Trump, un Berlusconi à la sauce américaine ?

Donald Trump a fait fortune dans les affaires,... (AP, Alex Brandon)

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Donald Trump a fait fortune dans les affaires, a eu des déboires avec l'administration fiscale et a été le protagoniste de scandales liés à son rapport avec les femmes.

AP, Alex Brandon

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Franck Iovene
Agence France-Presse
Rome

Deux milliardaires, hommes à femmes, sans expérience politique avant d'accéder au pouvoir: vu d'Italie, les profils de Donald Trump et de Silvio Berlusconi présentent de nombreuses similitudes. À quelques nuances près.

«Nous avons déjà vu un Donald Trump. Il s'appelait Silvio Berlusconi», écrivait il y a quelques jours l'historien britannique John Foot dans les colonnes du quotidien The Guardian.

Dans son article, ce spécialiste de l'histoire de l'Italie passe en revue les points communs entre le nouveau président des États-Unis, âgé de 70 ans, et l'ancien chef du gouvernement italien, de dix ans son aîné.

De son inventaire, il ressort que les deux hommes ont fait fortune dans les affaires, que tous deux ont eu des déboires avec l'administration fiscale - une condamnation pour fraude, en 2013, a mis fin à la carrière de l'ex-Cavaliere - et qu'ils ont été les protagonistes de scandales liés à leur rapport avec les femmes.

Certains observateurs soulignent également leur proximité avec le président russe, Vladimir Poutine.

«Ce sont des patrons d'empires immobiliers ou médiatiques qui pensent qu'un pays peut être dirigé comme une entreprise», a expliqué à l'AFP l'universitaire italien Michele Sorice, professeur de communication politique.

Les électeurs les ont suivis, jugeant dans les deux cas qu'une personnalité du monde des affaires, hors de l'establishment politique, était la seule à même de redresser le pays, face à une classe politique corrompue en Italie, ou «coupée des réalités» aux États-Unis.

«Tous deux sont aussi des populistes qui se disent du côté du peuple et contre une élite composée d'intellectuels et de journalistes, une stratégie qui avait permis à Silvio Berlusconi d'accéder pour la première fois à la présidence du conseil italien, en 1994», poursuit-il.

Pour le magazine anglais The Economist, Silvio Berlusconi comme Donald Trump «a bénéficié d'importants soutiens de l'extrême droite venus de l'ancien parti néo-fasciste et de la Ligue du Nord, mouvement initialement modéré mais devenu xénophobe et protectionniste à partir des années 1990».

Dans un article paru jeudi, où il évoque leurs «énormes et légendaires égos», l'hebdomadaire souligne «le goût prononcé des deux hommes pour les blagues de vestiaire, tout en proclamant leur amour pour les femmes qu'ils ne semblent juger qu'à travers leur physique».

Trumpusconi

Sur les réseaux sociaux, les parallèles entre les personnalités exubérantes et le langage «proche du peuple» des deux dirigeants se sont multipliés tout au long de la campagne américaine. Et le mot-clé Trumpusconi est abondamment échangé depuis l'annonce, mardi, de la victoire de Donald Trump.

«Il m'est arrivé de comparer Trump à Berlusconi mais je préfèrerais de beaucoup avoir Berlusconi pour président», a notamment twitté un Américain.

«Ils se moquaient de nous avec nos pizzas, la mafia et Berlusconi, maintenant c'est à notre tour avec McDonald et Trump», a écrit un internaute transalpin.

Sur un compte Facebook, sous le titre «Bienvenue à la Berlusconi Experience», des Italiens ont adressé une vidéo recensant les bourdes de l'ancien leader de Forza Italia en les comparant à celles du prochain locataire de la Maison-Blanche.

Au sommaire: blagues sexistes, incidents diplomatiques, mauvaise image à l'international, «la seule différence, c'est que Trump a l'arme nucléaire», est-il précisé.

Mais elle n'est pas la seule, estime Michele Sorice. Car si les deux dirigeants se considèrent comme des self-made-men, «Trump a lui profité de la fortune de son père à ses débuts ce qui n'a pas été le cas de Silvio Berlusconi qui a dû passer par les petits boulots», explique-t-il.

Pendant sa campagne, l'ancien candidat républicain a reconnu que son père lui avait prêté un million de dollars pour se lancer dans les affaires. Il estime aujourd'hui sa fortune à mille fois plus, mais selon le magazine Forbes elle ne dépasserait pas les cinq milliards de dollars.

L'ex-Cavaliere raconte lui qu'il a été photographe lors de cérémonies ou chanteur dans un orchestre, se produisant notamment sur des bateaux de croisières.

Autre différence notable entre les deux hommes, Donald Trump n'est pas à la tête d'un empire médiatique alors que M. Berlusconi possédait la totalité des chaînes nationales de télévision privée lorsqu'il est arrivé en politique. Une position qui aurait favorisé son ascension.

Donald Trump s'est contenté d'animer pendant dix ans l'émission de télé-réalité The Apprentice, qui a néanmoins largement contribué à sa notoriété.

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