Fluor: une grande déception pour le CIUSSS

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C'est avec déception que Martin Beaumont, président et directeur général du CIUSSS-MCQ, a accueilli la décision de la Ville de Trois-Rivières d'abandonner le projet de fluoration de l'eau.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) C'est avec beaucoup de déception que le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, qui chapeaute notamment le département de santé publique dans la région, a accueilli la décision du conseil municipal de Trois-Rivières de se désister du programme québécois de fluoration de l'eau potable.

Du même coup, le CIUSSS accueille la nouvelle avec humilité et entend revoir ses façons de faire pour mieux soutenir les municipalités en ce qui concerne les stratégies sociosanitaires.

«On ne joue pas à l'autruche. Nous avons des choses à apprendre, notamment sur comment mieux entendre les besoins de nos partenaires quand vient le temps de mettre en place nos stratégies sociosanitaires. On reçoit la décision avec beaucoup d'humilité.

Il faut se questionner sur nos façons de faire, sur les raisons qui ont fait que nous sommes rendus là, quand un maire a fait preuve de beaucoup de courage pour prendre la décision de fluorer l'eau potable pour améliorer la santé bucco-dentaire de sa population. Aurait-il pu y avoir différentes tactiques de marketing social au niveau régional pour supporter la prise de décision?», se demande le président et directeur général du CIUSSS-MCQ, Martin Beaumont.

Ce dernier se montre toutefois surpris des accusations portées par Yves Lévesque à l'endroit de la Santé publique, lui qui déplorait notamment un manque de leadership dans ce dossier qui, selon Yves Lévesque, devait être porté par le ministère de la Santé et non par l'administration municipale.

«J'ai trouvé ses propos un peu trop durs par rapport aux efforts qui ont été faits dans ce dossier-là. Je ne jette pas la pierre à la Santé publique. J'ai pu voir tout ce qu'ils ont fait dans ce dossier, et ils ont réalisé un travail colossal», mentionne Martin Beaumont, citant au passage la mise sur pied de l'étude du Dr Christian Caron pour pouvoir établir des données récentes et locales sur les effets de la fluoration. 

Martin Beaumont ose espérer que ce n'est pas une décision de nature électoraliste qui a mené à cette décision. «C'est une réponse qui ne m'appartient pas, mais ce serait dommage que les jeunes de Trois-Rivières soient privés des bienfaits de la fluoration pour des considérations politiques. Mais je ne pense pas que ce soit le cas», indique-t-il

Mais au final, le résultat est, pour Martin Beaumont, synonyme d'une grande déception. «C'est une déception par rapport aux plus grands experts et spécialistes de notre réseau qui ont fait des recommandations et nous ont donné de multiples données pour appuyer les décisions. C'est une déception pour la communauté scientifique qui a démontré les bienfaits de la fluoration.

Mais c'est aussi une déception pour nos enfants, pour les clientèles vulnérables qui sont difficiles à repérer. Cette clientèle-là ne lève pas forcément la main, elle est difficile à identifier et à aller chercher. La fluoration demeurait le meilleur moyen de rejoindre la clientèle la plus vulnérable», croit Martin Beaumont.

Mais si la fluoration est une mesure si efficace, pourquoi alors ne pas légiférer et la rendre universelle, au même titre que d'autres politiques de santé publique? 

«La stratégie de gestion de l'eau potable est municipale. Il y a toutes sortes de politiques publiques qui peuvent être développées. Mais en ce qui concerne l'eau potable, nous avons toujours voulu que la décision soit prise par le palier gouvernemental le plus proche du citoyen», explique Martin Beaumont, qui dit malgré tout respecter la décision de la Ville de Trois-Rivières, même s'il aurait souhaité qu'elle maintienne ses engagements.

D'ailleurs, l'entente qui liait le ministère à la Ville concernant le programme québécois de fluoration de l'eau potable faisait état d'une subvention de 620 000 $ pour adapter les équipements municipaux, en plus d'un montant annuel de 200 000 $ pour l'achat des produits servant à fluorer l'eau.

Selon Martin Beaumont, en vertu de l'entente signée, la Ville devra en effet rembourser certaines sommes pour ne pas avoir maintenu ses engagements, mais n'était pas en mesure, mardi, de préciser ce montant.

Quant à l'étude du Dr Christian Caron, Martin Beaumont confirme que le premier volet se poursuivra tel que prévu, mais reconnaît que la poursuite de l'exercice au-delà de ce volet devient obsolète.

«Le comité de scientifiques en charge de l'étude est indépendant, et je vais leur laisser le soin de se prononcer sur la suite des choses. Mais évidemment que le deuxième volet de l'étude est remis en question», signale le PDG du CIUSSS-MCQ. Un montant de 125 000 $ est réservé à la réalisation de ce premier volet de l'étude.

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