En attente d'une greffe, elle est congédiée

Nathalie Dubois peut compter sur l'appui du conseiller... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Nathalie Dubois peut compter sur l'appui du conseiller syndical de la FTQ Luc Charpentier (à gauche) et du président de la section locale du Syndicat des employés et des employées de service de la FTQ, Rosaire Hamelin, (à droite) dans sa bataille.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Ayant dû composer avec d'importants problèmes de santé au cours des dernières années et présentement en attente d'une double greffe rein et pancréas, Nathalie Dubois, a été congédiée de son emploi de préposée aux bénéficiaires car elle est en congé de maladie depuis trop longtemps au sens de sa convention collective.

Cette dernière a reçu une lettre au mois d'octobre dernier dans laquelle le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ) l'informait qu'elle n'avait dorénavant plus d'emploi.

Cette nouvelle a eu l'effet d'une claque en plein visage pour celle qui doit prochainement recevoir sa double greffe et qui s'astreint à des traitements de dialyse trois fois par semaine en attendant.

«J'aimais beaucoup mon travail. Quand ils m'appelaient pour rentrer travailler, j'acceptais toujours. Ce n'est pas parce que c'est écrit dans les livres que tu dois absolument le faire. Je me sens comme un numéro. On a des numéros d'employé, mais je crois que pour eux, le 5343 vient de prendre le bord», confie la dame de 41 ans.

Après avoir travaillé à temps partiel entre les premiers traitements qu'elle a subis, Mme Dubois a eu une greffe en 2013. Son corps a malheureusement rejeté les organes et elle doit maintenant attendre qu'un autre donneur compatible se manifeste.

Elle est de retour sur la liste d'attente depuis mars 2016 et le temps d'attente est généralement de 18 mois.

Et comme si ce n'était pas assez, elle a été opérée à coeur ouvert à deux reprises afin de traiter une infection. Sous recommandation de son médecin, elle n'a jamais été en mesure de reprendre le travail depuis car elle est trop sensible aux infections.

«C'est très difficile. Je m'informe souvent pour savoir comment ça va au travail auprès de mes collègues», poursuit-elle.

Selon le contrat de travail auquel sont assujettis les préposés aux bénéficiaires, l'employeur peut résilier le lien d'emploi après un congé de maladie de 36 mois. Mme Dubois continue donc à toucher des prestations d'assurance salaire, mais se retrouve sans couverture pour ce qui est des médicaments et des soins de santé et doit se rabattre sur le régime public.

Le Syndicat des employés et des employées de service de la FTQ considère que la décision de la direction du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec est carrément aberrante, voire inhumaine.

Le conseiller syndical Luc Charpentier précise que son organisation se battra aussi longtemps qu'il le faudra afin que Mme Dubois retrouve son emploi ainsi que tous les avantages et l'ancienneté qu'elle avait accumulée. Un grief a d'ailleurs été déposé dans ce dossier.

«Tout ce qu'on attend, c'est qu'elle reçoive une nouvelle transplantation. De plus, elle est prioritaire sur la liste. Mais l'employeur n'a rien voulu savoir. Depuis qu'il y a eu la fusion [celle du CIUSSS], c'est tellement rendu gros à gérer, qu'il n'y a plus d'humanité dans les relations de travail [avec la haute direction]. 

La relation est maintenant extrêmement froide», déplore M. Charpentier.

La direction du CIUSSS-MCQ se dit quant à elle très attristée de devoir appliquer cette disposition de la convention collective dans le cas de Mme Dubois.

Le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CIUSSS-MCQ, Louis Brunelle, tient à préciser que l'ancienne employée de son organisation continue de recevoir des prestations provenant du régime d'assurance collective auquel elle souscrivait, qui représentent 70 % de son salaire. 

Il en sera de même jusqu'à son retour sur le marché du travail, sa retraite, ou lorsqu'elle atteindra l'âge de 65 ans.

«Nous avions l'obligation d'accommoder la personne, soit de regarder si elle peut effectuer un autre travail, avant de mettre un terme au lien d'emploi. Dans le cas actuel on l'a fait, car nous voulons garder nos gens, mais la dame ne pouvait pas occuper un autre emploi dans notre organisation», explique M. Brunelle.

Ce dernier tient également à mentionner que la dame a déjà été rencontrée à ce sujet et qu'elle allait l'être à nouveau.

«On va lui expliquer à nouveau le dossier. Et si elle redevient apte à travailler, nous serons ouverts à la réembaucher», précise-t-il.

Du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux, on indique qu'une intervention a été faite récemment afin que le CIUSSS rencontre la préposée et discute avec elle de la situation, ce qui a probablement motivé la direction régionale de s'asseoir avec Mme Dubois à nouveau. Cette rencontre devrait d'ailleurs avoir lieu jeudi.

«Ça sera le tout pour le tout», laisse tomber Mme Dubois.

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