Les propos de Boisvenu font réagir

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Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu

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(Trois-Rivières) Les propos du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu concernant le recours aux bénévoles lors de recherches de preuves comme celles entreprises en décembre 2015 à la suite de la découverte d'ossements de Cédrika Provencher ont vivement fait réagir le président de l'Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPPQ), Pierre Veilleux. Il affirme que l'étude d'une scène de crime ne peut être faite que par des policiers formés à préserver les preuves pouvant être utilisées devant le tribunal.

«Visiblement, on voit que M. Boisvenu n'est pas policier. Faire une recherche d'une personne disparue c'est une chose, mais faire une recherche d'indices sur une scène de crime, c'en est une autre», affirme le président du syndicat qui représente les policiers de la Sûreté du Québec (SQ). 

Le traitement, la conservation et la présentation à la cour des éléments de preuves doivent être faits, soutient M. Veilleux, par des agents de la paix. Il rappelle que les policiers sont des spécialistes de ces recherches. 

«Incluant les recherches dans le dossier de Cédrika Provencher, où on est carrément dans un secteur de scène de crime», précise-t-il. «Les policiers qui ont travaillé sur cette scène de crime, ce n'était pas juste de la recherche en marchant et en se promenant, ils sont allés au pic et à la pelle pouce par pouce dans un terrain gelé. Les gens sont sortis de là épuisés. Et c'était tout en leur honneur.»

Ces recherches qui se sont déroulées en décembre 2015 et qui auront coûté 982 900 $, selon les informations diffusées par Radio-Canada, n'avaient «rien d'ordinaire», martèle Pierre Veilleux. 

«De rechercher une personne disparue, soit un enfant, une personne qui souffre de la maladie d'Alzheimer ou un chasseur qui est perdu en forêt, c'est une chose. Mais de travailler sur une scène de crime, j'insiste pour dire que ça prend des policiers», ajoute le président de l'APPPQ.

Cela dit, Pierre Veilleux reconnaît que les bénévoles formés en recherche et sauvetage sont très utiles lorsque les policiers recherchent des personnes disparues, comme des chasseurs perdus en forêt. 

«Il y a souvent des bénévoles qui se sont joints aux policiers lorsqu'arrive ce type de situation. Tous les bénévoles sont alors mis à profit pour retrouver une personne qui techniquement est encore en vie. Ce qui est important, c'est de le faire le plus rapidement possible pour la retrouver en vie», estime-t-il. «À partir du moment où on est sur une scène comme celle de Cédrika où on a trouvé le crâne, il n'y a plus personne à trouver vivant. C'est une scène de crime pure.»

Pierre Veilleux ajoute que les recherches sur une scène de crime ne sont pas une chasse gardée de la police, comme le prétend le sénateur qui est aussi le fondateur de l'Association des familles des personnes assassinées ou disparues (AFPAD). 

«Ce n'est pas une chasse gardée, c'est le système qui est fait comme ça. Et de prétendre que c'est pour avoir de meilleurs salaires, franchement, c'est complètement gratuit», dénonce le président de l'APPPQ en avouant que les propos du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu ont vivement fait réagir plusieurs policiers. «Je n'oserai pas commenter combien peut coûter un sénateur ou ses allocations de dépenses. Nous aimerions bien ça qu'il s'abstienne à l'avenir de commenter tout ce qui est le volet salarial des policiers.»

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