Décret Trump: le gouvernement Trudeau marche sur des oeufs

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Samedi, Justin Trudeau a clairement indiqué que le Canada n'imiterait pas les États-Unis en fermant ses frontières.

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Lina Dib
La Presse Canadienne

Après un premier tweet remarqué à travers la planète, le gouvernement de Justin Trudeau se montre très prudent face à la décision de Donald Trump d'interdire l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Le premier ministre s'en était remis à Twitter, samedi, pour annoncer que le Canada est ouvert aux réfugiés, mais sans critiquer directement le président américain.

«À ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre, sachez que le Canada vous accueillera indépendamment de votre foi. La diversité fait notre force. #BienvenueAuCanada», avait lancé M. Trudeau. Depuis, le gouvernement libéral à Ottawa s'est surtout employé à éclaircir l'impact du décret sur les citoyens canadiens.

Pour ce qui est de condamner directement le geste du président américain, geste qui motive d'innombrables manifestations à travers les villes et les aéroports des États-Unis, M. Trudeau, ses ministres et députés font preuve de grande prudence. Le premier intéressé, le premier ministre, a refusé, à sa sortie des Communes, de répondre aux questions des journalistes sur le décret américain. Ses troupes, elles, marchaient sur des oeufs.

Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères chargé des affaires consulaires, Omar Alghabra, d'origine syrienne, n'a pas voulu dire ce que l'interdiction du président Trump lui inspirait comme réaction personnelle.

«Je ne la définirais pas comme timide», a dit M. Alghabra à propos de la réaction de son gouvernement, soulignant la façon dont lui et ses collègues parlent «de nos valeurs», ce qui suffirait.

Pourquoi tant de subtilité? «Nous avons une responsabilité, au nom des Canadiens, de travailler de façon constructive avec l'administration américaine», a-t-il répondu.

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, a mis des gants blancs avant de finalement admettre que la décision de M. Trump posait un problème moral.

«Quand il s'agit de l'ALÉNA, quand il s'agit de questions qui touchent la communauté des affaires, nous réagirons de manière sophistiquée, réfléchie. Mais nous allons rester fidèles à nos valeurs», a-t-il fini par dire, délaissant son discours sur le commerce pour quelques instants.

Débat d'urgence mardi

L'opposition néo-démocrate réclame un discours plus critique et plus direct envers M. Trump. Et elle veut que la critique vienne de la bouche du premier ministre lui-même. Qualifiant le décret du président d'»ignoble» et de «dégoûtant», le député Alexandre Boulerice a interpellé M. Trudeau.

«Ça prend une critique claire pour dire que nous, on se tient debout. On n'accepte pas ce genre de mesures et on les dénonce. M. Trudeau ne serait pas le seul à le faire. M. Hollande l'a fait. Mme Merkel l'a fait. Mme May au Royaume-Uni l'a fait également», a insisté le député Boulerice.

Chez les bloquistes, on n'est pas, non plus, satisfait de la réaction de M. Trudeau au décret américain. «Trop tiède», a jugé le chef par intérim du Bloc québécois, Rhéal Fortin.

Le ministre de la Défense se fait rassurant

Le ministre de la Défense ne croit pas que les militaires canadiens qui combattent les djihadistes en Irak soient plus à risque maintenant que le président américain a mécontenté les musulmans en décidant de restreindre l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans.

Harjit Sajjan a expliqué lundi aux journalistes à Ottawa que la coalition est dirigée par les Américains, qui sont donc bien placés pour mesurer l'impact de cette décision sur les militaires en mission au Moyen-Orient.

Le ministre a rappelé que l'Irak demeure toujours un pays dangereux, même si des progrès importants sont réalisés contre Daech (le groupe armé État islamique). Plus de 200 militaires canadiens se trouvent actuellement en Irak, où ils appuient les forces kurdes dans leur lutte contre Daech.

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