Système de paie Phénix: les syndiqués manifestent à Shawinigan

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La manifestation devant le centre fiscal avait une touche d'Halloween alors que les membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada avaient plusieurs doléances à exprimer.

Sylvain Mayer

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'était jour d'Halloween et de manifestation lundi au Centre fiscal de Shawinigan, d'où le thème «Le respect, c'est pas sorcier!». Et parmi les doléances des membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada, il y a ce fameux système de paie Phénix qui fait encore défaut pour 30 000 employés.

«Le gouvernement fédéral a confirmé qu'il ne pourra pas régler tous les problèmes liés au système Phénix d'ici le 31 octobre. La sous-ministre de Services publics et Approvisionnement Canada, Marie Lemay, a indiqué qu'il restait plus de 30 000 dossiers à régler. En juin, le gouvernement avait reconnu que plus de 80 000 fonctionnaires avaient été victimes d'erreurs de paye», a fait savoir le conseiller syndical de l'AFPC, Normand Pelletier.

La seule retombée positive de ces ratés, c'est qu'un total de 20 employés ont été rappelés au service de la rémunération de Santé Canada à Shawinigan afin de venir à la rescousse du système de paie Phénix.

«Bon nombre de travailleurs attendent toujours que la situation se règle. C'est très décevant. Nous avions émis des réserves concernant l'échéance et demandé au gouvernement d'être plus réaliste. Plusieurs questions demeurent sans réponse», avait déjà déploré le vice-président exécutif national de l'AFPC, Chris Aylward.

Or, aux 80 000 dossiers qui étaient à régler s'ajoutent les autres cas rapportés depuis juin. «Pourquoi le gouvernement n'en parle-t-il pas?», se demande le syndicat.

Selon lui, à cause de Phénix, de nombreux fonctionnaires peinent à payer leur hypothèque, leur loyer et d'autres factures. C'est sans compter les impacts sur diverses situations familiales. «Nos membres dans les centres de paye travaillent d'arrache-pied pour régler les problèmes avec les moyens du bord. Il est temps que le gouvernement les écoute», souligne M. Aylward.

Par ailleurs, on a profité de cette courte sortie à l'extérieur, à l'heure du lunch, pour rappeler que le contrat de travail des employés de l'impôt signé le 25 octobre venait à échéance... le 31 octobre. Leur convention collective précédente avait pris fin le 31 octobre 2012. Et autre ironie du sort, le paiement rétroactif des augmentations de 1,75 %, 2 %, 1 % et 1 % pourrait bien connaître des retards en raison d'un certain système Phénix... Une situation qui touche quelque 1300 fonctionnaires à Shawinigan.

Pendant ce temps, d'autres syndiqués du centre d'appels de Services Canada et du centre de traitement d'assurance-emploi ont également tenu une brève manifestation relativement aux négociations qui piétinent avec le Conseil du Trésor, ce qui touche plus de 90 000 membres de l'AFPC, dont 250 en région.

Cette sortie survient alors que du 1er au 7 novembre, les cinq équipes de négociations reprendront les pourparlers avec les Conseil du Trésor afin de conclure une nouvelle convention collective, l'ancienne étant échue depuis juin 2014.

«Lors de la dernière séance de négociations entre l'AFPC et le Conseil du Trésor, le gouvernement libéral a tout simplement recyclé le programme conservateur. Ce n'est pas la négociation collective équitable et respectueuse qu'on nous avait promise», a déploré Normand Pelletier. 

«L'an dernier, M. Trudeau a écrit aux fonctionnaires. Il leur a promis de les traiter avec respect et de réparer les dégâts causés par Stephen Harper. Après un an au pouvoir, le temps est venu de passer de la parole aux actes», a renchéri la présidente de l'AFPC, Robyn Benson, alors que ses membres ont manifesté d'un bout à l'autre du pays, histoire de «sortir le premier ministre Trudeau de sa torpeur et lui rappeler ses promesses de respecter les services publics et les personnes qui offrent ces services à la population».

Des milieux de travail plus sains, de bons services publics et un traitement équitable des fonctionnaires lorsque la façon d'offrir des services change, des salaires justes qui tiennent compte de l'inflation et du marché du travail: voilà autant d'objectifs de négociation.

Finalement, l'AFPC reproche aux libéraux d'imiter les conservateurs en présentant un projet de loi qui permettra aux employeurs de réduire les prestations de retraite. Le projet de loi C-27 - Loi modifiant la Loi sur les normes de prestations de pension - vient de passer l'étape de la première lecture à la Chambre des communes. 

«Le projet de loi C-27 ouvre la voie à l'élimination des régimes à prestations déterminées. L'AFPC s'oppose aux régimes à prestations cibles depuis les premières consultations menées à ce sujet par les conservateurs», a-t-on conclu.

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