L'église de Sainte-Angèle-de-Prémont sur le point d'être vendue

Muguette Paillé pose à l'intérieur de l'église de... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Muguette Paillé pose à l'intérieur de l'église de Sainte-Angèle-de-Prémont qui sera dégarnie de ses trésors d'ici peu de temps.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Sainte-Angèle-de-Prémont) L'église de Sainte-Angèle-de-Prémont n'est plus. La dernière messe a été célébrée dimanche devant une trentaine de fidèles et le conseil de fabrique s'apprête d'ici un mois à conclure la vente de la bâtisse qui sera transformée en lieu d'habitation.

À l'instar d'autres paroisses, le conseil de fabrique de Sainte-Angèle-le-Prémont accumule les déficits annuels de plusieurs milliers de dollars depuis quelques années. La régression de la pratique religieuse entraîne vers le bas les revenus provenant des quêtes dominicales et des dîmes. C'est ce qui a incité les marguilliers de la paroisse à vendre l'église construite en 1992.

«On n'est pas venu à cette décision sur un coup de tête ou de gaieté de coeur. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable et faire quelque chose. C'est le gros bon sens qui parle. On ne peut faire autrement», déclare Muguette Paillé, marguillière et secrétaire du conseil de fabrique.

Le conseil s'est entendu avec un entrepreneur en construction de Trois-Rivières pour un montant de 30 000 $. Le promoteur veut aménager les lieux en maison unifamiliale ou en jumelé.

«Le prix peut paraître dérisoire, car l'évaluation était de 373 000 $, ce qui était selon nous trop élevé. On est dans un petit village où il n'y a plus de caisse, plus d'école primaire et maintenant plus d'église. Le conseil de fabrique était pressé de vendre, car on n'arrive plus», mentionne Mme Paillé.

Le bas de laine de la fabrique est constitué de quelques dizaines de milliers de dollars. Cette somme sert à éponger les déficits annuels. Avec les 30 000 $ qui proviendront de la vente, le conseil de fabrique sera en mesure d'administrer et d'entretenir les deux cimetières de la paroisse.

«On est des précurseurs à Sainte-Angèle-de-Prémont, car d'après moi, on va en voir de plus en plus, des ventes d'église, croit Mme Paillé. Mais d'un autre côté, c'est triste. Une église demeure un pivot dans une paroisse. Je pense aux bénévoles qui ont tout fait pour la bâtir. Et là, on est obligé de la vendre. Dimanche, à la dernière messe, il y avait des gens qui avaient la larme à l'oeil. C'est sûr que pour le monde de la place, c'est difficile à accepter. Mais en même temps, les gens qui chialent ne donnent plus à la dîme et ne viennent plus aux célébrations.»

La transaction doit être officialisée chez le notaire d'ici le 16 décembre.

Encan

La dernière messe célébrée dimanche a été suivie d'un encan. Des statues et autres personnages de la crèche ont été liquidés durant cette vente qui a rapporté quelque 2200 $.

Il reste encore plusieurs bancs à vendre, ce qui devrait permettre à la fabrique d'obtenir 1500 $ de plus. Mais la fabrique sait déjà qu'une école catholique du secteur d'Ottawa va en acheter une dizaine pour meubler sa chapelle. Cette école a également acquis l'autel et un très grand crucifix.

Par contre, la fabrique a légué la statue de Sainte-Angèle de Mérici, la patronne de la paroisse, à la Municipalité.

Cette vente à l'encan est la deuxième en quelques mois pour le curé Jean-Pierre Guillemette, la première ayant eu lieu en août à l'église de Saint-Justin.

«J'espère que ce soit la dernière vente. Ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais la fréquentation à Sainte-Angèle était très peu nombreuse. J'ai célébré à quelques reprises devant sept ou huit personnes. Ce n'est pas beaucoup.»

Le curé responsable de cette paroisse souhaite ne pas revivre une telle vente. D'autre part, il admet que deux ou trois autres paroisses du secteur ont des niveaux de fréquentation assez faibles.

«Quand le taux tourne autour de 20 personnes, on devrait commencer à se poser des questions. 

On met sur les épaules de quelques personnes le fardeau fiscal de l'entretien de l'église», ajoute le curé.

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