Violence conjugale: au tour des enfants de parler

De gauche à droite: Dave Filion, coordonnateur des... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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De gauche à droite: Dave Filion, coordonnateur des services psychosociaux généraux au CIUSSSMCQ, le professeur Simon Lapierre de l'Université d'Ottawa, Julie Croteau, directrice de la maison La Volte-Face de Victoriaville et le  Dr Raymond Perreault du Centre de pédiatrie sociale.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Plus de 78 % des femmes ayant séjourné en maison d'hébergement affirment que leurs enfants ont été exposés à de la violence conjugale.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, les sept maisons d'aide et d'hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale ont accueilli plus de 2053 enfants au cours des cinq dernières années. Statistique tout aussi troublante, entre deux et six élèves par classe subissent de la violence conjugale à la maison.

Certes, il existe de la littérature scientifique sur le sujet, indique Julie Croteau, directrice de la Maison La Volte-Face de Victoriaville, «mais on ne sait pas ce que les enfants souhaitent. Ce sont des adultes qui parlent pour eux, leur mère, leur père, la DPJ, l'école etc... Tous les experts que nous sommes, c'est nous qui décidons du sort de leur vie», constate-t-elle. De là est venue l'idée de créer un projet pour les entendre véritablement, explique-t-elle.

Jeudi, une centaine de spécialistes des domaines de la justice, de la sécurité publique, de l'éducation, de la santé et des services sociaux, de la pédiatrie sociale, du milieu autochtone et des milieux communautaires se sont donc rencontrés à Trois-Rivières afin de débattre d'un projet qui s'intitule «Quand les enfants parlent de violence conjugale...», une initiative financée par le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Ce projet vise à donner la parole aux enfants témoins et victimes de la violence qui sévit entre leurs parents et aussi de comprendre quels drames ils traversent et quels sont leurs besoins. L'idée de cette rencontre était d'amorcer une concertation régionale afin de mieux intervenir.

La rencontre d'une journée était animée par Simon Lapierre, professeur agrégé à l'École de service social de l'Université d'Ottawa où il enseigne l'intervention féministe et les fondements théoriques de l'intervention sociale. «Je pense qu'on est définitivement à l'ère de la concertation», estime le chercheur.

«On parle beaucoup de développer une compréhension commune des situations, des problèmes, d'avoir des objectifs communs, de miser sur ce qui est commun entre les différents organismes», dit-il, «mais il faut toujours se poser la question: pourquoi?», fait-il valoir. «La concertation ne doit pas devenir un but en soi. C'est un moyen. Le but devrait toujours être la sécurité et le bien-être des femmes et des enfants», plaide-t-il.

«On ne peut pas faire le pari que si l'on se concerte, ça va mieux aller. Il faut réfléchir à comment on va se concerter, comment on va travailler ensemble parce que le simple fait de travailler ensemble n'est pas pour moi un gage de sécurité et de bien-être pour les femmes et les enfants», estime le professeur Lapierre.

Ce dernier a donc invité les intervenants à aussi «travailler dans la même direction», dit-il.

Comme l'explique la directrice régionale de la Protection de la jeunesse, Gina Landry, la violence conjugale peut être le lot de toutes les classes sociales. «Je vous appelle tous à cette vigilance pour poser un regard et poser un geste pour permettre à un enfant de parler quand il vit des situations complexes», dit-elle, et ce, afin d'atténuer les traces que ces périodes difficiles peuvent laisser.

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