Saint-Boniface: l'un des postes abolis est recréé

Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le maire de Saint-Boniface, Claude Caron.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Saint-Boniface) Les syndiqués de la municipalité de Saint-Boniface ont continué à mettre de la pression sur les élus lundi soir en séance régulière, particulièrement sur la pertinence d'abolir le poste d'un employé qui possède un contrat en bonne et due forme jusqu'au 31 décembre.

En ce qui concerne le cas de la secrétaire qui avait appris la perte de son emploi le 16 septembre, le conseil municipal est revenu sur sa décision et lui a finalement accordé un nouveau contrat jusqu'à la fin janvier.

Les relations de travail demeurent complexes et tendues à l'hôtel de ville de Saint-Boniface. Rappelons que le 16 septembre, les élus avaient convoqué une assemblée spéciale pour annoncer l'abolition du poste de directeur du service de l'urbanisme et de l'environnement, ainsi que l'annulation du prolongement du poste de remplacement de secrétaire.

Lundi soir, des citoyens ont demandé des comptes aux élus pour comprendre le raisonnement tortueux qui les a incités à réengager une employée qui avait appris, quatre jours plus tôt, que ses services ne seraient plus requis.

Côme Garceau a mené la charge sur ce sujet. En septembre, Valérie Lehouillier avait appris que son contrat serait prolongé. Une semaine plus tard, le conseil municipal adoptait une résolution, un vendredi soir, pour annoncer qu'il annulait le prolongement de ce poste de remplacement de secrétaire. Dès le lundi suivant, Mme Lehouillier recevait pourtant un appel pour qu'elle rentre au travail le lendemain!

«Pourquoi l'avez-vous mise dehors si c'était pour la garder?», questionne M. Garceau. Selon lui, les élus ont causé un stress inutile à la dame.

Le maire, Claude Caron, a difficilement trouvé les mots pour expliquer ce revirement de situation. «Nous avons suivi la procédure qui a été indiquée au conseil municipal», a-t-il tenté, en avouant n'avoir reçu aucun avis légal pour procéder de la sorte. 

En entrevue, le maire explique que le conseil municipal préférait s'entendre avec le syndicat sur un nouveau contrat à durée déterminée plutôt que de devoir offrir un poste permanent à Mme Lehouillier à la fin de son contrat. M. Caron reconnaît tout de même que les élus ont rebrassé les cartes après la fameuse séance du 16 septembre.

«Le nouveau contrat était la solution la plus facile pour la Municipalité», résume-t-il. «Nous avions un certain besoin, mais pas de là à créer un nouveau poste. Le contrat satisfait tout le monde et c'est pourquoi nous avons une lettre d'entente avec le syndicat.»

Directeur d'urbanisme

En trame de cette guerre d'usure se joue le renouvellement de la convention collective, échue depuis le 1er janvier 2014. 

En séance publique lundi soir, le conseil municipal a annoncé qu'il confiait à la firme Concordia le mandat d'amorcer le processus d'embauche d'un nouveau directeur général. Jacques Caron doit prendre sa retraite l'an prochain. Son successeur devrait être connu à la fin de l'année.

Le maire indique que ce nouveau directeur travaillera sur l'organigramme des services municipaux. Ce processus de réorganisation explique, en partie, la décision d'abolir le poste de directeur du service de l'urbanisme et de l'environnement.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses de la Municipalité de Saint-Boniface (CSN) a fait circuler un tract dans les résidences, au cours des derniers jours, pour expliquer les conséquences de cette décision. Il redoute que ces tâches soient confiées en sous-traitance, ce dont le maire ne s'est pas caché lors de la dernière assemblée spéciale. 

Dans son pamphlet, le syndicat fait remarquer que le poste est aboli pour une question de coûts alors que la Municipalité ne possède toujours pas la moindre idée de la facture qui serait engendrée si ce mandat était confié à l'externe.

Le contrat de cet urbaniste se terminait le 31 décembre. La Municipalité continue donc à le payer, même si son poste est aboli. M. Caron a répété, lundi soir, qu'une compensation financière serait négociée. Il n'a toutefois pas pu expliquer pourquoi l'employé ne pouvait travailler au moins jusqu'à la fin de son contrat.

Rappelons que dans ce cas, une audience devant le Tribunal administratif du travail était prévue le 22 septembre. La CSN prétendait que les tâches de l'urbaniste relevaient de son accréditation. En abolissant le poste, le conseil municipal rendait l'audience inutile.

Les négociations semblent toujours au point mort, aucune date de rencontre n'étant prévue à court terme.

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