Coderre annule l'enquête que devait tenir Denis Gallant sur le SPVM

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Denis Gallant

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Le maire de Montréal, Denis Coderre, fait marche arrière et annule l'enquête administrative qu'il avait demandée à l'inspecteur général Denis Gallant concernant la surveillance de journalistes par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Dans un communiqué diffusé mardi, le maire Coderre dit s'en remettre entièrement à la commission d'enquête publique annoncée par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, la semaine dernière.

M. Coderre avait annoncé la tenue d'une enquête administrative menée par Me Gallant et un juge ou un ex-juge afin de se pencher sur les agissements du SPVM en lien avec les sources journalistiques.

L'initiative avait été sévèrement critiquée par plusieurs experts en matière d'affaires policières et d'affaires municipales, ceux-ci indiquant d'une part qu'une telle enquête se situait complètement en dehors du mandat de l'inspecteur général et, d'autre part, en raison d'une possible apparence de conflit d'intérêts puisque le maire Coderre, qui avait nommé Me Gallant, a lui-même été impliqué dans un dossier lié à la surveillance du journaliste Patrick Lagacé.

M. Coderre justifie cette volte-face en invoquant un entretien avec le ministre de la Sécurité publique et responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, au cours duquel il dit avoir eu l'assurance que la commission d'enquête mise sur pied par Québec couvre également le SPVM.

Or, le ministre Coiteux a toujours dit que la commission d'enquête se pencherait sur le SPVM ainsi que sur la Sûreté du Québec et le Service de police de la ville de Québec.

Selon M. Coderre, «force est de constater que l'enquête que devait mener Me Denis Gallant en compagnie d'un juge à la retraite devient de peu d'utilité dans les circonstances».

Il se défend, du même souffle, d'avoir créé une situation de conflit d'intérêts.

«Certains ont émis plusieurs commentaires et arguments concernant cette nomination pro-bono. Le but n'était pas de fragiliser le bureau de l'Inspecteur général que j'ai créé contre vents et marées dans plusieurs officines, mais bien de profiter de l'expertise d'un homme capable et crédible comme Me Gallant, afin de faire la lumière et d'aller au fond des choses dans le dossier des enquêtes au SVPM», a écrit le maire dans son communiqué.

À nouveau, Denis Coderre se livre à une profession de foi envers la liberté de presse, affirmant que «la protection des sources journalistiques et la liberté de la presse sont des droits entérinés par la Cour suprême et la Charte des droits et libertés».

«Les faits révélés depuis le 31 octobre dernier nous préoccupent et méritent que toute la lumière soit faite sur les circonstances qui ont mené aux décisions prises par certains corps policiers, dont le SPVM», poursuit-il.

Le maire ajoute que «la société de droit, la division des pouvoirs entre le politique, le judiciaire et le policier, l'assurance d'être factuel et d'avoir des données vérifiées sont aussi des principes essentiels dans cette démarche».

Lundi, Denis Coderre a admis avoir communiqué en 2014 avec le directeur du SPVM de l'époque, Marc Parent, pour se plaindre que des informations policières avaient été communiquées au chroniqueur Patrick Lagacé.

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