Colloque sur la relève à Shawinigan: les objectifs rencontrés

Indira Moudi, présidente d'Abattoir Louis Lafrance et Fils... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Indira Moudi, présidente d'Abattoir Louis Lafrance et Fils et Martin St-Pierre, directeur général de la CCIS, pendant l'entrevue conférence de mercredi midi, dans le cadre du premier colloque sur la relève et le transfert d'entreprise à Shawinigan.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le milieu économique local avait retenu son souffle au printemps 2012, lorsqu'une entreprise familiale exploitée par la quatrième génération avait été vendue à des inconnus.

Près de cinq ans plus tard, Indira Moudi était invitée comme conférencière au premier colloque sur la relève et le transfert d'entreprise organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, pour raconter aux participants la transition réussie après l'acquisition d'Abattoir Louis Lafrance & Fils.

Ce premier rendez-vous a réuni environ 90 personnes mercredi, au DigiHub. La journée était principalement meublée de quatre ateliers portant sur la dimension humaine du transfert, la planification de la transmission, les aspects légaux et fiscaux et enfin, le financement.

L'heure du midi était animée par une formule d'entrevue - conférence entre le directeur général de la CCIS, Martin St-Pierre et Mme Moudi. La présidente d'Abattoir Louis Lafrance & Fils a ainsi pu illustrer concrètement le transfert d'une entreprise familiale solidement implantée dans la région depuis 1929 à de purs étrangers.

Mme Moudi convient qu'elle ne connaissait absolument rien du monde de l'abattage lorsqu'elle a fait l'acquisition de cette entreprise, en avril 2012. Bardée de diplômes de l'École polytechnique de Montréal en génie industriel et en leadership à la Harvard Business School, elle a su reconnaître l'opportunité car dans son esprit, l'Abattoir Louis Lafrance & Fils répondait à quatre critères importants: bonne santé financière, belle usine, prix demandé raisonnable et consensus de son groupe sur la pertinence de l'acquisition.

François et André Lafrance ne voyaient pas comment une relève du même sang pourrait devenir possible. Mme Moudi remarque que le courant est rapidement passé entre son équipe et les anciens propriétaires. Mais il fallait aussi rassurer les employés à la suite de ce choc, même si la transition d'un an devait adoucir le passage.

«Nous avons géré ça en étant présents», indique la femme d'affaires. «Mon conjoint est le directeur général de l'entreprise et ça a pris une patience, une écoute colossales.»

Au fil des mois, Mme Moudi mentionne que la planification est devenue une obsession pour le comité de direction, qui se voit à chaque dimanche matin, à 7 h, pour parler affaires. Une rencontre trimestrielle sur deux jours fait aussi partie du rituel.

«Ça permet de voir les problèmes qui peuvent survenir», croit la dirigeante. «En gérant les problèmes, on a moins de surprise!»

Aujourd'hui, Mme Moudi raconte que l'Abattoir Louis Lafrance & Fils est équipé d'un système de traçabilité qui n'existait pas à son arrivée, un élément de fierté. L'entreprise s'est également structurée dans un organigramme cohérent, qui tranche avec la philosophie que l'on retrouve souvent dans l'entreprise familiale traditionnelle où le pouvoir décisionnel est très concentré autour des propriétaires.

L'histoire a bien tourné pour cette entreprise, mais Mme Moudi convient qu'un choc organisationnel semblable ne se fait pas sans heurts.

«Dans une reprise, il y a toujours des employés qui vont rester, avec qui ça va fonctionner. Avec d'autres, ça ne va pas marcher et ça, il faut le comprendre très rapidement. Pour ceux avec qui ça ne va pas marcher, il ne faut pas trop tergiverser. Chez nous, ça a dû prendre deux ou trois ans avant de stabiliser la partie humaine.»

Pertes

Le transfert d'entreprise fait partie des quatre priorités identifiées par la CCIS pour son année 2016-2017. En conférence d'ouverture du colloque, Louise Cadieux, professeure titulaire au département de management de l'École de gestion de l'Université du Québec à Trois-Rivières, est venue expliquer pourquoi il fallait s'attarder à cette question, particulièrement dans un contexte démographique où les départs à la retraite s'annoncent nombreux.

«Une masse critique de chefs d'entreprises vont vouloir quitter, en vendant ou en transmettant et on a une masse nouvelle de jeunes entrepreneurs qui veulent démarrer leur carrière par le biais d'une reprise. On a deux groupes d'acteurs qui devront se rencontrer un jour!», souhaite-t-elle.

Sinon, des entreprises meurent avec leur créateur, ce qui entraîne des pertes d'emplois et de production considérables. 

La professeure identifie de nombreux défis à surmonter pour le propriétaire comme pour la relève dans ce processus. Le plus important se trouve peut-être dans l'entreprise elle-même, puisqu'elle doit assurer sa continuité et sa croissance dans une période de grande mouvance.

Cette journée d'échanges a rencontré les objectifs du directeur général de la CCIS.

«Un très grand succès», se réjouit M. St-Pierre, très heureux de la participation d'autant de personnes sur une journée complète.

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