En guerre pour une histoire de pancartes

Le propriétaire du restaurant Rôtisserie l'Univers de la... (Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le propriétaire du restaurant Rôtisserie l'Univers de la poutine et pita, Alain Laflamme, ne comprend pas pourquoi la Ville de Trois-Rivières s'acharne sur son commerce depuis quelques mois.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Un propriétaire de restaurant du boulevard Sainte-Madeleine, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières, a reçu une bien mauvaise surprise mardi sur l'heure du midi. Alain Laflamme a appris, par le biais d'un constat d'infraction, qu'il devra payer la somme de 1282 $ à la Ville de Trois-Rivières.

On accuse M. Laflamme d'avoir installé une enseigne non conforme sur le bâtiment, c'est-à-dire en excédant la hauteur du mur où elle se trouve apposée, contrairement au règlement 2010 C 26 Art. 2323 3.

Découragé, le propriétaire de la Rôtisserie l'Univers de la poutine et pita assure qu'il se battra pour gagner sa cause, surtout qu'il y a anguille sous roche selon lui.

«Je n'ai jamais reçu de constat d'infraction depuis que j'ai ouvert mon restaurant il y a trois ans. Mes enseignes, elles n'ont jamais posé problème à personne et j'ai une très bonne relation avec le propriétaire de l'immeuble. C'est quoi le problème?»

Selon M. Laflamme, ses ennuis ont commencé au début de l'été, quand il a ajouté le mot rôtisserie au nom de son commerce. «Ça ne plaisait pas à tout le monde dans notre voisinage immédiat, disons. Depuis juin, je sens qu'on prend un malin plaisir à jouer avec mes nerfs.»

Des spéciaux pour une bonne cause

Comme bien des restaurateurs, Alain Laflamme a eu l'idée, en juin, d'inclure des spéciaux du jour à son menu. Il a poussé l'initiative plus loin en proposant à un organisme de récolter des dons pour chaque repas vendu dans ces fameux spéciaux du jour. Ainsi, une partie de l'argent serait distribuée à cet organisme.

«Puisque leurs bureaux se situent derrière le restaurant, nous avons pensé à la section régionale de la Société canadienne de la sclérose en plaques. Leurs employés viennent souvent dîner au resto, on se connaît bien. Ils étaient aussi enchantés que nous. Ma mère étant elle-même atteinte de la sclérose en plaques, j'étais heureux de pouvoir contribuer à la cause.»

M. Laflamme a donc installé ses pancartes. Quelques jours plus tard, il recevait un appel de la Ville de Trois-Rivières le prévenant qu'il devait afficher le logo de l'organisme pour lequel il amassait de l'argent. Il s'est donc entendu avec la coordonnatrice de la Société canadienne de la sclérose en plaques - section Mauricie, Ann Bartlett.

Ensemble, ils ont acheminé la preuve de partenariat aux instances concernées. «Nous avons enlevé nos pancartes et procédé aux changements exigés. Sur nos nouvelles pancartes, on montrait clairement que nous amassions des dons pour la SP.»

De fil en aiguille, le mot se passe dans le secteur. Alain Laflamme et ses employés accueillent de plus en plus de clients. «Des gens atteints de la sclérose en plaques viennent nous visiter, ils sont émus qu'on fasse notre petite part pour les aider.»

Au cours des trois premiers mois de l'entente, le propriétaire estime avoir envoyé environ 100 $ par mois à l'équipe de Mme Bartlett. Motivés par ce succès, ils ont décidé de poursuivre leur collaboration.

«Mais au bout d'un certain temps, j'ai reçu un coup de fil de Jacques Thibeault de la Ville, il voulait savoir pourquoi les pancartes étaient encore là. Je lui ai dit que nous poursuivions la remise des dons pour un an. Encore une fois, nous avons dû envoyer une preuve. Bref, nous étions conformes!»

Pourtant, Alain Laflamme a bel et bien reçu un constat d'infraction mardi midi. Il en était estomaqué. «Je ne sais pas pourquoi on dérange, mais j'ai l'impression qu'un franchisé du coin n'apprécie pas ma présence dans le quartier. C'est plate, parce qu'avec les autres restaurateurs, ça se passe bien, même qu'on s'entraide parfois. À la Ville, ils m'ont confirmé que ça prenait une plainte pour faire enlever des pancartes...»

L'homme d'affaires ne cache pas sa déception et sa frustration, mais il veut aussi se présenter en cour. «J'ai prouvé depuis juin que je donnais à un organisme. Je me suis plié à leurs règles pour le logo de la SP et si la Ville m'avait averti depuis trois ans que mes pancartes n'étaient pas réglementaires, j'aurais apporté les modifications nécessaires. Alors je me pose la question: pourquoi émettre un constat en novembre, six mois après l'installation de ces nouvelles pancartes?»

Alain Laflamme a déjà fait appel à son avocat dans cette affaire. Pour lui, il n'est pas question de donner raison à la Ville. «Le commerce va bien, les clients sont heureux. Nous sommes une petite entreprise familiale et on ne veut pas avoir à déménager parce qu'on dérange certaines personnes.»

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