De l'aide à travers la tempête

Nancy Houle et Jonathan Bisson ainsi que leurs... (François Gervais)

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Nancy Houle et Jonathan Bisson ainsi que leurs fils, Jacob et Loan, ne peuvent plus retourner dans leur maison du rang des Lahaie.

François Gervais

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(Sainte-Geneviève-de-Batiscan) Les émotions sont encore vives pour Nancy Houle, Jonathan Bisson et leurs deux enfants Jacob et Loan. Les membres de la famille de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, à qui on a annoncé plus tôt cette semaine qu'ils ne pourraient regagner leur maison en raison de la trop grande possibilité d'un glissement de terrain qui pourrait emporter la résidence et même une partie de la route, ne cachent pas qu'ils vivent actuellement un grand choc. Et bien qu'ils ne peuvent plus y entrer sans être escortés par le service des incendies, ils sont catégoriques: cette maison, pour eux, c'était bien plus que juste du matériel.

«On a tellement travaillé fort dans cette maison, mais elle est aussi remplie de souvenirs. C'est là qu'on a eu nos enfants. On l'a refaite de A à Z de nos propres mains. Je ne peux pas m'imaginer ne plus y retourner, ne plus courir dehors sur le terrain avec les enfants. S'il faut en arriver à la démolir, ce sera...», confie Nancy Houle, qui ne trouve pas les mots pour terminer sa phrase.

Mais à travers la tempête, le couple se dit d'abord et avant tout reconnaissant de toute l'aide reçue et des nombreux appuis manifestés par la communauté depuis les derniers jours. Si le couple est demeuré discret dans les médias depuis le début de l'évacuation par la Sécurité civile, il y a maintenant trois semaines, ils ont quand même souhaité accorder une entrevue au Nouvelliste surtout pour manifester leur gratitude envers toutes ces personnes. 

«C'est impressionnant de voir tous ceux qui veulent nous aider. Juste d'y penser, ça nous donne envie de pleurer», lance spontanément Nancy Houle. «On a des voisins en or qui gardent notre chien et veillent sur notre maison. Mon père, les gens qui nous hébergent, les amis, nos familles, les gens de la municipalité, de la Sécurité civile. On veut dire merci à tout le monde. Nous sommes bien entourés», ajoute Jonathan Bisson, qui ne cache pas avoir eu une avalanche de messages sur Facebook et de propositions pour de l'aide, des services, du gardiennage, de l'entreposage, etc.

Un rêve

La maison du rang des Lahaie, et son vaste terrain qui s'étend presque jusqu'à la rivière Champlain, c'était un rêve que le couple a continué d'alimenter et de faire grandir petit à petit à chaque année. Achetée en 2005 et évaluée à quelques milliers de dollars à peine, la maison a subi une transformation remarquable au fil des ans. Dès qu'il avait une petite minute à y consacrer, Jonathan téléphonait à son père Guy Bisson et les deux hommes y mettaient toutes leurs énergies et beaucoup d'amour pour poursuivre ce projet pour la petite famille.

Au fil du temps, ils y ont aussi bâti des pistes de vélo pour que Jacob, 7 ans, et Loan, 5 ans, puissent aller s'amuser à leur guise. L'hiver, les garçons pouvaient aller glisser sur des pistes aménagées par leur papa. La piscine installée l'an dernier, les rampes de skateboard aménagées... Voilà plein de détails qui reviennent à la mémoire de Nancy et Jonathan et qui leur font dire que c'était pour eux leur petit coin de paradis.

C'est pourquoi le choc a été brutal lorsqu'une employée de la Sécurité civile est venue cogner à leur porte, un vendredi soir, leur indiquant de prendre une valise avec eux et de quitter pour une évacuation préventive. Quelques jours plus tard, les bulletins d'information relayaient la nouvelle de l'instabilité du terrain, faisant de plus en plus réaliser au couple qu'un retour dans leur havre de paix était de moins en moins pensable. 

«C'était comme si tout s'écroulait pour moi. Ça a été un choc. On se dit qu'on perd tout, qu'on n'aura plus rien. Mais à travers tout ça, on est reconnaissant de ne pas avoir à se battre contre la machine. Les gens du ministère et de la municipalité sont très présents et très gentils avec nous. On sent qu'on a de l'appui», explique Nancy.

Nouveau logement

Pour l'heure, la famille est hébergée dans un chalet appartenant à une collègue de travail de Jonathan, mais elle doit rapidement se trouver un logement, car les lieux avaient déjà été loués pour la période des Fêtes. C'est donc partagé entre le sentiment d'urgence et l'envie de choisir quelque chose de bien pour les prochains mois que le couple a entamé des recherches.

«C'est certain qu'on ne veut pas s'éloigner trop, car il y a l'école pour les garçons. Idéalement, si on pouvait trouver quelque chose qui n'est pas meublé, on pourrait sortir nos meubles de la maison pour les déménager, et ainsi éviter l'entreposage. On doit trouver rapidement, c'est là-dessus qu'on concentre nos énergies en ce moment», explique Nancy.

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