300 organismes communautaires en grève

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Quelque 300 organismes communautaires de la région et 4000 dans l'ensemble du Québec sont en grève pour trois jours.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Quelque 4000 organismes communautaires du Québec seront en grève jusqu'à jeudi inclusivement. Ils ont manifesté dans les rues, mardi, afin de réclamer 475 millions $ au gouvernement.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, environ 300 organismes ont pris part à cette démarche en distribuant de la soupe aux passants, ainsi que des feuillets pour expliquer leur situation.

Les organismes se disent totalement épuisés, en manque de ressources financières pour accomplir leur mission et donc, du même coup, en manque de personnel.

«Notre financement n'est pas indexé. Il reste stagnant. Les besoins sont croissants et l'on offre de moins en moins de services», résume Marc Benoît, coordonnateur du Regroupement des organismes d'éducation populaire de la Mauricie.

«Depuis les 10 dernières années, selon les secteurs, certains ont été plus touchés», dit-il. 

Dans certains cas, le manque de financement se fait sentir depuis 2008.

Pendant ce temps, dit-il, «les gens ont besoin de ces services et ça augmente.»

M. Benoît rappelle que le réseau public a lui aussi été coupé.

«Donc on se retrouve avec un problème», dit-il, puisque le communautaire ne peut plus prendre la relève.

Les secteurs les plus touchés, précise-t-il, sont ceux de la santé et des services sociaux, de la défense des droits, de l'éducation et de l'aide aux familles.

Les 475 millions$ réclamés par les organismes communautaires semblent représenter une très grosse somme, mais Marc Benoît signale que ce montant représente 0,7% du budget annuel du gouvernement.

Catherine Gendron, directrice générale du Mouvement Action Chômage de Trois-Rivières, qui assure la défense des droits des chômeurs, explique qu'on «se casse la tête à chaque fois pour voir comment on va survivre et comment on va se payer pour répondre aux besoins de la population», explique-t-elle.

«On a beaucoup d'appels et beaucoup de besoins», dit-elle. «Dès qu'il y a des réformes, l'organisme reçoit plus d'appels.»

Malgré tout, «on s'organise toujours pour répondre à l'ensemble de la population. On fait tout ce qu'on peut, du bénévolat compris», dit-elle.

Faire plus avec moins, «c'est essoufflant. C'est fatiguant. Mentalement, on est à terre», raconte Mme Gendron. «Il faut essayer de trouver d'autres solutions pour trouver du financement, pour trouver des salaires aussi», dit-elle. 

«Et on ne sait pas comment on va arriver cette année. On va tout faire pour ne pas fermer l'organisme, mais on n'a pas d'augmentation du gouvernement et les coûts augmentent partout. Les dépenses augmentent et les revenus diminuent», résume-t-elle.

Du côté d'Espace Mauricie, la situation est tout aussi dramatique.

La coordonnatrice et animatrice Janie Bergeron estime que pour répondre à tous les besoins, l'équipe devrait passer de 4 à 8 intervenants pour avoir une approche préventive vraiment efficace et voir tous les enfants de la Mauricie qui en ont besoin.

Depuis 25 ans, l'organisme s'emploie à prévenir la violence faite aux enfants de 3 à 12 ans. 

Il oeuvre chaque année auprès de quelque 1000 enfants dans les CPE et les écoles primaires du territoire de la Mauricie et auprès de 400 parents. 

«On aborde toutes les formes de violences avec les enfants», explique Mme Bergeron.

«En 2001, on avait eu une augmentation de salaire substantielle. Depuis ce temps-là, ça stagne», déplore-t-elle.

Du côté de COMSEP, Marie-Josée Tardif rappelle que Trois-Rivières a été choisie parmi les six villes ciblées dans le cadre d'une stratégie nationale de réduction de la pauvreté. Malgré tout, son organisme n'arrive plus à être subventionné correctement.

«On ne peut donc joindre autant de personnes», plaide-t-elle.

Ici aussi, on parle d'essoufflement. «Quand des familles viennent cogner, on ne dit pas non, mais on ne peut leur offrir autant qu'on offrait avant», indique Mme Tardif.

Alors qu'on recevait les familles à faible revenu chaque semaine pour les aider, COMSEP ne peut plus les recevoir qu'une fois par mois. Marie-Josée Tardif observe que l'espérance de vie des ces familles défavorisées est de 8 à 9 ans de moins que les gens plus scolarisés.

«Ces gens tombent malades assez jeunes, dans la cinquantaine ou la soixantaine», constate-t-elle.

«On veut donc plus de financement pour les groupes communautaires pour être capable de répondre aux besoins de la population, des plus démunis. On n'était déjà pas riche et on nous a coupés de 75 000 $», rappelle-t-elle.

«La Mauricie et Trois-Rivières ont un taux de pauvreté très élevé, donc on se retrouve avec des besoins croissants», rappelle Marc Benoît, des besoins en nourriture, pour les jeunes familles et en alphabétisation.

«C'est donc important d'aller chercher le financement nécessaire», plaide-t-il.

Les organismes communautaires du Haut-Saint-Maurice ont aussi tenu une activité de mobilisation afin de revendiquer une augmentation de leur financement.

Le comité de mobilisation a tenu une activité de sensibilisation dans le parc situé au coin des rues Saint-Joseph et Saint-Antoine à La Tuque. 

Les intervenants ont sensibilisé la population en les invitant à venir prendre un verre de soupe populaire préparée par le Groupe d'entraide Facile d'accès.

Avec la collaboration d'Audrey Tremblay

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