Glissement de terrain: «J'ai perdu ma terre»

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Le glissement de terrain s'est arrêté à quelques mètres à peine de la maison de Luc Normandin. Des centaines de balles de foin pour nourrir ses bêtes ont aussi été emportées.

Stéphane Lessard

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(Trois-Rivières) Entre deux rencontres avec des spécialistes du gouvernement et trois poignées de mains bien senties de ses voisins et de ses amis, Luc Normandin ne cache pas qu'il est sonné. Au lendemain du glissement de terrain qui a emporté la très grande majorité de sa terre vers la rivière Champlain, à Saint-Luc-de-Vincennes, l'agriculteur admet qu'il ne sait pas encore ce que lui réserve l'avenir, lui qui ne peut toujours pas regagner sa maison, car le sol est encore beaucoup trop instable.

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Un impressionnant glissement de terrain a forcé l'évacuation de trois personnes, tôt jeudi matin, à Saint-Luc-de-Vincennes.

Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

Le rang Saint-Joseph-Ouest, où habite M. Normandin, a tout de même été rouvert à la circulation en milieu d'avant-midi vendredi, permettant de s'approcher à quelques mètres de cet immense cratère qui s'est soudainement formé dans la nuit de mercredi à jeudi. La maison de l'agriculteur est toujours prisonnière du périmètre de sécurité. Derrière, à sept ou huit mètres de l'escalier de la porte d'entrée, la terre se coupe abruptement pour laisser place à ce trou béant dont la grandeur a été comparée à celle d'un terrain de baseball.

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L'agriculteur Luc Normandin ne sait pas encore s'il pourra ou non réintégrer sa maison.

Stéphane Lessard

«Je ne sais pas encore quand je vais pouvoir rentrer chez nous. Peut-être que je ne pourrai juste pas. J'espère que je pourrai, mais c'est la Sécurité civile qui va décider. Moi, je vais me fier à eux, ils savent ce qu'ils ont à faire», a indiqué l'agriculteur, dont le troupeau de près de 90 bêtes est tout de même en sécurité.

N'empêche, des centaines de balles de foin servant à nourrir les boeufs ont été emportées dans le glissement de terrain, et la balance se retrouve enfermée dans le périmètre de sécurité, empêchant l'agriculteur de pouvoir nourrir ses bêtes. Toutefois, selon la Sécurité civile, le Syndicat des producteurs de bovins de la Mauricie aurait offert de venir ravitailler la ferme pour au moins la prochaine semaine afin de s'assurer que les animaux ne manquent de rien.

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Le député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne, est venu constater les dégâts et offrir son soutien aux sinistrés.

Stéphane Lessard

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation est également en contact avec Luc Normandin pour vérifier si le troupeau devra ou non être déplacé pour l'hiver, étant donné que des équipements servant au bon fonctionnement de la ferme, comme par exemple le convoyeur, se retrouvent également prisonniers à l'intérieur du périmètre de sécurité.

«Je ne sais pas grand-chose pour le moment. Ce que je sais, c'est que j'ai perdu ma terre en grande partie. Je ne sais pas si j'ai envie de retourner vivre là ou non. Tout est encore trop frais, c'est trop rapide. Je vais avoir besoin d'un peu de temps», évoque Luc Normandin, qui a été le premier à constater l'ampleur du désastre, tard mercredi soir. Ses voisins, également évacués durant la journée de jeudi, ont quant à eux pu regagner leur domicile après les vérifications des ingénieurs de la Sécurité civile.

Vérifications

Ces mêmes ingénieurs étaient encore présents sur place vendredi pour poursuivre les vérifications quant à la stabilité du sol. Ils ont pu aussi compter sur des équipements du ministère des Transports, dont un drône, pour les aider dans l'étude du sol.

Déjà, il a été établi que les débris se sont étendus sur 500 mètres dans la rivière Champlain. Or, le directeur de la Sécurité civile Sébastien Doire indique qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter de voir le niveau de l'eau monter dangereusement. «C'est un sol qui est assez mou, donc l'eau va traverser par la suite. Ça va se creuser un chemin. Il n'y a pas vraiment d'autres moyens de récupérer tout ce qui est tombé dans la rivière», confirme-t-il.

Quant à la stabilité du sol, d'autres expertises doivent être menées. «Il va falloir vérifier avec les ingénieurs si il peut y avoir de l'éboulement qui va continuer vers la maison. Si tout va bien, le citoyen pourra réintégrer sa maison. Sinon, on va vérifier avec nos équipes du programme d'aide au gouvernement s'il y a une aide qui pourra lui être apportée. Dans des cas similaires, soit qu'un montant d'argent est donné ou que la maison est déménagée. C'est du cas par cas», mentionne l'expert.

Le député de Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne est aussi venu offrir son soutien aux personnes touchées par le sinistre. «La première responsabilité d'un élu, c'est d'être proche des familles. C'était important pour moi de venir les rencontrer, les écouter. Ils regardent de façon positive pour s'en remettre. Je leur ai donné mon soutien. Ce sont des gens qui ont toujours travaillé de leurs mains, qui sont prêts à se relever les manches et à travailler. J'ai dit aux familles, au maire ainsi qu'à la Sécurité civile que si on pouvait aider, nous allons être là», a-t-il fait savoir.

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