Une Fête des anges empreinte d'émotions

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Photo: Olivier Croteau 15/10/2016. Trois-Rivieres, Quebec, Canada. Fete des Anges au Sanctuaire du Cap de la Madeleine.

Olivier Croteau

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(Trois-Rivières) Depuis maintenant six ans, la Fête des anges offre à des parents affectés par le deuil périnatal soutien et réconfort dans ces moments très difficiles. Samedi, une quarantaine de personnes touchées par le décès d'un enfant avant son premier anniversaire ont participé au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap à cette cérémonie empreinte d'émotions.

Les organisateurs étaient satisfaits de la réponse du public. Si au début de la semaine dernière il n'y avait que trois familles d'inscrites pour cette sixième édition de la Fête des anges, la médiatisation de l'événement a permis de le faire connaître.

«Nous sommes vraiment heureux d'accueillir une douzaine de familles», soutient Marie-Josée Allard, bénévole pour le comité d'organisation de la Fête des anges et mère d'un fils décédé.

«C'est difficile, car le deuil périnatal est tabou.»

Ce tabou se reflète même dans la non divulgation des noms des familles touchées par le deuil périnatal, croit Mme Allard, ce qui empêche le comité organisateur de la Fête des anges d'offrir directement son soutien aux personnes affectées par cette triste réalité. 

«Nous travaillons d'ailleurs sur un partenariat avec l'hôpital pour qu'il y ait un consentement signé par les parents qui vont vivre cette situation dans le futur afin qu'on puisse les rejoindre pour les prochaines années», affirme Mme Allard. 

«Je pense que ça répond à un réel besoin que les gens ont de pouvoir sentir qu'ils ne sont pas seuls dans ces épreuves. Nous sommes tous à des étapes différentes dans notre deuil, mais de voir que d'autres ont passé par là, il y a de l'espoir.»

L'espoir était d'ailleurs au coeur du témoignage de Marie-Josée Allard. Lorsque la mort emporte une jeune vie innocente, les parents sont submergés par le désarroi, l'incompréhension et une très grande tristesse.

Émilie Groleau, Mathieu Gervais ainsi que Laurence, Marianne... (Olivier Croteau) - image 2.0

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Émilie Groleau, Mathieu Gervais ainsi que Laurence, Marianne et Guy Groleau lors de l'envolée de colombes de la 6e Fête des anges.

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Même si ces épreuves semblent insurmontables, il est possible de continuer à vivre. 

«Quand ça nous arrive, on a l'impression que la vie s'arrête et qu'on ne pourra plus rire à nouveau. Mais c'est faux. C'est possible et la vie continue après la mort», estime-t-elle. 

Reconnaissante de tout le bien que la Fête des anges lui a apporté, Marie-Josée Allard n'a pas hésité à s'impliquer auprès de l'organisation de l'événement. Elle soutient que c'est pour elle une façon de «donner au suivant quand on a passé par là». 

«On a le choix de se rouler en chien de fusil dans notre lit et de pleurer notre vie, mais ça ne ramènera pas notre ange, ou on se relève et on continue d'avancer», ajoute Mme Allard. 

«On pleure quand même dans notre lit, parce qu'il faut qu'on laisse exprimer et monter ces émotions, mais ensuite on continue d'avancer. Il faut avoir des stratégies d'adaptation et s'aider.»

Les participants à la Fête des anges ont notamment pris part à une marche dans les jardins du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Le moment le plus émouvant de cette journée a été l'envolée de colombes à la mémoire des petits anges disparus beaucoup trop tôt.

Plus que tout, ces familles endeuillées ont pu partager leur peine et ainsi se sentir épaulées dans la douleur.

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