.

M. Hammadouche a été invité à assister à cette activité. Visiblement touché par le geste du Cégep de Trois-Rivières, il affirmait que la solidarité manifestée depuis dimanche est l'élément positif à tirer de ce drame.

«Les gens tendent la main à la communauté musulmane. C'est inespéré. Le message à tirer est de dire à la communauté de prendre sa place. Prenez-la sans peur, c'est la peur qui fait que les gens se referment.»

Une telle activité, si simple soit-elle, devait être tenue au cégep trifluvien, croit Réjean Paquet.

«Comme citoyen du Québec, on se devait de manifester notre solidarité. Les valeurs d'ouverture, de respect, d'accueil et de solidarité font partie des valeurs qu'on se doit d'inculquer à nos étudiants», estime le directeur des affaires étudiantes et communautaires.

Le directeur général de l'établissement, Louis Gendron, a lui aussi insisté sur ces valeurs lorsqu'il s'est brièvement adressé aux étudiants.

«On est touché par cet événement et on prend un moment pour faire un geste de solidarité», a dit M. Gendron.

Un moment de silence a fait place au brouhaha habituel d'une cafétéria à l'heure du dîner. Avant ce moment de silence, Alona Lenkyna a tenu à écrire quelques mots en soutien à la communauté musulmane. Cette Ukrainienne d'origine est arrivée à Trois-Rivières il y a un an avec son époux et ses deux enfants. Inscrite au programme de francisation du Cégep de Trois-Rivières, elle a été touchée par l'attentat commis dimanche.

«Je veux que les enfants de n'importe quelle nationalité vivent dans la paix et pas dans la peur», a-t-elle raconté dans un français très respectable.

Son enseignante, Anne-Marie Dubé, a écrit une citation de la psychanalyste française Françoise Dorlo qui aborde notamment l'épanouissement des êtres humains dans le respect des différences. «J'ai trouvé l'attentat épouvantable parce que c'est de la violence. On n'a pas le droit d'enlever une vie humaine.»

Le livre des condoléances sera acheminé aux responsables du Centre culturel islamique de Québec. Une collecte de dons a été lancée et prendra fin vendredi à 16 h 30.

Une bougie pour la paix au sanctuaire

Plus tard en soirée, près d'une centaine de personnes se sont rendues à la chapelle historique du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap afin de se recueillir et de réfléchir aux atrocités qui sont récemment survenues à Québec.

Chaque personne présente a été invitée à allumer une bougie, d'où l'appellation «Une bougie pour la paix», qui avait été donnée à ce rassemblement. C'est d'ailleurs le 2 février qu'est célébrée la fête de la lumière dans la religion catholique.

Même s'il ne s'agissait pas d'une célébration formelle, quatre personnes ont tout de même pris la parole pendant ce moment de partage et de solidarité dont le recteur du sanctuaire, le père Pierre-Olivier Tremblay. 

«Tous ce soir, nous sommes des frères et des soeurs», a-t-il affirmé d'entrée de jeu, faisant vraisemblablement référence au fait que catholiques et musulmans se devaient d'être solidaires dans cette épreuve.

Tout comme plus tôt au Cégep, le porte-parole du Centre culturel islamique de la Mauricie, Malik Hammadouche, a profité de l'occasion pour remercier la population pour son soutien dans ces moments difficiles. Il s'est aussi dit touché que l'Église catholique décide de tenir de tels événements. Un autre rassemblement conjoint est d'ailleurs prévu pour dimanche soir prochain.

«Les religions sont comme des lanternes de différentes couleurs. Elles n'éclairent pas parce qu'elles sont d'une couleur ou d'une autre, mais parce qu'elles sont lumineuses», a-t-il déclaré.

Étudiant à l'UQTR et faisant partie de ceux qui ont rapidement organisé la vigile qui s'est déroulée sur le campus trifluvien en fin de journée lundi, le Camerounais Alexandre Nana s'est également exprimé. Il a été suivi par une représentante du diocèse de Trois-Rivières, Mélanie Charron.

Le conseiller municipal du district Marie-de-l'Incarnation et candidat annoncé à la mairie de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, était notamment présent.

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