La jeunesse comme remède aux locaux vacants

Un nouveau trio de chenapans qui fait parler... (Sylvain Mayer)

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Un nouveau trio de chenapans qui fait parler de lui: Francis Lamy, Jimmy Brassard et Mario Hamelin.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Comme il paraît qu'on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, les deux années de travaux au centre-ville de Shawinigan ont laissé des victimes dans les tranchées. Par contre, une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs compte bien profiter des nouveaux atours pour prendre la relève.

La 5e Rue de la Pointe présente un visage pour le moins inégal. Le coeur de la Place du marché est entouré de commerces dynamiques, mais vers les extrémités, les locaux vides affichent une tout autre mine. En fait, le problème porte surtout sur le fait que dans certains cas, ils sont inoccupés depuis plusieurs années.

On n'a qu'à penser à l'ancienne épicerie fine Chez Jacob ou à Chaussures Pitt, pourtant avantageusement situé à l'angle de la 5e Rue et de l'avenue Tamarac. Au coin de la Station, les anciens bureaux de Mesar et de la Banque Nationale n'ont toujours pas été remplacés. Idem pour Shawinigan Informatique, déménagé sur la 4e Rue de la Pointe, de même que Sports Shawinigan, fermé depuis l'an dernier. 

À la fin août, le centre d'entraînement Kin Énergie levait le drapeau blanc à son tour. Acquis par la Ville de Shawinigan à l'automne 2015, l'ancien cinéma Roxy doit éventuellement être vendu à un promoteur, mais les discussions n'ont toujours pas abouti.

Sur la 4e Rue de la Pointe, le Garde-Manger a aussi fermé ses portes. Fourchette coquine a concentré ses activités au Marché public, après un essai infructueux au centre-ville. 

Cette grisaille est contrebalancée par l'arrivée de nouveaux commerçants qui misent sur leur jeunesse pour revigorer le centre-ville. Jusqu'ici, le restaurant Le Chenapan, situé au coin de Mercier et de la 4e Rue, attire particulièrement l'attention. Le petit bistro connaît un bon départ depuis son ouverture, le 4 août.

Le coin a toujours inspiré Mario Hamelin, l'un des trois actionnaires, puisque l'ancien Petit Parisien imprègne ses souvenirs d'enfance. Également propriétaire de la boutique Abaka, il a mis deux ans à retaper l'immeuble.

«Au début, je voulais quelque chose d'assez discret, genre petit café», explique M. Hamelin. «Finalement, on s'est dit qu'on aimait pas mal la bière! Nous offrons de la bière de microbrasserie et on s'approvisionne de produits locaux.»

Jusqu'ici, la clientèle est plutôt jeune - souvent des amis des trois actionnaires qui viennent les encourager.

«On s'est lancé là-dedans les yeux fermés», confesse M. Hamelin. «On se disait que ce serait difficile et effectivement, ça demande beaucoup de travail. Nous n'avons pas le choix de nous impliquer.»

Bien sûr, Le Chenapan représente une destination de plus dans l'abondante offre de restauration.

«On sent la compétition», convient M. Hamelin. «On coupe la même tarte; on entend des affaires... Mais notre but, c'est de garder les gens de Shawinigan ici et même d'attirer du monde de Trois-Rivières.»

Pas très loin de là, le 462 Tamarac offre un comptoir repas avec des produits frais et du vin d'importation privée. La propriétaire, Ysabel Matteau, veut développer des 4 à 7 sympathiques où les gens viennent prendre une pause apéro pour repartir avec quelques aliments pour le souper. Elle peut aussi louer une salle pour des rencontres de 10 à 50 personnes.

«Depuis une quinzaine d'années, je passais devant cette bâtisse au centre-ville et je trouvais ça dommage qu'elle soit abandonnée», confie la jeune femme d'affaires, au sujet de cette adresse qui a déjà accueilli une librairie et une boutique ésothérique. Elle reconnaît que l'ancien cinéma Roxy avait aussi attiré son attention, mais son coeur penchait pour l'avenue Tamarac.

«Le menu change souvent», précise Mme Matteau. «Il est élaboré selon ce qui se passe, selon la demande!»

Sur la 5e Rue de la Pointe, la boutique Design Me n'a pas survécu aux travaux des deux dernières années, mais ce local ne sera pas resté vide bien longtemps. À la mi-novembre, une nouvelle pâtisserie, Spatule & Ganache, ouvrira ses portes.

Ce commerce était dissimulé à l'arrière du Pizzeria Socrate du secteur Shawinigan-Sud depuis décembre 2015. Mais dès le printemps dernier, la propriétaire, Julie Turcotte, a dû se lancer à la recherche d'un local plus spacieux. Elle pouvait difficilement mieux tomber, en plein coeur du centre-ville.

Spatule & Ganache vend déjà ses produits aux Sushi Taxi, à la Boucherie Nobert et plusieurs IGA à travers la province.

«On est une pâtisserie gourmande», explique Mme Turcotte. «Nous allons offrir des gâteaux, des tartes, du caramel à tartiner... Tout sera fait ici. Par contre, on ne servira pas de café.»

Le déménagement s'est produit en juillet et les préparatifs avancent vers la grande ouverture.

«Le centre-ville se rajeunit», constate Mme Turcotte. «Le but, c'est de faire revivre Shawinigan! On veut amener un vent de fraîcheur.»

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