Obama rend hommage à Merkel

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Barack Obama a rendu hommage à la chancelière allemande.

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Deborah Cole, Jérôme Cartillier

Collaboration spéciale

Agence France-Presse
Berlin

Avant une ultime rencontre jeudi à Berlin, Barack Obama a rendu un hommage appuyé à Angela Merkel, vue par certains experts comme nouveau porte-étendard des valeurs démocratiques dans le monde après l'élection de Donald Trump.

Au lendemain d'un discours en forme de testament politique à Athènes, où il a livré un plaidoyer pour la démocratie et une mondialisation socialement plus juste, le président américain devait insister en Allemagne, deuxième et dernière étape de sa tournée d'adieux européenne, sur les valeurs communes à l'Europe et aux États-Unis, selon des responsables de la Maison-Blanche.

Il devait également tenter d'apaiser les craintes concernant l'avenir du partenariat transatlantique alors que son successeur élu proclame agir selon le principe du «America first».

Déjà à Athènes son «message a été aussi élégant que clair: peut-être que vous tenez Trump pour fou, mais jamais un fou n'est parvenu à mettre en pièces notre système», commente l'édition en ligne du magazine Der Spiegel.

Louanges pour Merkel

Barack Obama, 55 ans, en a profité pour rendre hommage à la chancelière allemande. Dans un entretien conjoint à l'édition en ligne du Spiegel et à la chaîne publique ARD, il a salué sa «grande crédibilité» et assuré qu'elle était «prête à se battre pour ses valeurs» alors que Mme Merkel devrait dans les prochains jours annoncer qu'elle briguera un quatrième mandat à l'occasion des législatives de septembre 2017.

«Je suis heureux qu'elle soit là et je pense que les Allemands devraient l'apprécier», a souligné le dirigeant américain qui effectue sa sixième visite en Allemagne.

Les deux responsables ont rapidement développé une relation étroite qui a survécu au scandale en 2013 portant sur l'espionnage du téléphone portable de la chancelière par son allié ou aux divergences sur la manière de traiter la crise de la dette en Grèce.

Après des entretiens officiels, une ultime conférence de presse commune était programmée. Et les inquiétudes suscitées par la victoire de Donald Trump devaient largement dominer.

Mme Merkel s'est montrée inhabituellement claire la semaine dernière après la victoire du milliardaire: elle lui a rappelé l'importance du respect des valeurs démocratiques et de la tolérance. Le président élu avait lui durement critiqué la chancelière durant sa campagne et s'était illustré par des déclarations très controversées sur les femmes, l'islam ou la torture.

Pour certains experts, la visite d'Obama prend dès lors des allures de passage de flambeau, la dirigeante se retrouvant catapultée meilleure représentante «du monde libre», de la relation transatlantique et du libre-échange, autant de messages portés jusqu'ici par Washington.

Prenant à revers le discours protectionniste et isolationniste du futur président, M. Obama et Mme Merkel ont déjà envoyé un signal dans une tribune commune publiée dans un hebdomadaire allemand et diffusée mercredi soir.

De l'euphorie à la méfiance

Défendant le lien transatlantique et le libre-échange, ils y soulignent qu'«il n'y aura pas de retour au monde d'avant la mondialisation». «Nous sommes plus forts en travaillant ensemble».

Signe du poids pris par l'Allemagne, c'est aussi à Berlin que Barack Obama fera ses adieux vendredi aux dirigeants britannique, espagnol, italien et français, Theresa May, Mariano Rajoy, Matteo Renzi et François Hollande, invités à se joindre au duo.

La venue à Berlin de M. Obama est pour lui chargée de symboles. C'est ici, en juillet 2008, alors qu'il postulait à la Maison-Blanche, qu'il avait été le premier candidat à la présidence américaine à tenir un discours de politique étrangère hors des États-Unis. Devant 200 000 personnes, il avait appelé à «faire tomber les murs».

Juste avant l'arrivée du président démocrate américain, des Allemands interrogés sur les lieux de ce discours, à la Colonne de la Victoire, ont exprimé tristesse et inquiétudes. «C'était l'euphorie» quand il avait succédé au républicain George W. Bush, se rappelle Thomas Schmidt, 54 ans. «L'atmosphère maintenant avec Trump est à la méfiance».

D'autres se montrent plus mitigés sur le bilan du président sortant. «Trump a fait une mauvaise impression ici durant la campagne électorale mais au moins il ne nous décevra pas», juge Hannah Müller, 26 ans.

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