Kruger: la manne pour les fournisseurs

Pierre Gélinas (GL&V), Denis Lemay (Moteurs électriques Laval)... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Pierre Gélinas (GL&V), Denis Lemay (Moteurs électriques Laval) et Léon Méthot (Germain et Frère) sont au nombre des fournisseurs qui participent au projet de 250 millions $ à l'usine Kruger de Trois-Rivières.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Ce serait intéressant que d'autres entreprises arrivent avec des investissements du genre. Des projets comme Kruger, on en prendrait d'autres!»

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Daniel Archambault, vice-président de direction chez Kruger.

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Denis Lemay, président de Moteurs électriques Laval, est ravi de voir la succursale trifluvienne faire partie des fournisseurs de biens et de services impliqués dans la conversion de la machine à papier numéro 10 de l'usine Kruger de Trois-Rivières.

Cet investissement de 250 millions $ permettra à cette machine d'abandonner la production de papier pour se lancer dans la production de carton doublure haut de gamme, un produit recherché par les fabricants de boîtes de carton ayant des clients dans différents secteurs d'activités.

La direction de Kruger a invité jeudi les médias à prendre connaissance du chantier tout d'abord concentré dans l'atelier de pâte qui alimentera la future ligne de production en fibres recyclées. Quelque 200 travailleurs sont présents pour cette partie du projet. De nombreux fournisseurs étaient de la visite et M. Lemay reconnaît que ce contrat de deux millions de dollars représente beaucoup pour son entreprise.

«C'est notre principal client pour 2016. Cela représente entre 5 et 7 % de notre chiffre d'affaires», raconte M. Lemay, en précisant que le contrat de deux millions inclut la fourniture de moteurs électriques et de contrôleurs à vitesse variable et la présence future de techniciens qui s'assureront du bon fonctionnement des appareils.

Germain et Frère profite d'un contrat de plusieurs millions de dollars pour s'occuper de tous les conduits de ventilation de l'atelier de pâte. L'entreprise trifluvienne va refaire la hotte de la machine numéro 10 afin de contrôler la température et le taux d'humidité. 

«C'est un contrat significatif, se réjouit le président, Léon Méthot. On a créé 20 emplois à l'entreprise et une bonne partie est attribuable au projet de Kruger.»

Pierre Gélinas, vice-président de la division technologie du papier de GL&V, est du même avis.

«Notre contrat avec Kruger est de près d'un million de dollars. On a rebâti un filtre à disque pour le traitement de l'eau. Le filtre récupère les particules pour rendre l'eau plus claire pour le procédé de pâte de carton. Et nous nous occupons aussi des épurateurs centrifuges. C'est un contrat assez important pour notre division à Trois-Rivières.»

«Le projet suscite beaucoup d'intérêt dans la région, observe avec satisfaction le directeur de l'usine, Nicolas Cloutier. Ce n'est pas tous les jours qu'une entreprise investit 250 millions de dollars à Trois-Rivières. Et c'est très inspirant de voir toutes les personnes qui travaillent au projet de Trois-Rivières pour en faire un succès.»

Les prévisions de la compagnie indiquent que les retombées régionales s'élèveront à 80 millions de dollars. Les retombées au Québec seront de 120 millions de dollars, le reste du budget servant à acquérir des équipements à l'étranger.

Jusqu'à maintenant, 135 millions $ ont été engagés, dont 40 millions $ auprès de fournisseurs de la région.

«On est très satisfait du déroulement des travaux, que ce soit en ingénierie, en construction, en gestion de projet. Tout va bien. On est satisfait des travaux et de la qualité des gens avec qui on travaille», mentionne Daniel Archambault, vice-président de direction de Kruger, qui précise que le budget et l'échéancier sont respectés.

Jusqu'à 350 travailleurs

Le chantier s'est amorcé en septembre 2015. La partie concentrée dans l'atelier sera complétée d'ici la fin de 2016. 

La conversion de la machine numéro 10 débutera le 26 février 2017, lors de l'arrêt de production de cet équipement. Cette étape durera jusqu'au 7 mai.

«On entre dans une phase critique du projet, précise M. Archambault. Pour l'étape de la conversion, il faut enlever le vieil équipement, installer le nouveau, faire la vérification. Une machine à papier, c'est un espace restreint. On aura 350 personnes. Ça prend une coordination pour s'assurer que tout se fait.»

L'arrêt de la production de la machine numéro 10 n'entraînera aucune mise à pied. Kruger profitera de cet arrêt forcé pour former son personnel tout en statuant sur la réorganisation du travail.

Au total, le chantier devrait représenter 500 000 heures de travail sur une période de 20 mois. Selon M. Archambault, cela équivaut à 250 emplois pour un an.

Marché en croissance

L'idée de transformer une machine à papier en machine à carton repose sur une volonté de Kruger de profiter d'un marché en croissance non seulement en Amérique du Nord, mais partout sur la planète, commente M. Archambault.

«Tout arrive dans des boîtes de carton. C'est un marché en croissance, mais il faut faire nos devoirs: travailler une bonne stratégie de vente, de mise en marché. Nos vendeurs ont de l'ouvrage en masse!»

Pour réussir à garnir le carnet de commandes, Kruger doit s'assurer d'avoir en quantité suffisante la matière première de son carton, soit de la fibre recyclée. Une division de l'entreprise s'occupe d'acheter du vieux carton en travaillant avec des fournisseurs de la région de Trois-Rivières. Le bassin d'achat s'étend jusqu'au secteur est des États-Unis.

Kruger devra également planifier la stratégie de manutention de ces masses de carton à recycler.

Lors du démarrage de la machine numéro 10, en mai, Kruger s'attend à produire environ 200 000 tonnes métriques de carton doublure haut de gamme. La production atteindra son rythme optimal de 360 000 tonnes métriques par année dans les mois suivants.

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