Saint-Étienne-des-Grès: terminé les déchets dès le 1er octobre

Les travaux en cours au LET de Saint-Étienne-des-Grès... (Sylvain Mayer)

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Les travaux en cours au LET de Saint-Étienne-des-Grès devront désormais être supervisés par une firme externe.

Sylvain Mayer

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Saint-Étienne-des-Grès) La Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie n'aura plus le droit d'enfouir les déchets de la région ou d'ailleurs dans son lieu d'enfouissement technique (LET) de Saint-Étienne-des-Grès à partir du 1er octobre, et ce, jusqu'à qu'elle ait complètement terminé les travaux de mise aux normes exigés en juin dernier par le ministère de l'Environnement.

Une réunion d'urgence a été convoquée à Québec, vendredi, par le député Marc H. Plante et le ministère afin de faire le point avec la Régie sur la situation d'odeurs excessives qui émanent du LET de Saint-Étienne depuis quelques semaines.

Cette situation, rappelons-le, est due à d'importants travaux visant à canaliser et à brûler le gaz qui émane des cellules d'enfouissement. Le problème a été dénoncé, cette semaine par le maire de Saint-Étienne, Robert Landry, et des citoyens exaspérés qui n'en peuvent plus. Ces odeurs se font sentir jusqu'à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Le ministère ordonne à la Régie de ramasser quand même les déchets comme à l'habitude. Elle a donc l'obligation de faire la collecte hebdomadaire des ordures.

Quant à savoir où elle les enverra, c'est le défi qu'elle devra relever pour la deuxième fois en moins de six mois alors qu'une réunion d'urgence est convoquée lundi par le président du conseil d'administration, René Goyette.

La Régie, qui avait obtenu un certificat d'autorisation temporaire du ministère l'été dernier et qui espérait recevoir son certificat permanent le 30 septembre prochain, se retrouve maintenant sans aucun certificat d'autorisation, confirme le député Marc H. Plante.

Ce dernier précise que malgré tout, la Régie pourra obtenir quand même son certificat permanent dès qu'elle aura terminé les travaux en cours puisque le ministère a reçu d'elle tous les documents écrits qu'il avait exigés en juin dernier.

Le problème, c'est que les travaux entrepris par la Régie sur les ordres du ministère auraient dû être terminés dès la fin d'août. Le député Plante assure que, selon le ministère, ces travaux étaient bel et bien réalisables dans les délais imposés.

Dorénavant, le ministère ordonne donc à la Régie d'embaucher, par résolution du conseil d'administration, une firme externe qui viendra superviser tous les travaux à compléter. Elle a en effet reçu pas moins de 10 avis de non-conformité au cours de l'été.

Le président de la Régie était furieux, vendredi après-midi, lors d'une entrevue qu'il accordait au Nouvelliste de sa voiture, sur le chemin de retour vers Trois-Rivières. Selon lui, il avait été convenu avec le ministère qu'il pouvait rencontrer son conseil d'administration avant que se fasse toute communication publique sur la situation. «Je n'ai même pas encore obtenu leurs conditions sur papier», fulminait-il en milieu d'après-midi.

«Si nous ne sommes pas capables de trouver un endroit qui accueillera les déchets de la région, on va aller les mener au ministère de l'Environnement», a-t-il lancé, furieux.

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, pour sa part, était présent à la réunion de vendredi à Québec. «Il était temps», a-t-il d'abord commenté à la lumière des nouvelles exigences imposées par Québec. Robert Landry indique que la Régie devra vite chercher preneur pour ses déchets. Il a cru comprendre, au cours de la rencontre de vendredi, que le LET de Champlain n'était en effet pas nécessairement en mesure de les recevoir cette fois-ci. René Goyette n'a ni confirmé ni infirmé cette information.

Même si l'arrivée de nouveaux sacs de déchets cessera dès le 1er octobre au LET, le maire Landry estime que ça ne règle pas le problème des odeurs pour autant. «Il y a encore 23 puits à l'air», dit-il.

Rappelons que la Régie est en effet en train d'aménager tous ces puits de captation des gaz émanant des cellules d'enfouissement dans le but éventuel de les relier tous à une canalisation commune qui les mènera vers sa station de gaz pour en faire du biogaz ou les brûler à la torchère. Les bouchons sur ces puits cèdent sous la pression, en attendant et les gaz nauséabonds et toxiques se répandent dans l'air, empestant du même coup les résidents de Saint-Étienne-des-Grès et au-delà.

Le maire Landry attend d'ailleurs des nouvelles de la Santé publique, lundi, car ces gaz contiennent du chlorure de vinyle, un produit réputé cancérigène à certaines concentrations.

Le maire Landry ne cachait pas, vendredi, son inquiétude pour la suite des choses. Il se dit «convaincu» que la Régie ne sait pas trop où elle s'en va.

Le député Plante assure toutefois que, comme pour tous les LET du Québec, le ministère garde un oeil sur les opérations.

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