Michel Angers bien en selle

À un an du scrutin, Michel Angers donne... (Stéphane Lessard)

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À un an du scrutin, Michel Angers donne l'image d'un personnage en plein contrôle de la situation en route vers un troisième mandat.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) ANALYSE - En 2009, Claude Villemure avait secoué les électeurs shawiniganais en annonçant la formation d'un parti politique municipal. Malgré des candidats avantageusement connus, un programme rigoureusement construit et des sorties publiques bien appuyées, le Ralliement municipal n'avait fait élire qu'un seul candidat, Bernard Cayouette, dans le district des Boisés. À la mairie, M. Villemure avait encaissé toute une gifle en se classant bon troisième, avec seulement 16 % d'appui.

Le Ralliement municipal s'est éteint quelques mois après l'élection, dans l'indifférence générale. Incapable de vivre avec l'étiquette de membre d'un parti autour de la table, M. Cayouette s'en était rapidement distancé, avant de le quitter définitivement dès février 2010.

Le verdict des électeurs avait pu paraître sévère à ce moment, surtout compte tenu du profil des candidats qui s'étaient avancés sur la ligne de départ. Bien des hypothèses avaient été soumises pour expliquer cette déroute.

En août 2009, le candidat à la mairie Michel Angers avait prédit pourquoi, selon lui, les Shawiniganais ne voudraient rien savoir d'un parti politique municipal. Son impression avait été confirmée dans les urnes. «Les gens se demandent à qui les conseillers élus d'un parti municipal seront imputables», avançait-il. «Le seront-ils au parti politique ou à ceux qui les auront élus?»

Une observation tout à fait pertinente et qui le demeure aujourd'hui, à un an des prochaines élections. Parce que même sans parti politique à l'hôtel de ville, le conseil municipal se comporte exactement comme tel depuis le début de ce mandat. Et selon le coup de sonde mené par L'Hebdo du Saint-Maurice la semaine dernière, les Shawiniganais pourront reconduire la même équipe le 5 novembre 2017, puisque tous les élus veulent revenir.

Interpellez le maire ou n'importe quel conseiller sur cette question et il vous répondra que oh là là, vous n'assistez pas aux séances privées du lundi pour penser qu'il n'existe pas de débat entre les élus. Il paraît que derrière les portes closes, le ton monte assez régulièrement. 

Il faut croire les élus sur parole, car quand ils transfèrent de salle et se retrouvent en assemblée publique, ils suspendent leur jugement critique et adoptent toutes les résolutions à l'unanimité. Il ne s'agit pas d'une hyperbole: depuis le début du mandat en cours, toutes les résolutions, en assemblée publique, ont été votées sans la moindre opposition.

Dans un village qui rencontre peu d'enjeux significatifs, c'est fréquent. Dans une ville comme Shawinigan confrontée à des défis de reconversion économique, de dépenses en infrastructures et de pauvreté, c'est anormal.

Se retrouve-t-on en présence de conseillers blasés ou dépassés qui suivent béatement les directives du maire? Les apparences peuvent laisser cette impression, mais il s'agit surtout d'une simple stratégie de communication orchestrée pour donner une image d'unité derrière tous les enjeux, surtout les plus controversés. Comme on le voit dans les grands partis des paliers supérieurs, bien plus obsédés par le message insipide et uniforme que par l'embarrassant choc des idées.

Sur le plan électoraliste, celui qui préoccupe évidemment les élus, cette stratégie axée sur le paraître se défend, particulièrement dans la société d'aujourd'hui où le contenant attire infiniment plus l'attention que le contenu. Dans le cadre d'un débat démocratique toutefois, cette muselière brime les électeurs de l'argumentation qui guide les décisions. 

Par exem-ple, il aurait été intéressant de connaître la (vraie) position des conseillers au sujet de la pertinence de l'harmonisation des noms de rues ou du refus de modification de zonage dans le secteur Shawinigan-Sud pour accueillir le centre culturel musulman. Dans le contexte actuel, des citoyens pourraient aussi légitimement questionner leur représentant au sujet de son appui à investir plus de 800 000 $ par année pour le contrôle des insectes piqueurs alors qu'un parc nécessite des travaux urgents dans leur quartier, par exemple.

Voilà pourquoi la question soulevée par Michel Angers en 2009 demeure pertinente. Les conseillers sont-ils imputables au parti ou à leurs électeurs?

À un an du scrutin, cette interrogation ne risque pas de nuire au maire, qui donne l'image d'un personnage en plein contrôle de la situation en route vers un troisième mandat. 

La question d'imputabilité pourrait toutefois hanter des élus dans certains districts, où des gens peuvent avoir l'impression d'avoir été abandonnés pour le bien-être du parti. Mais c'est le genre de risque que les conseillers assument en approuvant systématiquement toutes les résolutions lues lors des assemblées publiques depuis l'élection du 3 novembre 2013.

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