Se rappeler de tout, même à 96 ans

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(Trois-Rivières) À l'approche du jour du Souvenir, le 11 novembre prochain, le 12e Régiment blindé du Canada de Trois-Rivières a rendu hommage aux vétérans des guerres passées dimanche à la place Pierre-Boucher. Pour ces soldats, les années passent, mais les souvenirs restent, même à 96 ans.

À travers les quelques centaines de personnes qui ont assisté à l'événement se trouvait Vernon Dowie. Parmi les 14 combattants toujours en vie du Régiment ayant pris part à la Deuxième Guerre mondiale, il est le seul encore en mesure de se présenter pour souligner les sacrifices de ses collègues.

Malgré ses 96 ans, le Montréalais garde une bonne forme, même s'il doit se déplacer en quadriporteur. Il est d'ailleurs allé déposer une couronne de fleurs au monument des Braves dimanche, tout ça à quelques mètres du fleuve Saint-Laurent, où les sous-marins allemands rodaient 74 ans plus tôt.

«C'est un beau jour pour moi chaque année, mais c'est aussi un jour triste pour le monde», souligne-t-il.

Au Manège militaire Géneral-Jean-Victor-Allard, M. Dowie est une véritable superstar. Chaque année, il se fait un devoir de retourner voir ce lieu qui a une très grande importance pour lui.

«Il était à l'hôpital et on lui a dit qu'il avait trois semaines pour se sentir mieux. Pendant ces trois semaines, il a écouté les infirmières et il a fait ses exercices. Ne pas pouvoir venir à Trois-Rivières pour le jour du Souvenir, c'est lui enlever une partie de sa vie», raconte le conjoint de sa petite-fille, Rocco Bellino.

D'ailleurs, M. Dowie effectuait un retour en Mauricie après avoir dû s'absenter en 2015, sa santé ne lui permettant pas d'être présent. Dame Nature, tout comme plusieurs hauts gradés, semblait être heureuse de le revoir puisque le soleil a illuminé la place Pierre-Boucher à son arrivée.

Pour les jeunes cadets qui étaient sur place, la guerre comme elle se faisait à l'époque ne pourra être vécue que par l'entremise des jeux vidéos. M. Dowie lui se rappelle de tous les détails avec une précision étonnante.

«Je suis arrivé sur la côte sud de l'Angleterre le 17 juin 1943. Puis, nous avons atteint Gibraltar le 1er juillet, avant de finalement être débarqué en Sicile le 12 juillet, où j'ai pris part à l'invasion.»

C'est ainsi que ce vétéran a amorcé la guerre près d'un an avant ses compagnons d'armes qui ont débarqué en Normandie. Il n'est jamais revenu au Canada avant la fin du conflit. Les missions canadiennes se sont avérées des succès.

«J'ai passé 282 jours sur le front. Nous avons remonté l'Italie par la côte de la mer Adriatique et j'ai vu Florence, Marseille, Paris. Puis nous avons été mobilisés aux Pays-Bas. J'étais sur une digue à La Haye lorsque la guerre a pris fin», se remémore-t-il.

D'ailleurs, une fois aux Pays-Bas, son rôle a dramatiquement changé.

«Avec la fin de la guerre, ce sont maintenant les Allemands que nous devions protéger pour empêcher que les Néerlandais ne les tuent.»

L'aîné des vétérans est retourné quelques fois en Europe par la suite, dont en 2004 où il a visité 17 cimetières militaires en 11 jours. Les lieux avaient bien changé depuis l'époque où il surveillait la campagne européenne en contrôle de son canon à bord d'un char blindé.

C'est pourquoi le 12e Régiment blindé du Canada se donne l'obligation de s'assurer que M. Dowie sera présent année après année.

«Il a participé à des batailles importantes, mais qui sont moins connues. Il a été à la guerre jusqu'en 1945. C'est incroyable d'y avoir été aussi longtemps. Il est quelqu'un de discret et ne prend pas beaucoup de place, mais je pense que c'est autant important pour lui que pour nous qu'il soit ici à 96 ans», mentionne le capitaine Pascal Croteau.

Dimanche, environ 250 personnes ont participé au défilé qui regroupait aussi des vétérans des guerres de Corée, du Vietnam, de Chypre, de Bosnie et d'Afghanistan. 

«C'est une journée importante pour tous les militaires, mais aussi les gens de la GRC et des corps de sécurité publique, puisqu'on se remémore tous les efforts faits pour le pays. Le monde en Mauricie participe beaucoup et c'est plaisant d'être de la parade pour les gens qui sont là», a indiqué le lieutenant-colonel Bruno Bergeron, commandant du régiment.

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