Préposés aux bénéficiaires: une étude qui sonne l'alarme

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Le chercheur Pascal R. Doyon, le président du syndicat Rosaire Hamelin ainsi que le professeur de l'UQTR Ghislain Parent ont présenté les conclusions de cette étude menée auprès de préposés aux bénéficiaires de la région.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Du matériel brisé ou désuet, des bénéficiaires en trop grand nombre pour les ressources, des préposés qui se présentent au travail en étant eux-même dans un état de détresse psychologique: voilà quelques-uns des constats qui ressortent d'une étude menée par le chercheur et représentant syndical Pascal R. Doyon, auprès de 405 préposés aux bénéficiaires en Mauricie et au Centre-du-Québec.

L'étude, menée en collaboration avec le professeur de l'UQTR Ghislain Parent, visait d'abord à valider certaines présomptions soutenues par le Syndicat québécois des employées et employés de service (FTQ), en lien avec les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires.

Au total, 976 questionnaires ont été distribués dans le réseau de la région, et un peu plus de 40 % des préposés aux bénéficiaires visés par l'étude ont accepté de répondre au sondage. 

«Ça démontre clairement que les préposés ont trouvé, par le biais de cette étude, un outil pour crier au secours et espérer être entendus», croit le professeur Parent.

Parmi les faits saillants de l'étude, on note que 93 % des préposés aux bénéficiaires considèrent qu'en tenant compte des soins de base à donner, ils doivent s'occuper de trop de patients à la fois. Par ailleurs, 54 % des répondants estiment avoir déjà laissé des patients dans un manque de sécurité.

Un préposé aux bénéficiaires sur deux mentionne que si c'était à refaire, il choisirait une autre profession, et 56 % d'entre eux ne recommanderaient pas à des jeunes de choisir cette carrière. De plus, un peu plus de 20 % des répondants ont indiqué présenter un taux d'épuisement élevé.

«En clair, on constate que des personnes malades prennent actuellement soin de nos malades. On ne donne pas aux employés les moyens, les ressources, les outils pour bien faire leur travail», constate le chercheur Pascal R. Doyon.

Le président du syndicat, Rosaire Hamelin, croit pour sa part que l'étude vient d'allumer une sérieuse lumière rouge quant aux actions qui doivent être prises le plus rapidement possible pour que la situation s'améliore.

«On veut s'asseoir avec le ministère, trouver avec eux des solutions. On veut agir en collaboration avec eux, mais il est temps qu'on agisse. Plusieurs de nos membres se retrouvent dans un état de détresse, l'élastique est sur le point de lâcher», fait-il savoir.

Du côté du CIUSSS-MCQ, on dit être très sensible à la réalité des préposés aux bénéficiaires, et être déjà en mode action pour remédier à la situation.

«Ça nous préoccupe depuis plusieurs mois, et nous travaillons déjà sur différents thèmes. Cette étude, bien qu'elle représente 400 de nos 2500 préposés, vient nous donner un outil supplémentaire», constate Louis Brunelle, directeur des ressources humaines, communications et affaires juridiques au CIUSSS. 

Parmi les pistes de solutions, on note différentes stratégies pour valoriser la profession, étant donné qu'il y a présentement pénurie de main-d'oeuvre. Des ententes avec les maisons d'enseignement sont prises pour des propositions d'embauche avant même le début de la formation.

On planche aussi sur un programme accéléré de formation à l'interne. Ces outils ont d'ailleurs déjà été présentés au syndicat, indique M. Brunelle, qui se dit tout à fait ouvert à travailler en collaboration avec le syndicat pour améliorer la situation.

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