À un an des élections municipales: le champ libre, vraiment?

Yves Lévesque a déjà fait savoir qu'il sera... (Sylvain Mayer)

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Yves Lévesque a déjà fait savoir qu'il sera de la course pour solliciter un cinquième mandat à la mairie de Trois-Rivières.

Sylvain Mayer

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(Trois-Rivières) ANALYSE - Ce n'est pas tellement dans les habitudes d'Yves Lévesque d'annoncer aussi tôt ses couleurs. Pourtant, le maire de Trois-Rivières, à un an de l'élection municipale de novembre 2017, a déjà fait savoir qu'il sera de la course pour solliciter un cinquième mandat. Une déclaration faite dans une mêlée de presse lors d'un déjeuner de la Chambre de commerces et d'industrie de Trois-Rivières, qui n'a pas vraiment surpris personne. C'était attendu.

Mais y a-t-il une raison stratégique d'avoir annoncé ses couleurs aussi tôt? Les observateurs de la scène politique municipale à Trois-Rivières pourront certainement vous dire qu'avec Yves Lévesque, il est plutôt rare que quelque chose soit laissé au hasard. Qu'on l'aime ou pas, il faut reconnaître que l'homme a un flair politique développé et que la plupart de ses décisions et de ses positions ont été le fruit de stratégies habilement calculées.

À un an de l'élection municipale, il n'y a pas l'ombre d'un adversaire qui semble se pointer à l'horizon. Il est tôt encore, me direz-vous, et vous avez raison. Mais l'actuel mandat d'Yves Lévesque, en comparaison avec les quatre années vécues avec le Groupe des sept autour de la table, aura été plutôt un mandat sous le règne de la tranquillité, de l'harmonie et du consensus, du moins sur la place publique. Les quelques débats animés du conseil, c'est derrière les portes closes qu'ils ont eu lieu. Dans un tel contexte, difficile de voir d'où pourrait provenir la menace à l'obtention d'un cinquième mandat. À une exception près toutefois: les opposants à la fluoration.

N'en déplaise à Yves Lévesque, qui aimerait nous faire croire que personne ne parle de fluoration à Trois-Rivières, ce sera le grand dossier qui aura marqué ce quatrième mandat en terme d'opposition citoyenne et de division au sein du conseil. S'il prétend qu'on lui parle plus de la flamme du flambeau du centre-ville que de fluoration, c'est qu'il ne doit pas souvent ouvrir son journal ou écouter les bulletins d'information, où les voix s'élèvent encore et toujours contre cette mesure. Et si un adversaire devait se pointer le bout du nez au cours des prochains mois, parions que cet adversaire en ferait l'un de ses principaux arguments 

en opposition à l'administration Lévesque. Avec une pétition signée par près de 20 000 personnes s'opposant à la fluoration de l'eau potable, cet argument aurait beaucoup d'écho.

On le sait, la fluoration relève du provincial. Mais la décision d'y avoir recours ou non se décide au municipal. À Trois-Rivières, c'est à neuf voix contre sept que cette mesure a été choisie. Ce vote aurait dû clore le dossier, mais avec les quelque 20 000 citoyens qui ne souhaitent pas se faire imposer une telle mesure dans leur vie quotidienne, ça peut coûter cher sur le plan politique. Ça, Yves Lévesque le sait.

Serait-ce donc pour cette raison qu'il a voulu annoncer ses couleurs aussi tôt? Pour savoir le plus tôt possible à quoi il devait s'attendre d'ici les prochains mois et pouvoir se préparer en conséquence?

L'élection de novembre 2017 surviendra seulement quelques semaines après la date prévue pour la première pelletée de terre du futur colisée au District 55. Le bulletin du maire Yves Lévesque pour ce mandat aura de quoi lui amener des arguments de taille. L'ouverture de l'Amphithéâtre Cogeco et ses succès populaires avec le Cirque du Soleil et Céline Dion et le développement du District 55 seront certainement deux réalisations devant lesquelles il aura tout avantage à s'afficher pour faire reluire son bilan.

Quant aux adversaires du maire de Trois-Rivières, l'élection de 2013 devra avoir servi de leçon: s'ils caressent le moindre espoir un jour de pouvoir venir à bout de la bête politique Lévesque, il faudra cesser de diviser le vote entre quatre ou cinq candidats à la mairie et ne placer qu'un seul interlocuteur face à lui.

Mais il y aura aussi du mouvement autour de la table du conseil, un élément à ne pas négliger si on se rappelle l'histoire récente de Trois-Rivières. Déjà, la refonte de la carte électorale de la ville, passant de 16 à 14 district électoraux, viendra changer le visage politique de Trois-Rivières. 

On sait déjà que les conseillers René Goyette et Guy Daigle ont annoncé qu'ils ne solliciteraient pas d'autre mandat. Certains poursuivent leur réflexion, d'autres savent déjà qu'ils seront de la course. 

Sans négliger les opposants à la fluoration qui ont déjà commencé une campagne envers les conseillers en faveur de la reprise de la fluoration, et qui n'auront certainement pas l'intention de laisser une élection par acclamation reporter au pouvoir ces conseillers, aussi appréciés puissent-ils être. On peut facilement deviner qu'ils devront mener campagne pour espérer retourner s'asseoir à l'hôtel de ville.

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