«Braconnier» sans le savoir

Richard Demers est un chasseur invétéré et passionné. Depuis 1976, l'homme a... (Agence France-Presse)

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(Trois-Rivières) Richard Demers est un chasseur invétéré et passionné. Depuis 1976, l'homme a son certificat du chasseur et pratique plusieurs types de chasses. Croyant qu'il avait le droit d'utiliser son arbalète comme son certificat de chasseur des années 70 l'indiquait, il a été choqué d'apprendre il y a quelques jours qu'il était finalement en infraction et que par conséquent, il avait fait sans le vouloir du «braconnage».

«J'ai été ''braconnier'' sans le savoir», affirme-t-il, choqué par cette situation. «J'ai toujours respecté les règles et mes permis de chasse ont toujours été conformément à la loi.»

Richard Demers a découvert qu'il était en infraction lorsqu'il a fait une demande pour obtenir un nouveau certificat du chasseur. Les informations figurant sur sa carte permanente émise en 1976 s'effaçaient. 

À l'origine, le chasseur avait, à la suite de la réussite de son cours de maniement des armes et de sécurité, le code F, ce qui lui permettait d'utiliser des armes à feu et des arbalètes. Or, la réglementation a été changée en 2007. À partir de cette année, le code F ne permet plus d'utiliser que les armes à feu. Un cours spécifique pour l'arc et l'arbalète est maintenant nécessaire. 

«On ne m'a pas prévenu de ce changement», dénonce M. Demers, le propriétaire d'une arbalète depuis les années 80. «Jusqu'à 2007, je suis en règle. Et je m'en rends compte uniquement en 2016. [...] Si je m'étais fait prendre, combien ça m'aurait coûté pour une histoire ridicule?»

Richard Demers estime qu'il n'est pas le seul dans sa situation. Il affirme connaître plusieurs chasseurs qui pensent à tort être en règle avec leur certificat du chasseur.  

Étrangement, ce chasseur de Bécancour a pu acheter son permis de chasse à l'arbalète normalement ces dernières années, même si son certificat du chasseur ne lui permettait pas. «Avec les systèmes automatisés, le commis prend mon nom et imprime mon nouveau permis de chasse», soutient-il. «Personne ne m'a jamais dit que je n'étais plus conforme.» 

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) du Québec confirme que la réglementation concernant les certificats du chasseur a été modifiée en 2007. Les personnes qui veulent chasser avec des arbalètes doivent depuis suivre une formation dédiée à cette arme. 

«En pratique, il ne s'agissait pas d'interdire la chasse à l'arbalète pour les chasseurs, mais bien de les obliger à suivre une formation pertinente à cet effet», explique Sylvain Carrier, relationniste de presse au ministère. «L'annonce de 2007 a fait l'objet de plusieurs communications publiques nationales et régionales à l'époque. L'information réglementaire en ligne sur le site du MFFP fait bel et bien état des exigences nécessaires pour obtenir un certificat du chasseur codé A ou B.»

Ces modifications réglementaires ont été adoptées afin d'améliorer la sécurité. Le ministère affirme que cet objectif a été atteint depuis 2007. «Depuis la mise en place de l'obligation d'obtenir un certificat du chasseur spécifique à l'arme utilisée (armes à feu, arc ou arbalète), le nombre d'accidents de la chasse a considérablement baissé, passant de près de 30 morts par an, avant la mise en place des cours, à moins d'un décès par an actuellement, faisant de cette activité sportive une des moins dangereuses au Québec», ajoute M. Carrier. 

Malgré cette problématique administrative, Richard Demers ne veut pas vendre son arbalète. Il soutient qu'il aime trop la chasse pour arrêter. Il entend toutefois suivre la formation nécessaire pour pouvoir reprendre son activité tout en respectant la réglementation.

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