Angers outré du manque d'ouverture

Le maire de Shawinigan, Michel Angers... (Sylvain Mayer)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Totalement outré du manque de reconnaissance de certains maires qui ont sollicité l'aide de Shawinigan pour obtenir des services dans le passé, Michel Angers s'en remet à nouveau à la Commission municipale du Québec pour dénouer l'impasse des équipements supralocaux offerts sur son territoire. La fermeture de ses collègues de dix municipalités avoisinantes lui laisse visiblement un goût très amer.

Vendredi matin, M. Angers avait convoqué la presse régionale pour réagir au refus unanime à sa dernière proposition. Rappelons qu'à la suite d'une révision des paramètres établis par l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton, Shawinigan déposait, le mois dernier, une nouvelle offre qui faisait passer la facture totale pour les services supralocaux de 539 179 $ à 128 854 $. Les maires des dix municipalités visées rejettent tous la proposition, puisqu'ils tiennent au maintien du principe de l'utilisateur payeur.

Même s'il se dit peu surpris de cette réponse unanime, M. Angers la déplore vigoureusement. Il trouve que ses voisins se servent de Shawinigan quand ça fait leur affaire, mais lorsque la ville centre veut être compensée pour l'utilisation de ses équipements supralocaux, les canaux de communication se bloquent.

«Quand c'est le temps, pour Saint-Boniface, de communiquer avec nous pour qu'on leur donne de l'eau, quand ça fait leur affaire, il n'y a pas de problème», rage M. Angers. «Nous avons aussi une entente intermunicipale avec Hérouxville pour la collecte des eaux usées. C'est moi qui est allé chercher la subvention. C'est moi qui a modifié la (participation de la municipalité) de 33 % à 17 %, sans qu'il ne se passe absolument rien du côté d'Hérouxville. Et eux vont en profiter sans aucun problème. Mais quand c'est rendu à notre tour, ça ne fonctionne plus, il faut prendre le principe de l'utilisateur payeur. Saint-Tite est contente d'avoir des ententes avec les municipalités autour. C'est bon pour lui, mais quand c'est pour nous, ça ne fonctionne plus.»

«Qui s'occupe de la logistique du transport adapté?», enchaîne-t-il. «La Ville de Shawinigan! Pour Saint-Boniface, Saint-Élie, Charette, Saint-Mathieu, ça va bien! Occupez-vous en Shawinigan, vous êtes fins! Mais quand on veut rétablir une certaine équité dans d'autres domaines, ça ne compte plus. Nos voisins veulent signer des ententes intermunicipales seulement quand ça fait leur affaire.»

Visiblement las des efforts déployés sans résultat depuis maintenant plus d'un an, M. Angers relance la balle aux députés de la région pour qu'ils convainquent le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, de mandater la CMQ de produire une étude sur les équipements supralocaux à Shawinigan.

Une résolution en ce sens avait déjà été adoptée en mars, mais mise sur la glace parce que les députés concernés favorisaient une entente négociée. Le conseil municipal formulera une demande similaire en assemblée extraordinaire, lundi.

«Le constat qu'on fait, c'est qu'il n'y a plus d'alternative possible», laisse tomber M. Angers. Ce dernier rigole lorsqu'il prend connaissance des commentaires de certains maires qui croient que Shawinigan veut siphonner les municipalités environnantes pour payer ses services.

«Ce n'est pas une question financière», assure-t-il. «Quand on dit qu'on veut agrandir l'assiette fiscale de Shawinigan, 129 000 $ sur 85 millions $, on va repasser! C'était une question de principe.»

«On s'ajuste»

La Ville de Shawinigan n'a pas toujours exprimé la même opinion au sujet du principe de l'utilisateur payeur. L'an dernier à peu près à pareille date, elle envoyait sa programmation de loisirs et de culture pour l'hiver et le printemps 2016 à tous les foyers de Shawinigan. Faute d'entente pour les services supralocaux, elle allait imposer le coût réel des activités aux citoyens de l'extérieur. 

Ainsi, une session de cours de mise en forme à la piscine du Centre des arts passait de 250 $ à 1542 $, le badminton libre, de 80 $ à 363 $ et ainsi de suite. La Ville a finalement imposé un moratoire sur ces tarifs, jusqu'à ce que la CMQ rende sa décision.

«À ce moment, nous avions simplement dit que nous étions pour une tarification au coût réel», réplique M. Angers. «Par la suite, nous avons discuté et on a regardé ce qui se passait ailleurs. Après, on s'est dit non. On ne peut pas demander à un jeune de Notre-Dame-du-Mont-Carmel de jouer au hockey à 1700 $. On s'ajuste.»

Le maire de Shawinigan ne nie pas que selon la philosophie qu'il défend, ses citoyens pourraient très bien, un jour, être appelés à contribuer à l'exploitation de l'Amphithéâtre Cogeco, à Trois-Rivières.

«S'il y a une demande qui est faite, on va regarder», confie-t-il. «Si c'est bon pour un, c'est bon pour l'autre.»

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