Un Noël écologique et minimaliste

De gauche droite: Ann-Sophie Boisvert, Anick Michaud, Éloise... (Olivier Croteau, Le Nouvelliste)

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De gauche droite: Ann-Sophie Boisvert, Anick Michaud, Éloise Boisvert et Maxime Boisvert.

Olivier Croteau, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Élie-de-Caxton) Saint-Élie-de-Caxton, le village légendaire de Fred Pellerin où les chemins comptent des traverses de lutins, est l'endroit où la famille Michaud-Boisvert a choisi de vivre en harmonie avec ses valeurs les plus profondes.

À l'approche de Noël, ni Anick Michaud, ni son conjoint, Maxime Boisvert et encore moins les deux adolescentes de celui-ci, Ann-Sophie et Éloïse, ne sont à la chasse aux cadeaux dans les centres commerciaux.

Mme Michaud, pour une, réunit plutôt chaque année des amies pendant toute une journée. Ensemble, elles s'en donnent à coeur joie pour préparer quelques cadeaux faits à la main: des chocolats équitables fourrés à la ganache, des chandelles de cire d'abeilles et autres bricolages sympathiques dont l'empreinte écologique est minime.

Ces femmes ont en commun une conscience envers les défis colossaux imposés à l'environnement par la frénésie de la consommation des biens matériels. C'est pourquoi à Noël, chez les Michaud-Boisvert, il s'échangera beaucoup de beaux cadeaux... immatériels, c'est-à-dire des présents qui n'encombreront pas les placards, ne perdront pas de valeur et ne ramasseront pas la poussière.

Un abonnement pour la famille dans un centre de plein air pour faire des sports d'hiver ensemble, des billets pour un spectacle ou pour une promenade à cheval comptent parmi les joujoux qui se cachent sous le sapin. «On se construit des souvenirs avec ça», fait-elle valoir.

Anick Michaud explique que sa famille vit Noël et tous les autres jours de l'année, d'ailleurs, dans un esprit minimaliste, une nouvelle tendance qui, comme une vague de fond, est en train de déferler tranquillement mais sûrement dans plusieurs pays industrialisés où les gens prennent conscience des dégâts infligés par la surconsommation.

Employée du Comité de solidarité Trois-Rivières, la jeune femme enseigne d'ailleurs la consommation responsable dans les écoles de la région. Elle ne cache pas qu'elle achète de seconde main la plupart de ses vêtements, à quelques exceptions près.

Ça n'a rien à voir avec ses moyens financiers. C'est sa façon de faire partie de la solution. Le documentaire The True Cost, sur les impacts environnementaux de la mode, sorti en 2015, démontrait que cette industrie est la deuxième plus polluante au monde après... le pétrole.

Anick Michaud tient donc, dans son cas, à ce que les bottines suivent les babines. Elle espère d'ailleurs déteindre sur les autres dans l'espoir d'améliorer le monde.

La Caxtonienne propose des gestes simples pour réduire son impact écologique, comme encourager les artisans et les vignobles de la région et les fermiers de famille qui produisent leurs légumes ici, ou encore réutiliser les sacs et les emballages des cadeaux même si tout le monde finira par les reconnaître au fil des ans.

La jeune femme aime bien rappeler ce que l'organisme Équiterre a souvent martelé: «Si toutes les semaines, chaque famille québécoise remplaçait 20 $ d'achat de biens provenant de l'extérieur par la même valeur en produits du Québec, plus de 100 000 emplois pourraient être créés.»

C'est qu'elle croit fermement au pouvoir de notre consommation individuelle. «On a le pouvoir de contaminer les autres», dit-elle, contaminer voulant dire créer de nouvelles habitudes de consommation.

Évidemment, faire soi-même ses cadeaux de Noël n'interpelle pas tout le monde. Il est néanmoins possible d'avoir un impact en consommant autrement.

«Avant d'acheter, il faut considérer la durée du produit et se demander si l'on en a vraiment besoin», illustre Mme Michaud, «car acheter, c'est voter».

Le sapin de Noël en matière plastique n'a pas sa place chez elle, on s'en doute bien, pas plus que les décorations ou les produits qui ne se compostent pas, qui laissent une lourde empreinte écologique ou qui ont nécessité pas mal de pétrole pour être importés ici.

«Je me demande toujours si ça se recycle», dit-elle, en s'insurgeant contre les papiers d'emballage de Noël métallisés dont les centres de recyclage ne veulent pas.

Certes, le style de vie d'Anick Michaud détonne un peu avec le reste de la société. Au début de décembre, elle récoltait encore de la salade et du chou frisé dans sa serre. Elle élève des poules et des abeilles.

Parfois, à Noël, elle échangera son miel contre le sirop d'érable que produit un ami ou un parent. Mais sa magie de Noël à elle a quelque chose d'attirant. C'est de faire la fête avec les parents et amis qui apporteront chacun une partie du repas. La mise en commun, c'est une baisse de stress assurée puisque la réception ne repose plus sur les épaules d'une seule personne ou d'une seule famille.

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