Décision du DPCP à Val-d'Or: «C'était un peu attendu»

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Une centaine de personnes ont participé au Challenge Stanley Vollant à Odanak. Le médecin originaire de la communauté innue de Pessamit, au centre sur la photo, promeut notamment les saines habitudes de vie.

Olivier Croteau

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(Odanak) Le Dr Stanley Vollant est une source d'inspiration. Ce médecin originaire de la communauté innue de Pessamit souhaite, à l'image de son bon ami Pierre Lavoie, promouvoir les saines habitudes de vie auprès de la jeunesse autochtone, mais aussi la fierté des Premières Nations et l'acceptation des autres par le respect des cultures. C'est dans cet esprit qu'avait lieu samedi à Odanak le Challenge Stanley Vollant ou une centaine de personnes ont pris part à plusieurs parcours de marche. L'ombre de Val-d'Or planait toutefois sur cet événement.

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Le ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelley.

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La décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de ne pas déposer d'accusation à la suite d'allégations d'agressions sexuelles sur des femmes autochtones par des policiers a été mal accueillie par les premières nations. 

«Les événements de Val-d'Or démontrent le mur qui sépare les deux solitudes au Canada. Il faut apprendre à se connaître, se respecter et combler les fossés qui nous séparent pour qu'on puisse donner le meilleur avenir à nos enfants», a affirmé en entrevue le Dr Stanley Vollant.  

Quelques femmes atikamekws rencontrées sur place avouaient toutefois qu'elles s'attendaient à cette décision du DPCP. Résignées, ces femmes d'un certain âge n'avaient déjà plus confiance au système de justice. La décision du DPCP n'avait donc rien de surprenant pour elles. «Je n'ai pas vraiment écouté les nouvelles sur ça. Je savais que ça allait donner ça. Je n'aime pas les sensations de frustration», a soutenu Germaine Dubé-Courtois de Mashteuiatsh, mais native de la communauté atikamekw Manawan. «Lorsque j'ai appris les histoires de ces femmes, j'ai été frustrée, très frustrée. Je me suis retenue avec mes prières.»

Stanley Vollant abondait dans le même sens. «C'était [la décision du DPCP] quelque chose qui était attendu. On était déjà pessimiste par rapport au processus actuel. La problématique autochtone dure depuis des années. Ça ne se réglera pas en un clin d'oeil», a-t-il souligné. «Ce qui est arrivé, c'était un peu attendu. Même si on aurait souhaité le contraire. Je pense qu'on va être capable de continuer le dialogue. La marche d'aujourd'hui [samedi] le montre bien. Il y a autant d'autochtones que de non-autochtones qui sont ici pour marcher ensemble.»

Parmi les participants on retrouvait le ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelley. Sa présence était bien sûr symbolique, au lendemain de l'annonce du DPCP de ne pas porter d'accusations contre des policiers de Val-d'Or qui auraient agressé sexuellement des femmes autochtones. 

«Ce qui s'est passé à Val-d'Or est très préoccupant pour le gouvernement. Nous devrons trouver les moyens d'agir rapidement pour commencer à s'attaquer aux problèmes de vulnérabilité des femmes autochtones dans notre société et sur la question de la formation des policiers qui interviennent auprès des autochtones», a déclaré en entrevue le ministre. «Le racisme est aussi un grand enjeu dans notre société. Le temps est venu de passer à l'action.»

Un Challenge rassembleur

Profitant d'une très belle journée d'automne, les participants ont apprécié leur expérience au Challenge Stanley Vollant. Celui-ci prévoyait des marches de une à quatre heures. 

«C'est un cadeau du ciel. Ç'a été une très belle journée», a précisé Mme Dubé-Courtois.

Après une randonnée de deux heures, Germaine Dubé-Courtois encourage Stanley Vollant à tenir des challenges dans plusieurs communautés autochtones du Québec. Il s'agit pour elle d'une très belle façon de favoriser les rencontres entre les générations et de se rapprocher de la nature. «C'est une belle façon de se reconnecter avec la terre mère pour se sentir bien à l'intérieur de soi», a ajouté Germaine Dubé-Courtois.  

Stanley Vollant souhaite avec ses challenges dire aux jeunes autochtones - et ceux-ci sont extrêmement nombreux dans les communautés - qu'ils peuvent réaliser leurs rêves. Le médecin les invite à être fiers de leur histoire et de leur culture afin d'arriver à concrétiser leurs projets dans notre monde moderne. 

«Le chemin du rêve peut être difficile ou plus long que l'on pense. Mais il faut savoir se relever», a soutenu le Dr Stanley Vollant. «Nous devons apprendre à vivre ensemble et briser les barrières qui nous séparent et les murs d'incompréhension. On doit mettre fin aux deux solitudes.»

Pour permettre à la jeunesse autochtone de réaliser ses rêves et ainsi améliorer leurs niveaux de vie, les gouvernements se doivent d'investir dans le logement, mais surtout dans l'éducation, estime Stanley Vollant. 

Il rappelle que la Commission royale sur les peuples autochtones, la Commission Erasmus-Dussault, concluait dans les années 90 que plusieurs communautés autochtones souffraient d'un manque d'investissements. 

«La Commission affirmait qu'il manquait plus d'un milliard $ par année pour permettre d'améliorer les conditions de vie des autochtones. Or, 20 ans plus tard, rien n'a été fait», a précisé le médecin originaire de Pessamit.

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