Attentat dans une mosquée: le discours de Donald Trump pointé du doigt

Malik Hammadouche... (François Gervais)

Agrandir

Malik Hammadouche

François Gervais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «C'est un encouragement à tous les extrémistes. C'est un manque d'ouverture. C'est jouer avec la peur des gens. Je suis convaincu que ce décret a légitimé les actions de ces fous-là qui veulent terroriser les gens.»

Philippe Bégin Garti... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Philippe Bégin Garti

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Malik Hamadouche se dit consterné et horrifié devant l'attentat meurtrier perpétré dimanche dans une mosquée de Québec.

Le porte-parole du Centre culturel islamique de la Mauricie croit toutefois qu'un certain discours ambiant et le comportement du président Donald Trump, qui vient d'adopter un décret sur la fermeture des frontières américaines à certains réfugiés et étrangers, ne sont justement pas étrangers aux comportements de personnes racistes.

«On est surpris que ça arrive au Québec. Mais depuis quelques années, avec la charte des valeurs, tout ce qui se passe avec l'État islamique, tous ces événements ont pesé sur la communauté. Les discours de Trump donnent une certaine légitimité à des gens qui sont extrémistes. J'ai peur de ce qui est en train de se mettre en place. Le problème est qu'il y a des gens ignorants, vulnérables, dont on alimente les peurs. Nul n'est à l'abri, qu'on soit musulman, chrétien, juif ou non croyant.»

Cette analyse du discours du président Trump est tout à l'opposé du regard posé par Malik Hammadouche sur les relations entretenues avec ses concitoyens mauriciens. Selon lui, la mosquée du boulevard des Forges n'est l'objet d'aucun acte de vandalisme et les fidèles ne se sentent pas du tout menacés. 

«Nous sommes dans une région du Québec où la cohabitation est excellente. Je suis ici depuis 32 ans et je ne me considère pas autre que Québécois. Je me sens en sécurité à Trois-Rivières. La communauté musulmane est parfaitement intégrée à la population, elle se considère québécoise», raconte M. Hammadouche, heureux de la réaction des dirigeants politiques et de la solidarité manifestée par les citoyens.

À l'instar de M. Hammadouche, Philippe Bégin Garti éprouve une profonde sympathie pour les personnes ayant été touchées par cette tragédie. Selon le président du Centre culturel musulman de Shawinigan, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de cet attentat.

«On ne sait pas trop ce qui s'est passé. Mais aucun événement ne laissait présager cela.»

M. Bégin Garti affirme lui aussi que la cohabitation avec les autres citoyens de Shawinigan se déroule dans l'harmonie. «Ça se fait très bien. Nous n'avons pas eu de menace chez nous récemment. Il y a eu quelques tracts distribués dans le quartier. Ça ne m'empêche pas d'aller à la mosquée. Je ne me sens pas menacé.»

M. Bégin Garti ne connaît pas les membres de la communauté musulmane de Québec. Il réfléchit à l'idée d'envoyer une délégation shawiniganaise aux funérailles des gens ayant perdu la vie dans cet attentat.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer