Avenir du centre fiscal de Shawinigan: Aubin à la fois heureux et perplexe

Robert Aubin... (Émilie O'Connor)

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Robert Aubin

Émilie O'Connor

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Le Nouvelliste

Le député néodémocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, partage l'enthousiasme de son collègue de Saint-Maurice - Champlain au sujet des conséquences de la réorganisation de l'Agence de revenu du Canada pour le centre fiscal de Shawinigan. Par contre, il comprend qu'un vent d'insécurité souffle sur plus de la moitié des employés permanents.

«Il ne faut pas être rabat-joie», convient M. Aubin. «Une annonce comme celle-là démontre clairement la reconnaissance de l'expertise des travailleurs au centre de Shawinigan. On se réjouit de ce côté-là. Cependant, il y a énormément de questions qui se posent, entre autres le fait que le gouvernement libéral, qui se targue d'être le champion de la consultation, ne consulte pas les organisations syndicales quand vient le temps de faire des changements aussi majeurs.»

Rappelons que d'ici deux ans, le traitement des déclarations de revenus sortira de Shawinigan. Ces opérations seront dorénavant concentrées à Winnipeg, Sudbury, Jonquière et Summerside. Shawinigan héritera plutôt de l'un des trois nouveaux centres nationaux de vérification et de recouvrement, une décision qui entraînera la création de l'équivalent de 70 postes à temps plein. 

Par contre, l'Agence de revenu du Canada précise que 392 des quelque 600 employés permanents de Shawinigan (790 équivalents à temps plein) recevront une lettre de réinstallation. Plus de la moitié du personnel régulier devra donc prendre une décision importante au cours des six prochains mois, pouvant aller jusqu'à un transfert dans le réseau pour conserver un emploi similaire.

M. Aubin déplore que ces éléments n'aient pas été éclaircis plus rapidement.

«Quand on me parle de 70 emplois équivalents temps plein, ça sous-entend que ce n'est pas nécessairement des emplois à temps plein!», fait-il remarquer. «On ne sait donc ni le nombre exact, ni quand ça va commencer à s'installer.»

«Ça veut dire aussi de grands mouvements de travailleurs», ajoute-t-il. «On ne sait pas encore comment ça va s'organiser et on n'en a pas parlé avec les instances syndicales. C'est un peu inquiétant de savoir qu'on s'en va dans une transition qui semble heureuse, mais dont beaucoup de détails nous échappent.»

M. Aubin prend bien note de la possibilité, pour les employés concernés, d'accepter un poste comparable dans un rayon de 40 kilomètres. Mais à Trois-Rivières, il fait remarquer qu'on a assisté à des réductions de services fédéraux au cours des dernières années, de sorte qu'il ne voit pas une tonne d'opportunités dans la région pour les employés du centre fiscal de Shawinigan.

«Existe-t-il une possibilité pour rouvrir un bureau d'immigration?», questionne-t-il. «Je ne sais pas très bien où on va aller chercher ces emplois.»

M. Aubin croit que la période de questions à la Chambre des communes constituera une très bonne opportunité pour obtenir un peu plus de détails sur les lendemains de cette annonce. Dans le cas de Shawinigan, il sera également intéressant de savoir quand s'amorceront les fameux travaux de rénovation tant attendus, dont la facture s'élèverait à quelque 60 millions de dollars. Le député de Trois-Rivières n'en sait pas beaucoup plus que le commun des mortels sur le sujet.

«Les libéraux ont repris la tradition des conservateurs», fait-il remarquer. «Les députés de l'opposition sont rarement au fait des annonces avant qu'on les apprenne par la voie des médias.»

Normand Pelletier, conseiller syndical à l'Alliance de la fonction publique du Canada, reconnaît qu'il existe beaucoup d'incertitude autour de cette annonce.

«De nouveaux postes vont arriver à Shawinigan», rappelle-t-il. «On ne sait pas trop comment ça va se produire. Nous avons une politique de réaménagement des effectifs, qui fait que ces gens pourront être replacés ailleurs. Quels seront les volumes de travail et les emplois touchés, on ne le sait pas.»

M. Pelletier reconnaît tout de même qu'il s'agit d'un signal fort intéressant pour les installations de Shawinigan, qui hériteront d'un nombre bonifié d'emplois équivalents à temps plein, de niveau supérieur de surcroît. Par contre, ces postes viendront avec de nouvelles exigences, notamment le bilinguisme.

«Avant, c'était un travail mécanique», rappelle M. Pelletier. «Ce sera maintenant un service d'appel. Les charges de travail viendront de partout au Canada. Les compétences de bilinguisme devront donc être rehaussées.»

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