Louiseville, capitale du cannabis thérapeutique?

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, accueillera avec... (François Gervais)

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Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, accueillera avec joie l'ouverture d'une boutique de cannabis thérapeutique, à condition que ce type de commerce soit légal.

François Gervais

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Depuis le temps qu'Yvon Deshaies veut que Louiseville reprenne son titre de ville hôtesse de la Mauricie, sa ville est peut-être en bonne position pour accéder au rang de... capitale du cannabis thérapeutique.

Après la nouvelle, en mai, confirmant l'intérêt de promoteurs désirant lancer la production de cannabis thérapeutique à Louiseville, voilà que l'hôtel de ville se fait courtiser par des promoteurs de la Colombie-Britannique qui veulent y ouvrir un commerce de vente de ce produit.

Cette compagnie, qui requiert l'anonymat pour le moment, mène des discussions avec le maire Deshaies depuis le mois de décembre. Selon ce dernier, ces promoteurs ont été attirés en lisant un article du Nouvelliste, paru en mars dernier, portant sur son ouverture envers les retombées économiques du cannabis thérapeutique.

«Un monsieur qui travaille pour une compagnie qui a des magasins légaux à Vancouver m'a appelé avant les Fêtes. Ces gens veulent ouvrir un magasin de vente de cannabis thérapeutique à Louiseville. Ils appellent ça un dispensaire. On a des locaux qui sont libres au centre-ville. Ça pourrait augmenter l'achalandage: si on a 300 chars de plus au centre-ville, tu cours des chances de vendre de l'essence et trois ou quatre pizzas de plus», confirme le maire Deshaies.

Deux autres discussions téléphoniques ont eu lieu au cours de la semaine qui s'achève. Le projet est encore embryonnaire, mais il suscite suffisamment l'intérêt d'Yvon Deshaies pour que ce dernier mette en branle tout un processus de vérification concernant les règlements d'urbanisme de la Ville et aussi l'aspect légal d'un tel commerce.

«Je ne veux pas faire ça clandestinement. Il faut être prudent. Si le projet n'est pas légal, c'est non. Mais si ça respecte les lois, je suis ouvert à 100 %. S'ils ont la réglementation pour ouvrir ce genre de commerce en Colombie-Britannique, pourquoi on n'aurait pas la même chose au Québec? C'est du cannabis thérapeutique. Les gens vont bien chercher leurs pilules dans une pharmacie. Pourquoi ils ne pourraient pas le faire pour du cannabis thérapeutique? On va préparer nos affaires et il y a des chances que ça aboutisse en 2017.»

Selon les affirmations du maire de Louiseville, l'administration municipale va mettre les efforts nécessaires afin d'avoir les réponses à ses questions dans les meilleurs délais. Il s'est d'ailleurs entendu avec les promoteurs de la Colombie-Britannique pour recevoir bientôt la réglementation de la Ville de Vancouver en matière de boutiques de cannabis thérapeutique, un commerce assez florissant dans cette ville de la côte ouest.

«Quand on est prêt, les gens de Vancouver s'en viennent. L'ouverture du magasin pourrait se faire en dedans d'une semaine.»

Les dispensaires de Vancouver vendent le cannabis sous différentes formes. Outre le joint préroulé, les détenteurs d'une prescription pour du cannabis thérapeutique peuvent prendre leur médication notamment en capsules ou en gouttes à déposer sous la langue.

Un commerce du même type a ouvert ses portes à Québec, l'automne dernier. Déjà installée à Montréal, la boutique la Croix Verte est un dispensaire de marijuana thérapeutique. 

Cet endroit fonctionne avec des infirmières. Une personne qui désire se procurer du cannabis thérapeutique doit fournir une ordonnance ou un dossier médical complet.

Ses propriétaires affirment être en mesure d'exploiter ce commerce en raison d'une zone grise dans la loi encadrant le produit. La volonté du gouvernement fédéral de modifier la loi concernant la consommation de cannabis crée un certain flou. Dans une entrevue accordée au journal Le Soleil en octobre dernier, un porte-parole de la Croix Verte mentionnait n'avoir jamais eu de problème avec la police. 

Santé Canada précise toutefois que les comptoirs de services, appelés dispensaires, ne sont pas autorisés à vendre du cannabis à des fins médicales ou autres. Selon les informations disponibles sur son site Internet, l'approvisionnement doit se faire auprès d'un producteur autorisé. Une personne peut aussi cultiver de la marijuana pour ses besoins thérapeutiques, à condition d'être inscrite au programme de Santé Canada. 

L'application de cette réglementation ne relève toutefois pas de Santé Canada, mais bien des corps policiers. À ce sujet, la Sûreté du Québec souligne que si un cas semblable se présente sur son territoire, le corps policier va analyser le tout et vérifier s'il y a une infraction commise.

«Le cas échéant, on va appliquer la loi», déclare le sergent Claude Denis, en précisant que la SQ fait respecter la loi existante et non pas des projets de loi.

Toujours en cours

Depuis le printemps dernier, des promoteurs préparent un projet de production de pot thérapeutique dans une usine qui serait construite dans le parc industriel régional de la MRC de Maskinongé, à Louiseville. 

Le dossier été soumis à Santé Canada et est en cours d'analyse.

Trois-Rivières a aussi des promoteurs intéressés à lancer une production de cannabis thérapeutique. Selon les informations fournies par Innovation et Développement économique Trois-Rivières, le dossier de Déméter Organi-K est toujours à l'étude.




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