Palais de justice de La Tuque: une rencontre en début d'année

Les détenus, les juges, les avocats, les témoins... (Photo: Audrey Tremblay)

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Les détenus, les juges, les avocats, les témoins et le public empruntent tous le même escalier dans le carrefour La Tuque pour se rendre au palais de justice au 1er étage.

Photo: Audrey Tremblay

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Les avocats dénoncent ouvertement le manque de sécurité et de confidentialité du palais de justice de La Tuque depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. La situation pourrait changer. 
Le Nouvelliste a appris qu'une rencontre devrait avoir lieu en janvier avec la communauté juridique en vue de la préparation des plans finaux.

Le ministère de la Justice tente actuellement de planifier cette rencontre afin de présenter le scénario d'aménagement et de recueillir les commentaires des membres de la communauté juridique.

«Cette rencontre permettra, par la suite, la préparation des plans finaux», a confirmé Paul-Jean Charest, conseiller en communication au ministère de la Justice.

Il faut dire que depuis le début de l'automne, le bâtonnier de la Mauricie, Me Simon Ricard, met de la pression pour la tenue de ces travaux. Il avait vivement dénoncé la situation lors de la rentrée judiciaire en septembre dernier. Il a également envoyé une lettre à la ministre de la Justice Stéphanie Vallée en octobre. Lettre dans laquelle il insiste sur l'urgence d'agir. «Le Barreau du Québec et le Barreau de la Mauricie unissent leur voix pour vous rappeler l'importance d'effectuer rapidement des travaux de rénovation au palais de justice de La Tuque», a-t-il écrit.

Dans sa lettre, Me Ricard dénonce la situation du palais de justice de La Tuque qui «ne rencontre plus les exigences minimales de sécurité et de confidentialité».

Il expose à la ministre plusieurs exemples, notamment que les avocats, juges, témoins et accusés circulent par les mêmes corridors et escaliers. Puis il insiste sur le quartier cellulaire.

«Mais il y a bien pire, le secteur du bloc cellulaire présente des risques importants pour la sécurité des détenus, des agents correctionnels, des juges et des avocats», peut-on lire.

«En effet, il n'existe aucun «parloir», les avocats doivent rencontrer leur client tantôt dans une salle de toilette, tantôt au milieu d'autres détenus dans une salle commune. Actuellement, il est impossible d'assurer des communications confidentielles à nos clients dans de telles circonstances», poursuit-il dans sa lettre.

Ces problèmes de confidentialité vont plus loin encore selon le bâtonnier de la Mauricie. Le secteur réservé à la magistrature (à quelques pieds du bloc cellulaire) serait bien mal insonorisé.

Me Simon Ricard a également exposé à la ministre de la Justice que les audiences de la Cour doivent être suspendues de temps à autre en raison de détenus turbulents dans le bloc cellulaire adjacent à la salle d'audience. «Madame la ministre, pouvons-nous compter sur vous pour que vos collègues du Conseil du Trésor, du ministère de la Sécurité publique ainsi que les dirigeants de la Société québécoise d'immobilisations fassiez du projet de rénovation du palais de justice de La Tuque une réelle priorité?», a-t-il demandé à la ministre.

L'an dernier, l'avocate Mélanie Ricard avait accepté de parler ouvertement de la situation avec 

Le Nouvelliste. Celle qui pratique à La Tuque depuis sept ans avait témoigné de certaines rencontres avec ses clients. «On est assis là avec eux autres dans la cellule. Si on a des documents à faire signer, on fait ça sur nos genoux assis à côté du détenu», avait alors raconté l'avocate.

«Je me suis déjà retrouvée dans une cellule avec un client agressif qui cognait dans les murs, des clients en psychose également. Je me souviens d'un client qui se mettait la tête dans les toilettes pour se mouiller les cheveux et qui me dégouttait littéralement dessus aussi», avait-elle également confié.

Tout comme le bâtonnier de la Mauricie, elle espère que ces travaux sont une priorité parce qu'ils sont urgents. Me Mélanie Ricard reste quand même un peu sceptique.

«Je suis très heureuse du travail fait par notre bâtonnier afin de dénoncer la situation et de demander des correctifs, toutefois ce que je constate c'est qu'au niveau des décideurs on est encore à l'étape des intentions et non de l'action. J'attendrai donc qu'on annonce quelque chose de concret avant de me réjouir....», a-t-elle commenté.

Au cabinet de la ministre de la Justice, on a confirmé que le projet était inscrit au Plan québécois des infrastructures 2016-2026 dans la catégorie des projets en planifications pour un coût approximatif de 1,3 M $. Les améliorations concernent principalement les enjeux de sécurité et les manques d'espace.

«Les installations du palais de justice La Tuque ne répondent plus aux besoins de la communauté. [...] Notre gouvernement a entrepris des études impliquant le ministère de la Sécurité publique, le ministère de la Justice et la communauté juridique locale afin d'établir les priorités et d'offrir de meilleurs services à la population», nous a fait savoir Isabelle Marier St-Onge, attachée de presse au cabinet de la ministre de la Justice.

Cette dernière a aussi souligné que Julie Boulet, ministre de la région et députée de Laviolette, «appuie ce projet et un suivi est fait de près quant aux développements de ce dossier».

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